Bonnes pratiques : Jacqueline Riu forme ses candidats avant de recruter

2012-10-20T19:46:00+02:00

20.10.2012, 


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Dans le cliquetis des cintres, une quinzaine d’hommes et de femmes s’affairent avec une collection de plus de 1.000 pièces colorées : sacs, foulards, bottes, ceintures, chandails... estampillés Jacqueline Riu. Invités jeudi dernier, le temps d’une soirée Job & Look dans cette boutique parisienne de l’enseigne de prêt-à-porter, ils ne sont pas des clients ordinaires : certains pourraient devenir les prochains adjoints des directeurs de magasin. L’entreprise, qui compte 255 boutiques et emploie 1.200 personnes de la France à la Pologne, en passant par l’Arabie saoudite, en recherche dix pour ses succursales d’Ile-de-France.

Or sur ce secteur commercial, embaucher de bons profils est complexe. La concurrence fait rage. D’autant que si l’ascenseur social fonctionne, les salaires sont peu attrayants, les rémunérations s’échelonnant entre 1.500 et 1.700 euros. En prime, « le poste d’adjoint au directeur de magasin est le plus délicat, car la directrice délègue à son adjointe l’animation commerciale. Il s’agit de booster l’équipe de vente », estime Michèle Pothier, directrice commerciale de Jacqueline Riu.

Plus qu’un « job dating »

Aussi, les recruteurs de cette maison ont-ils imaginé, en partenariat avec l’agence de conseil en communication RH Aktor Interactive, un mode de recrutement inédit. Les CV d’une centaine de candidats inscrits sur Internet ont été passés au peigne fin : après un entretien téléphonique, 16 profils ont été invités, par groupe de quatre, à se présenter jeudi soir.

Leur mission ? Relooker des directrices de magasin, qui jouaient les clientes, en leur concoctant des tenues pour les mettre en valeur. Non sans avoir bénéficié, quelques instants plus tôt, d’une formation maison au conseil en image. Quelles couleurs pour quels yeux ou quel type de peau ? Quels vêtements pour quelle morphologie ? Comment s’habiller lorsqu’on a des tâches de rousseur ? « L’idée était d’aller plus loin qu’un "job dating" traditionnel », commente Nathalie Sojfer, responsable du recrutement. Or, la formation est au coeur de la politique RH de l’enseigne, qui entend le faire savoir. « Nous sommes les seuls à offrir une formation aux candidats qui se présentent », renchérit Sylvie Berthet, la DRH du groupe, qui déclare « rechercher avant tout des profils passionnés. La science du produit s’acquiert, pas la passion. »

Jeudi soir, sous les néons de la boutique fermée au public, le ballet entre apprentis vendeurs et fausses clientes s’est déroulé sous son regard attentif. « En tant que cliente, j’achète. C’est une vendeuse que je voudrais avoir dans mon magasin », a confié Remedios Fixo, directrice du magasin de Vélizy, à propos d’une candidate. Les postulants sont ensuite montés, un à un, à l’étage, pour passer un entretien traditionnel.

Le bilan a été fructueux. Au-delà de la cible, neuf personnes sont convoquées à un second entretien : une directrice de magasin, six adjoints et deux vendeurs. Quant à ceux qui ont bravé la pluie battante sans avoir été retenus, ils pourront, assure Nathalie Sojfer, faire valoir l’initiation en « conseil en image » sur leur CV.

Laurance N’KAOUA, Les Echos, 16/10/2012

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