Témoignages

Création entreprise : quatre vies de couples en franchise

2009-05-14T16:47:00+02:00

14.05.2009, 


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Répartition des tâches, gestion des conflits, place pour la vie privée… Comment s’organiser lorsque l’on crée une entreprise à deux ? Quatre couples de franchisés témoignent de leur expérience.

David et Katy Boncorps, Cartridge World
Crédits photo : DR
David et Katy Boncorps, multi-franchisés Cartridge World

« Nous traversons les joies et les inquiétudes au même moment »

David et Katy Boncorps, multi-franchisés Cartridge World à Troyes, Reims, Auxerre et Châlons-en-Champagne

Un concept séduisant

« Au départ, l'idée était de trouver une nouvelle expérience professionnelle pour ma femme, explique David Boncorps. Après avoir été responsable d'une boutique de prêt-à-porter, Katy avait mis sa carrière professionnelle entre parenthèses pendant quelques années pour s'occuper de nos trois enfants. » En décembre 2003, le couple tombe sur une annonce de recrutement de l'enseigne australienne Cartridge World qui les séduit : la recharge de cartouches d'encre leur semble un marché à fort potentiel. « Nous avons eu un rendez-vous le soir de Noël avec la direction en France qui a achevé de nous convaincre. » En mars 2004, les deux conjoints s'envolent en Australie pour 15 jours de formation. Leur magasin, l'un des dix premiers en France, ouvre un mois plus tard à Troyes et rencontre immédiatement un excellent accueil, aussi bien auprès des particuliers que des professionnels.


Associés à parts égales

Initialement, Katy devait gérer le magasin seule, mais les deux conjoints sont finalement associés à parts égales dans l'affaire. Car leur activité continue à se développer. Grâce à la montée en puissance rapide de leur magasin de Troyes, le couple a décidé d'en ouvrir d'autres : Reims en janvier 2005, Auxerre en août 2005, Châlons-en-Champagne en octobre 2007… Leur projet est de détenir 7 magasins Cartridge World au total. Un succès qui nécessite l'implication des deux conjoints comme co-gérants. Après avoir travaillé dix ans dans les assurances, David avait lui aussi envie de changer de métier… « La répartition des rôles a été définie dès le départ : Katy s'occupe des commandes, de la formation technique des équipes et de la tenue des magasins en cas d'absence des salariés, tandis que je prends en charge les négociations avec les fournisseurs, les ressources humaines, l'animation des équipes et la formation commerciale. »


Une vie professionnelle envahissante

Cette aventure représente un virage important pour toute la famille. « Avec quatre magasins à gérer, nos journées ne se terminent jamais, ce qui est assez pesant pour nos enfants de 12, 10 et 8 ans. Eux aussi sont devenus Cartridge World !» A 38 et 36 ans, David et Katy Boncorps espèrent avoir plus de temps à consacrer à leur vie privée d'ici un ou deux ans, lorsqu'ils auront suffisamment d'équipes formées en place. En attendant, soit l'un soit l'autre se libère le mercredi pour accompagner les enfants dans leurs diverses activités. Et le dimanche est entièrement réservé à la famille… « Mais lorsque nous vivons des tensions professionnelles, il nous est difficile de les laisser de côté. Nous traversons les joies et les inquiétudes au même moment : c'est une expérience passionnante, mais qui ne facilite pas la prise de recul ! Il va nous falloir trouver notre équilibre. »


« Nous étions condamnés à réussir »

Christian et Catherine Bereaud, franchisés Comtesse du Barry à Annecy (Haute-Savoie)

Une histoire familiale

Entrés dans le réseau Comtesse du Barry il y a dix ans, Christian et Catherine Bereaud ont toujours travaillé dans le commerce en famille. « Auparavant, je tenais une affaire de prêt-à-porter en Vendée avec mes parents et mon frère, explique Christian Bereaud. Mon épouse nous avait rejoints pour faire du secrétariat. » Mais le secteur du textile devenant de plus en plus difficile, le couple avait besoin de respirer. En 1999, ils ont donc décidé de quitter la mer pour la montagne et se sont installés dans les Alpes, où ils passaient souvent leurs vacances. « Au début nous avions plutôt en tête de vendre des produits régionaux en altitude… Mais lorsque nous avons appris que la boutique de gastronomie Comtesse du Barry se libérait à Annecy, nous nous sommes décidés très vite. Nos prédécesseurs, également en couple, nous ont beaucoup aidés au démarrage. »


