Amortir sa mise

Financement réseau franchise : évaluer le retour sur investissement

2010-01-15T09:26:00+02:00

15.01.2010, 


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Pour convaincre leur banquier, les franchiseurs doivent fournir des garanties solides et se montrer convaincants. Certaines enseignes recourent à leurs fonds propres.


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Au-delà des montages juridiques, le prêt bancaire est déterminé par le retour sur investissement (ROI)

Caution béton 

Quand Olivier Fossat a débarqué dans l’Hexagone pour lancer son réseau de produits de communication visuelle, Sign A Rama, il a dû montrer patte blanche. Une master-franchise américaine développée par un ancien cadre de retour d’Afrique du Sud avait de quoi rendre frileux les banquiers. L’achat de la franchise américaine à elle seule coûte plusieurs centaines de milliers de dollars. « Décrocher un prêt a été très difficile, se souvient-il. J’ai créé une SAS avec deux associés d’Afrique du Sud. Notre capital a permis de garantir l'emprunt auprès de la Banque Populaire. Une caution solide sans laquelle nous n’aurions jamais obtenu de prêt. » En 2012, enfin, il sera propriétaire des murs. Et Olivier Fossat attaque cette année avec optimisme. Malgré la mauvaise conjoncture en 2009, l’enseigne a enregistré une croissance de près de 10 %. « Notre objectif est d’ouvrir 50 magasins en 10 ans. » Un rythme suffisant pour atteindre le seuil de rentabilité et même dégager du profit.


Relation de confiance

Amorino, de son côté, n’a pas connu de difficultés majeures pour rassembler les 6 millions d’euros nécessaires à l’achat des murs et l’installation de sa nouvelle unité de production de glaces. Il a même pu emprunter 50 % de la somme. « Nous entretenons des relations très étroites avec notre banquier HSBC. Nous le tenons régulièrement informé de l’évolution du réseau », explique Cristiano Sereni. Il faut dire que le franchiseur a un dossier solide : l’enseigne a réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros en 2009, soit une croissance de 18 %. De son côté, le réseau dans son ensemble voyait son chiffre d’affaires croître de 14 %. Cet investissement, l’enseigne mettra 6 ans, au bas mot, à l’amortir mais elle espère déjà une croissance de 20 % cette année.


Olivier Fossat, Sign A Rama
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Olivier Fossat, directeur général de Sign A Rama en France.

Opiniâtreté

Courir de banque en banque pour les aménagements de la salle d’escalade, Olivier Marinx connaît par cœur. En 2004, il en a démarché six. Et a obtenu un accord avec la Banque Populaire deux ans plus tard. 400 000 euros sur 5 ans pour le fonds de commerce et 1 million sur 15 ans pour le terrain et la construction du bâtiment. Lorsqu’il se représente en 2008, il n’essuie que des refus mais trouve une parade. « J’ai séparé mes activités de fabricant de murs et d’exploitant de salles d’escalade. J’ai créé pour cela une deuxième société. Cette nouvelle entité, « Prise en main », a racheté le fond de commerce. Ce montage juridique m’a permis d’obtenir un emprunt de 300 000 euros. Une "cagnotte" que j’ai décidé de garder pour créer une nouvelle salle à Paris en 2011. » S’il lui reste encore quelques années d’efforts pour rembourser son emprunt, Olivier Marinx est confiant. « Dans ce secteur, on ne fait pas le même chiffre d’affaires que dans la grande distribution. Mais quand une salle est bien gérée, elle devient très rapidement rentable. »


Autofinancement

Curves, réseau de fitness, a fait un calcul simple. Pour donner alléger la facture des candidats, la tête de réseau prendra en charge 50 % du droit d’entrée, soit 16 500 euros. Un sérieux coup de pouce pour les franchisés et une goutte d’eau pour un réseau qui comptabilise 10 000 clubs et plus de 4 millions de membres dans 73 pays. « Nous comptons amortir cet investissement en 24 mois », annonce Christopher Hardy. Le directeur du développement France-Nord entend maintenir ainsi son rythme d’une trentaine d’ouvertures annuelles pour constituer un parc de 250 entités sur le territoire national.

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