Abercrombie & Fitch plonge à Wall Street après avoir renoncé à se vendre

2017-08-03T13:54:00+02:00

03.08.2017, 


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La marque de vêtements américaine a mis fin à des discussions avec des acquéreurs potentiels et veut rester indépendant malgré ses difficultés.

Nouvel accroc pour Abercrombie & Fitch. Le titre de la marque américaine de vêtements, déjà en perte de vitesse, a chuté de plus de 20 % en séance le 10 juillet à Wall Street. Le groupe ne vaut plus que quelques centaines de millions de dollars en Bourse. En cause, la décision de la société de renoncer à se vendre. En mai dernier, elle avait indiqué avoir entamé des discussions préliminaires, après avoir reçu des marques d’intérêt de plusieurs acquéreurs potentiels, avec une éventuelle opération en vue. Ce qui avait fait bondir l’action, alors que la marque, ancienne coqueluche des adolescents, connaît des difficultés depuis quatre ans. Les noms d’Express Inc et d’American Eagle Outfitters, deux de ses concurrents, avaient alors été évoqués.

Selon la presse américaine, les acheteurs proposaient soit une fusion, soit un rachat, dont une partie en cash et l’autre en actions. Mais ces solutions n’ont visiblement pas satisfait les dirigeants d’Abercrombie. « Après un examen exhaustif d’éléments variés, et avec l’aide de notre conseiller financier, le conseil d’administration d’Abercrombie & Fitch est parvenu à la conclusion que le meilleur moyen pour augmenter la valeur pour les actionnaires est une exécution rigoureuse de notre plan stratégique », a souligné Arthur Martinez, le président du groupe. Les jeux sont donc faits. Le patron préfère parier sur le travail engagé en interne pour relancer la griffe star et son autre marque, Hollister.

Fermeture de magasins

« Nous croyons aux perspectives de nos activités et aux opportunités pour nos marques », a souligné Arthur Martinez. Il met en avant les investissements réalisés, notamment dans le marketing, et les ventes multicanal pour « améliorer les tendances à partir du deuxième semestre comparé à la même période l’an dernier ». Le dirigeant annonce aussi des mesures « solides et agressives pour offrir de meilleures performances ». Sans en dire plus.

Malmené depuis des années, le groupe a déjà engagé des mesures d’économie, avec notamment à la clef la fermeture de magasins aux Etats-Unis, son premier marché. L’an dernier, une soixantaine d’entre eux ont vu leur bail arriver à expiration. Son réseau s’élève encore à 900 points de vente dans le monde.

Très en vogue dans les années 2000 auprès des adolescents, l’enseigne de vêtements a vu son chiffre d’affaires plonger depuis 2012. Il s’est établi à 3,3 milliards de dollars en 2016 (2,9 milliards d’euros) contre 4,5 milliards il y a quatre ans. Et sa profitabilité s’est effondrée. Les jeunes se sont lassés de ses tee-shirts et autre jeans avec des logos, leur préférant désormais des tenues plus discrètes. Abercrombie & Fitch s’est aussi fait connaître par son marketing coup de poing. Dans ses magasins, ses employés aux physiques de mannequins accueillaient torses nus les clients. Ce qui avait créé le buzz. Une démonstration elle aussi passée de mode. Plusieurs autres acteurs du marché américain connaissent des difficultés (J. Crew, Gap, Michael Kors), victimes d’un certain désintérêt des Millennials pour les marques d’habillement et de la baisse de fréquentation des centres commerciaux outre-Atlantique face à l’essor des sites d’e-commerce.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, le 10/07/2017

 

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