Darty se redresse, mais cherche encore de nouveaux relais de croissance

2014-06-27T18:02:00+02:00

27.06.2014, 


imprimer

Le distributeur est revenu dans le vert lors de son exercice 2013-2014. Ses dirigeants comptent sur la franchise et la monétisation du service pour augmenter leur rentabilité.

Darty poursuit la stratégie imposée par Erik Knight, le patron du fonds Knight Vinke, son premier actionnaire avec 25 % du capital. Après avoir coupé les foyers de pertes anglais, espagnol et italien, débauché un nouveau directeur général chez But - Régis Schultz - et réalisé un plan d’économies, le distributeur spécialisé commence à sortir la tête de l’eau. Mais à peine.

En ne prenant en compte que les seules activités poursuivies, le groupe Darty est bénéficiaire au terme de son exercice 2013-2014 (clos fin mars), à hauteur de 9,5 millions d’euros, contre 0,3 million un an plus tôt. Le résultat d’exploitation ressort également en hausse, de 11,2 %, à 73,4 millions. La réduction des coûts (suppression de 450 postes et du siège parisien) a permis de réaliser des économies de 25 millions d’euros, permettant de compenser le recul de la marge (- 0,6 point), provoqué par une forte pression sur les prix.

Les ventes ressortent à 3,57 milliards d’euros, en hausse de 0,5 % en publié et de 1,7 % à périmètre et taux de change comparables. Si l’activité en Belgique et aux Pays-Bas reste en baisse (- 0,3 %), la France, où Darty réalise plus de 70 % de ses ventes, a connu une amélioration significative de son chiffre d’affaires, en hausse de 1,1 % (+ 2,8 % à surfaces comparables) contre - 4 % l’an dernier, et ce dans un marché en repli de 2 %.

« Cette année a été une année d’accouchement […] où nous avons réalisé des progrès majeurs », s’est réjoui Régis Schultz, lors d’une conférence avec les analystes, indique l’AFP. « Nous avons gagné 1 point de part de marché en France, avec, pour la première fois depuis trois ans, une progression des ventes à périmètre comparable, développé la franchise, qui compte 11 unités aujourd’hui, et notre activité cuisine est devenue profitable », souligne encore le directeur général aux « Echos ».

Nécessité de passer à « une nouvelle phase »

Le redressement reste toutefois fragile. La cession de la filiale tchèque, Datart, en légère perte, est à finaliser. Surtout, la marge d’exploitation (2,8 % en France) demeure faible, signe de la pression concurrentielle qu’exerce le marché. C’est la raison pour laquelle les dirigeants du groupe estiment que Darty doit entrer maintenant dans une « nouvelle phase » de recherche de nouveaux relais de croissance et d’amélioration de sa rentabilité. La franchise est une voie. A terme, dans quatre ans, les redevances des quelque 150 franchisés espérés devraient permettre de dégager 3 à 5 % de marge supplémentaire.

Le rachat de Mistergooddeal.com, finalisé, permettra de toucher la clientèle qui ne recherche que le prix et pas le service. Un service que Régis Schultz entend par ailleurs monétiser. Il fait la réputation de l’enseigne, mais coûte cher et sa valeur n’est pas toujours perçue par le client.

Dans cette optique, Darty a lancé il y a quinze jours un « bouton » interactif à aimanter sur son réfrigérateur. Le système est simple : il suffit d’appuyer sur le bouton connecté à Internet et le service client rappelle dans la foulée. Celui-ci détient les références des appareils Darty que le client possède, offre une assistance à distance et peut déclencher la visite d’un réparateur comme la livraison de sacs d’aspirateur.

Signe des temps, ce « bouton », qui, pour Régis Schultz, doit supplanter à terme la camionnette Darty dans l’imaginaire des consommateurs, est vendu avec un abonnement de 2 euros par mois. Il n’y a pas de petits profits quand on sort tout juste du rouge.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 20/06/2014.

Dernières actualités