Publi-interview franchisé

F. Piron (Café Leffe) : « Dans cinquante ans, il n’existera presque plus d’enseigne indépendante »

2009-10-13T01:03:00+02:00

13.10.2009, 


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Après plusieurs expériences réussies de reprise d'entreprises, Fabien Piron a racheté en 2002 le Café Leffe de Lyon. Il est depuis un membre actif du réseau.

Fabien Piron, franchisé Café Leffe
Crédits photo : Droits réservés
Fabien Piron, franchisé Café Leffe à Lyon

Construction du projet

CE QUI VOUS A MOTIVE A DEVENIR ENTREPRENEUR ?

J’ai occupé jusqu’à 25 ans un poste de commercial dans une entreprise d’édition. Après un licenciement, j’ai monté un pub blues rock à Lyon par amour de la musique. Mais ce que j’adore, c’est la stratégie de développement. J’ai vendu mon pub et j’ai commencé à reprendre des sociétés au gré des opportunités qui se présentaient à moi. D’abord une entreprise de traitement de surfaces en liquidation judiciaire. Puis, après l’avoir redressée, je me suis tourné vers d’autres secteurs comme l’immobilier. J’ai aussi racheté le tabac-presse d’un ami décédé.


POURQUOI PREFEREZ-VOUS LA REPRISE A LA CREATION D’ENTREPRISE ?

Je ne m’intéresse pas à un métier en particulier. Je cherche avant tout à me donner des objectifs et à apprendre. La remise en cause permanente génère de la peur mais aussi de l’excitation. Je fonctionne toujours de la même manière : je commence par un audit en relevant soigneusement tous les détails. J’ai remarqué que les entreprises du secteur industriel avaient une forte expertise technique mais manquaient de qualités commerciales. Je mets ces compétences en place et m’assure de l’adhésion des salariés au projet. J’adore le challenge de la reprise mais dès que l’entreprise marche, je m’embête. Donc si une nouvelle opportunité se présente, je la saisis.

Choix de l'enseigne

POURQUOI AVOIR INVESTI DANS LE CAFE LEFFE DE LYON?

J’ai été contacté en 2002 par InBev, propriétaire de la marque Café Leffe, car l’établissement de Lyon était à vendre. Nous nous connaissions depuis la création de mon pub rock. Dans l’activité industrielle, je n’avais pas de capitaux propres. Avec Café Leffe, s’est présentée l’occasion d’avoir un fond de commerce avec des fonds propres sur lequel je pouvais asseoir mon schéma de développement. L’établissement est aujourd’hui une locomotive qui crée de la richesse avec des actifs importants. Une sécurité non négligeable.


ENTRE TEMPS, L’ENSEIGNE S’EST TRANSFORMEE EN FRANCHISE. COMMENT AVEZ-VOUS VECU CETTE PERTE D’AUTONOMIE ?

Certains patrons d’établissement ont eu des réticences mais moi je l’ai vu d’un œil positif. Quand j’ai repris le café, les seules normes étaient l’application d’une charte couleur pour la décoration et la commercialisation des bières InBev. Je crois à la conceptualisation du produit. Quand je dois descendre dans un hôtel, je ne choisis que des enseignes franchisées. C’est un gage de qualité de service correspondant au prix payé par le client. Je pense d’ailleurs que dans 50 ans, il n’existera plus d’enseigne indépendante. Par ailleurs, en indépendant, on peut avoir de bonnes idées mais trop personnaliser un établissement. Ce qui le rend difficile à vendre par la suite. Au Café Leffe, ce n’est pas moi qu’on vient voir.


Quotidien du franchisé

QUE VOUS APPORTE L’APPARTENANCE A UN RESEAU ?

Le concept évolue en permanence. Le franchiseur a mis en place une équipe compétente qui s’occupe de nous. Mais la stratégie n’est pas décidée dans un bureau. Elle est participative et élaborée à partir des informations qui remontent du terrain. Nous changeons de carte deux fois par an. Quant à l’instauration de royalties, elle ne me pénalise pas car les redevances sont couvertes par les remises qu’on obtient auprès des fournisseurs.


QUEL EST VOTRE APPORT AU RESEAU?

Je pousse le franchiseur Bar & Co à donner une identité plus forte à Café Leffe, à mieux harmoniser les établissements. Ceux qui fonctionnent encore avec l’ancien concept ont une décoration jaune et bleue tandis que les nouveaux ont une ambiance lounge avec une identité cuisine du monde. Bars & Co mène une très bonne campagne de publicité pour la bière Leffe mais les cafés n’en profitent pas. Or 60 % de mes clients viennent spécifiquement dans mon établissement pour boire une bière. Je milite également pour servir dans tous les Cafés Leffe la bière à la manière des Belges :rincer les verres dans un bac avec un produit spécial, mirer le verre avec une lampe pour vérifier que la graisse soit bien enlevée et couper la mousse de la bière avec une spatule pour qu’elle arrive parfaite sur la table. Depuis que j’ai mis en place ce service, j’ai augmenté mes ventes de 25 %. Je cherche désormais à conceptualiser un apéro gourmand autour du bar.

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