Economie verte : les entreprises industrielles et le coût écologique de leurs produits

2009-12-05T09:12:00+02:00

05.12.2009, 


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Une majorité de chefs d’entreprise considère que les enjeux environnementaux vont devenir clé dans la compétitivité de leurs produits … sans être encore passés à la mise en pratique, malgré la loi Grenelle et la future obligation d’affichage environnemental prévue pour 2011
Jean-Daniel LEVY, Directeur du département Politique-Opinion de CSA, et Caroline ALAZARD, Présidente fondatrice de Greenext ont présenté et commenté, ce samedi 28 novembre 2009 aux Ateliers de la Terre, les résultats du sondage réalisé par le CSA pour Greenext en partenariat avec la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France) sur le thème des « entreprises industrielles et l’impact écologique de leur production ».
Sont présentés ci-après les principaux enseignements de ce sondage qui révèle la forte méconnaissance par les dirigeants industriels de la loi « Grenelle 1 » qui instaure un affichage environnemental obligatoire sur les produits de grande consommation dès 2011. Cette très faible anticipation des futures obligations réglementaires se double d’une méconnaissance importante des conditions opérationnelles de mise en œuvre de cet affichage. Pourtant les chefs d’entreprises industrielles sont conscients, dans leur majorité, de l’importance de la réduction de l’impact de leur activité sur l’environnement, en particulier pour se différencier de leurs concurrents. Alors que l’information des consommateurs sur le coût environnemental des produits a commencé dans les hypermarchés, la question ne semble pas avoir encore investi le champ des relations commerciales entre industriels et distributeurs.
Selon Caroline ALAZARD, les résultats de ce sondage doivent constituer une « alerte pour les acteurs industriels qui seront concernés par cette future obligation réglementaire ».
Le sondage révèle que :
- Près d’un dirigeant industriel sur 2 estime que son activité industrielle a un impact sur l’environnement.
- 60 % des chefs d’entreprises industrielles jugent « prioritaire » ou « important » la réduction de l’impact de leur activité sur l’environnement.
- Après les thématiques « historiques » d’action (déchets, efficacité énergétique) la réalisation de diagnostics environnementaux monte en puissance.
- Ces efforts sont motivés non seulement par des contraintes juridiques, mais aussi par la demande et le contexte concurrentiel.
- La loi Grenelle 1 n’est connue que par un tiers des chefs d’entreprises de l’industrie.
- … et ces dirigeants ne se sentent pas forcément concernés par cet affichage.
- Une très forte majorité des chefs d’entreprise industrielle n’envisage pas de procéder à un audit sur l’impact écologique de leurs produits.
- Pourtant ils sont, dans la même proportion, très largement favorables à l’affichage de l’impact environnemental des produits …
- … et conscients de l’intérêt de cet affichage pour se différencier sur le marché.
- Une minorité (9%) a engagé des actions en faveur du développement durable à la demande des distributeurs.
- La plupart des dirigeants industriels estime que cet affichage engendrera des surcoûts importants.
- … et considère la responsabilité environnementale et sociale comme un critère aussi important que le prix à l’avenir.


L’analyse de Greenext sur les principaux enseignements du sondage

Les résultats du sondage montrent la montée en puissance de la thématique du coût environnemental des produits auprès des chefs d’entreprise du secteur industriel. Néanmoins, ces chefs d’entreprise mesurent assez peu leur propre rôle sur le coût environnemental de leurs produits. Selon Caroline Alazard, Présidente fondatrice de Greenext, « à titre d’exemple, la part du secteur industriel, de l’extraction des matières premières à la sortie usine, représente généralement 50 à 60% du coût carbone d’un produit alimentaire et peut aller jusqu’à 80% pour certains produits particulièrement émetteurs ».
Le passage à l’acte vers une optimisation des modes d’approvisionnement et de production n’est pas encore une priorité opérationnelle. Une majorité de chefs d’entreprise ne se sent pas concernée pas l’affichage environnemental. Le lien entre affichage et mise en œuvre d’outils (audits environnementaux) n’est pas clairement fait : les chefs d’entreprise ne semblent pas avoir intégré la nécessité d’utiliser des outils de mesure pour procéder à cet affichage.
Quatre mois après l’adoption de la loi Grenelle 1, la mise en place d’un affichage environnemental sur les produits de grande consommation, dès 2011, reste très méconnue.
Selon, Caroline Alazard, Présidente de Greenext, « ces résultats doivent constituer une alerte pour les acteurs industriels qui seront concernés par cette future obligation réglementaire. En effet, à partir de 2011, des décrets d’application préciseront les uns après les autres, les familles de produits concernées et les indicateurs à fournir dans le cadre d’un affichage qui sera, on le sait aujourd’hui, carbone mais aussi multicritères. Cet affichage aura une forte dimension pédagogique : il permettra au consommateur de connaître les performances des produits qu’il trouvera en rayon, mais il permettra aussi aux acteurs économiques de mieux comprendre leur impact sur notre environnement et de mettre en oeuvre les solutions d’optimisation les plus efficaces. Il faut encourager les entreprises à anticiper cette révolution et à rapidement lancer les démarches pour mesurer le coût environnemental de leurs produits. C’est d’autant plus important que les distributeurs ont commencé à proposer à leurs clients cette nouvelle information. Le coût environnemental des produits va devenir un facteur clé de la compétitivité des entreprises. Une majorité de chefs d’entreprise industrielle l’a compris en ayant pris conscience de l’intérêt de cet affichage pour se différencier de la concurrence».
Enfin, à l’avenir, les dirigeants industriels estiment que la responsabilité environnementale sera aussi importante que le prix : « La consommation durable a été jusqu’à présent synonyme de prix plus élevés. Ce résultat peut être lu comme le début d’une adaptation en profondeur de l’offre de produits proposée aux consommateurs » souligne Caroline ALAZARD.
 

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