Insertion

J.-G. Henckel (Réseau Cocagne) : « Les laboratoires des entreprises de demain »

2009-08-12T17:09:00+02:00

12.08.2009, 


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Jean-Guy Henckel a créé un réseau de jardins maraîchers biologiques à vocation d’insertion socio-professionnelle touchant une clientèle d’adhérents consommateurs. Un succès bisontin devenu national, avec un réseau de 100 jardins.

Jean-Guy Henckel
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Jean-Guy Henckel, directeur national du Réseau Cocagne.

L’entreprise, d’abord génératrice d’emplois.

Educateur spécialisé dans des centres d’hébergement pour SDF, Jean-Guy Henckel crée sa première exploitation maraîchère d’agriculture biologique à Besançon, en 1991. Sa volonté est alors de résoudre un problème local en embauchant des personnes en difficulté, afin de redonner à l’entreprise sa vocation originelle : générer des emplois. La dimension écologique, sociale et économique de ce jardin de Cocagne a rapidement plu et dépassé le cadre bisontin. « Le développement au niveau national n’était absolument pas prévu », se souvient Jean-Guy Henckel, directeur national du réseau Cocagne, aujourd’hui constitué de 100 jardins biologiques. Une réussite qu’il doit, selon lui, à la ténacité des premiers porteurs de projets, « Un brin d’intelligence, du cœur et beaucoup d’énergie, telle est ma définition d’un entrepreneur social. Dans l’existence, il faut semer, s’aimer et essaimer. », ajoute-t-il.


Un concept élémentaire à succès.

Embauche d’un public en difficulté, travail local et agriculture biologique stricte sont les fondements du concept. En moyenne, un jardin compte 180 familles adhérentes, ce chiffre variant entre 50 et 800 selon la taille de la structure associative. Cette clientèle s’engage à acheter des paniers de fruits et légumes durant un an. Avec une réelle fidélité, puisque le turn-over n’est que de 10 à 15 %. On distingue trois catégories de clients : les « militants aficionados » de Cocagne qui représentent un tiers de la clientèle, les personnes qui ont trouvé leur intérêt tout en étant fières de participer à un tel projet – « les clients les plus exigeants !» -, et enfin les consommateurs à la recherche du dernier concept à la mode. « C’est la clientèle qu’il faut le plus éduquer, avec laquelle il est le plus nécessaire de communiquer », explique Jean-Guy Henckel.


Une entreprise d’insertion avant tout.

« En France, on aime bien mettre à part les gens en difficulté. J’ai cherché un dispositif pour remettre cette population au cœur de la société. », rappelle Jean-Guy Henckel. Plus que cette volonté d’insertion, c’est surtout l’implication locale forte des Jardins de Cocagne qui a séduit les pouvoirs publics. « Nous sommes les laboratoires des entreprises de demain. Lier biologique, économique et social reste la seule solution pour la société. En moyenne, chaque salarié - les « jardiniers » - reste un an. Le rôle de l’association est de les aider à construire un projet professionnel et à retrouver l’estime d’eux même. « La nécessité d’une ambiance de travail paisible et agréable est essentielle pour se reconstruire. », assure Jean-Guy Henckel.


« Tous des passeurs ».

Le réseau des jardins de Cocagne a permis la création de 3500 postes de « jardiniers » et 500 de cadres. Aujourd’hui, de nombreux porteurs de projet dans l’entreprenariat social demandent conseils et avis à Jean-Guy Henckel, lequel affirme modestement : « Dans ces métiers, nous sommes tous des passeurs, je n’ai rien inventé ».

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