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Accor accélère dans l'hôtellerie haut de gamme

10.03.2013, source : Les Echos.fr

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Accor a beau être le numéro un mondial de l’hôtellerie économique et vouloir conforter cette position avec sa locomotive Ibis, il n’entend pas pour autant délaisser le haut de gamme et luxe. A l’occasion du Salon du tourisme ITB de Berlin, l’opérateur français a en effet annoncé hier un ambitieux plan d’expansion sur ces segments porteurs, voulant élargir le nombre de ses hôtels, sous ses enseignes Pullman, MGallery, Grand Mercure et Sofitel, à environ 400 à l’horizon 2015, contre 281 à la fin 2012.

« Ce que nous avons fait avec Sofitel [l’enseigne a été repositionnée dans le segment luxe à partir de 2006, non sans une restructuration lourde du réseau, NDLR] nous donne des ailes. Accor va se développer de manière agressive », explique aux « Echos » son directeur général délégué en charge des opérations monde, Yann Caillère. Le groupe est d’autant plus offensif que, rappelle le dirigeant, « l’hôtellerie haut de gamme représente 40 % des capacités mondiales, mais 50 % du marché en valeur ».

Dans ce contexte, Accor pousse les feux, comme il se doit, sur les marchés dynamiques du Moyen-Orient, d’Amérique latine et d’Asie-Pacifique. Cette dernière zone représente plus de 60 % du programme de développement en cours et déjà 42 % du parc exploité. La montée en puissance se fera principalement dans le cadre de contrats de management (c’est-à-dire sans posséder les murs), couramment utilisés dans l’hôtellerie haut de gamme ou luxe.


Nouveaux concepts

Le groupe mise aussi sur la complémentarité de ses marques. Concernant Sofitel, clairement identifié aujourd’hui comme son enseigne luxe, son objectif est d’atteindre les 150 unités en 2015, contre 120 fin 2012. A son propos, Yann Caillère admet que Tokyo, Seoul, et Hong Kong manquent « cruellement » en l’Asie. En Europe, Sofitel peut notamment se renforcer à Londres avec un So, le concept de « boutique-hôtel » du réseau, et un Legend, son nec plus ultra. Il en est de même pour Paris, où Sofitel a concouru pour exploiter le Crillon.

Pour l’enseigne Pullman, exhumée en 2007 afin de constituer un réseau d’hôtels haut de gamme pour les voyageurs d’affaires, l’ambition d’Accor est désormais d’atteindre la barre des 100 hôtels, à comparer à 78 fin 2012. Mais leur nombre tournerait déjà aux alentours des 90 avec la conversion d’établissements repris avec les acquisitions de l’australien Mirvac et du brésilien Posadas. Quant à MGallery, il s’agirait de porter cette « collection » d’hôtels de charme de de 60 à 100 unités.

Accor table aussi sur les adaptions locales de son enseigne Grand Mercure (10 établissements fin 2012). Après le lancement, il y a un an, de sa déclinaison chinoise Mei Jue (13 hôtels), le groupe a d’ailleurs annoncé hier le lancement d’une nouvelle marque locale pour l’Indonésie : Maha Cipta. Présent dans le pays depuis vingt ans, Accor y fait déjà figure de plus gros opérateur international avec 56 hôtels, dont 3 Pullman et 2 MGallery.

Enfin, Yann Caillère souligne qu’Accor a une carte à jouer dans les complexes de loisirs qui, souligne-t-il, « renforcent la marque ». Les « resorts » sont de surcroît « très importants dans le fonctionnement des programmes de fidélité ».

Christophe PALIERSE, Les Echos, 07/03/2013

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