Expérience atypique

J.-P. Boudier (Troc de l'Ile) : « Une pépinière pour dénicher les véritables vocations d’entrepreneurs »

2009-02-27T12:04:00+02:00

27.02.2009, 


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En 2004, Troc de l’Ile lançait une pépinière d’entrepreneurs pour aider les chômeurs ou les jeunes diplômés sans expérience professionnelle à ouvrir leurs propres franchises. Cinq ans plus tard, Jean-Pierre Boudier, le fondateur de la société aujourd’hui devenue Troc.com, revient sur cette expérience atypique.


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Jean-Pierre Boudier, fondateur de Troc de l'ile, société devenue aujourd'hui Troc.com

De quoi s’agit-il ? Le but de cette pépinière est de dénicher des personnes ayant de véritables vocations d’entrepreneurs. Cette initiative est ouverte à tous. Après un processus de recrutement poussé, nous offrons aux candidats sélectionnés des CDI de cadres. Ils suivent une formation de deux mois et deviennent ensuite directeurs stagiaires d’une succursale ou d’une filiale et doivent remplir des objectifs de performance. Pendant toute cette période, une partie de leur salaire est bloquée sur un compte afin de commencer à financer la future société. A la fin de l’expérience, la personne récupère cette somme. Si elle choisit de se lancer dans la franchise, l’entreprise avance le restant de la somme nécessaire à l’achat du point de vente du futur franchisé. Ce dernier rembourse ensuite l’emprunt à son rythme, selon ses bénéfices.


Quel bilan tirez-vous de cette initiative ? A ce jour, sur une quinzaine de stagiaires, dix ont intégré le réseau. Malgré de nombreux articles parus dans la presse à l’époque du lancement, la pépinière n’a pas eu le succès escompté. Les sondages répètent sans arrêt que de nombreux Français veulent créer leurs entreprises mais lorsqu’il s’agit de quitter son travail pour se lancer, la peur du risque et le souci du confort l’emportent. Actuellement, nous ne formons donc personne, mais le deal reste toujours ouvert à toute personne intéressée.


Comment analysez-vous le faible succès de cette initiative ? Nous n’avons peut-être pas réussi à valoriser notre métier qui est inconsciemment relié à l’univers des chiffonniers et des marginaux. Ce travail peut être extrêmement enrichissant et varié. Il est fondé sur le principe de complémentarité entre les intérêts du vendeur et ceux de l’acheteur qui redonne au commerce sa valeur noble. Pour avoir connu les deux configurations, je peux vous assurer qu’au sein d’un dépôt-vente, la qualité du contact humain est cent fois élevée que dans les grands magasins de luxe.

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