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Accor envisage une séparation entre hôtellerie et services

17.11.2009, source : Les Echos.fr

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Le groupe d'hôtellerie et de services, dont le conseil d'administration s'est longuement réuni hier, a avancé de deux mois, soit avant la fin de l'année, sa décision sur la séparation de ses deux métiers.
Accor a fait implicitement, hier, un pas supplémentaire vers une éventuelle scission - historique - entre ses deux grands métiers, l'hôtellerie, d'une part, et les services prépayés, d'autre part. La mise en œoeuvre d'un tel projet pourrait, de surcroît, être décidée avec deux mois d'avance.
Dans un communiqué, après une longue réunion, le conseil d'administration d'Accor s'est en effet déclaré « satisfait de l'avancée des travaux pour formaliser les deux plans de développement de l'hôtellerie, d'une part, et des services, d'autre part, démontrant le caractère pérenne et rentable de chacun des deux métiers du groupe Accor ainsi que leur capacité à relever les défis de leur développement futur ». En d'autres termes, les deux branches du groupe, si différentes, et qui ont fait la solidité de son modèle économique compte tenu de leur complémentarité, ont un avenir même si elles étaient séparées. Cela vaut tout particulièrement pour l'hôtellerie, dont le développement a été en partie financé grâce à la forte rentabilité d'un pôle services peu capitalistique.
Le conseil, qui a examiné les « premiers éléments de faisabilité juridique, sociale et économique de la scission »,a par ailleurs indiqué, qu' « après approfondissement[il] se réunira à nouveau avant la fin de l'année 2009 pour prendre une décision sur le projet ». Pour mémoire, le PDG d'Accor, Gilles Pélisson, avait indiqué fin août, lors de l'annonce du lancement de « l'étude de la pertinence » d'une séparation, qu'une communication sur le sujet interviendrait lors de la présentation des résultats annuels 2009 de l'entreprise, soit le 24 février prochain. Le dirigeant avait également déclaré privilégier l'hypothèse de la scission, avec l'introduction en Bourse du pôle services. Un scénario partagé par l'actionnaire de référence, le duo Colony Capital-Eurazeo, lequel détient près de 30 % du capital.


Décision en fin d'année

L'accélération du processus de cette éventuelle scission - si elle est décidée, elle devra être soumise pour approbation à une assemblée extraordinaire des actionnaires -, mais aussi l'avancée du calendrier apparaissent comme une réponse aux questions suscitées par les déclarations de la Caisse des Dépôts et Consignations sur l'existence d'un débat au sein du conseil. Dans un récent entretien aux « Echos » (nos éditions des 13 et 14 novembre), son directeur général, Augustin de Romanet, avait déclaré que de son « point de vue » la scission n'est pas actée, les « solutions alternatives » étant mises « à l'épreuve ».

CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos le 17/11/09

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