Des rôles bien répartis

Même si Christian Bereaud a été moteur pour ce projet, sa femme y a rapidement adhéré. Il est gérant, elle est salariée, tout s'est fait « naturellement ». Les rôles sont bien répartis : Christian s'occupe des commandes, Catherine gère la banque et « la paperasse », et tous deux vendent. « Ce n'est pas toujours facile d'être ensemble en permanence, mais nous avons une grande complicité : nous pensons souvent la même chose au même moment… Nous essayons de ne pas parler travail en dehors de la boutique, mais ce n'est pas facile : c'est notre vie !» Leurs enfants sont grands ; l'un d'eux fait des études d'hôtellerie et les aide en fin d'année. Le reste du temps, ils ne travaillent que tous les deux. « A 50 ans, nous sommes repartis de zéro. Nous avons investi notre maison dans l'affaire : nous étions condamnés à réussir ! Notre seul regret est de ne pas avoir fait ce choix plus tôt. »

« Nous sommes très complémentaires »

Isabelle Arthaud et François Rouit, franchisés Piscinelle à Gap (Hautes-Alpes)

Mettre en commun les expériences

Ingénieur dans les travaux publics, François Rouit a travaillé pendant 15 ans en France et à l'étranger. Sa compagne, Isabelle Arthaud, a enseigné le français en Angleterre avant de s'essayer dans la vente de mobilier design. En 2007, ils décident de mettre en commun leurs expériences pour travailler ensemble. « Nous cherchions un produit créatif à base de bois, raconte François Rouit. Le concept de construction de piscines haut de gamme Piscinelle nous intéressait. Nous avons donc pris contact avec plusieurs couples de franchisés du réseau : ils nous ont convaincus. »


Chacun sa fonction

Sans PACS ni contrat de mariage, le couple a fait le choix de s'associer à 50/50, « pour qu'aucun ne se sente dominé par l'autre ». Ils se sont répartis les fonctions selon leurs compétences : Isabelle gère la vente, François est sur le terrain. « Nous sommes très complémentaires, car notre activité repose autant sur le commercial que sur la technique. Nos clients apprécient d'avoir des interlocuteurs sur ces deux aspects. » La règle d'or ? Ne pas empiéter l'un sur l'autre.


Continuer à travailler ensemble

Isabelle et François tiennent leur affaire seuls, sans salariés. D'où une forte amplitude horaire, difficile à concilier avec le rythme scolaire de leur fils de 7 ans. « Pendant les vacances, il vient au magasin… Il connaît par cœur notre gamme de piscines !» Et sur le plan financier, le couple n'est pas encore en mesure de se verser deux salaires. Pour autant, pas question de baisser les bras. « Le contexte économique n'est pas favorable, mais nous sommes heureux de ne plus être salariés et de travailler ensemble. Quoi qu'il arrive, nous essaierons de garder une activité commerciale commune. »


« Nous apprenons à faire la part des choses »

Isabelle et Patrick Bordeaux, franchisés La Boucherie à Blois (Loir-et-Cher)

Un grand pas en avant

L'aventure ne fait que commencer : Isabelle et Patrick Bordeaux ont ouvert leur restaurant La Boucherie à Blois il y a 3 mois, le 18 février 2009. « Avant, nous tenions un bar-brasserie à Saumur, raconte Isabelle Bordeaux. C'était une petite affaire indépendante. » Aujourd'hui, à presque 40 ans, le couple gère une vingtaine de salariés… Un grand pas en avant. « Nous cherchions un concept de restauration car mon mari a fait une école hôtelière. L'enseigne La Boucherie nous a séduits car elle laisse aux franchisés une marge importante de créativité au niveau des plats. » Après avoir rencontré un couple de franchisés du réseau à Tours, très satisfait, ils ont signé.


Un contexte économique difficile

« Nous avons pris la décision ensemble, après avoir longuement réfléchi. Et nous en sommes très heureux : malgré la crise économique actuelle, c'est une expérience très enrichissante. » Patrick est chef de cuisine, tandis qu'Isabelle s'occupe de la salle et du marketing. « Avec l'aide du franchiseur, je démarche les hôtels, je fais des opérations promotionnelles pour la Fête des Mères… C'est très intéressant, j'apprends beaucoup plus de choses que lorsque je travaillais pour notre bar. »


Responsabiliser les équipes

Le couple a trois enfants de 11, 9 ans et 17 mois. Les quatre grands-parents, à la retraite, se relaient pour s'occuper d'eux et soulager les parents. « Pendant les premiers mois de notre activité, on ne pouvait pas faire autrement. Mais nous commençons à prendre notre rythme, à préserver nos dimanches… Nous apprenons à responsabiliser nos équipes, à leur faire confiance. » Quant au fait de travailler ensemble, ce n'est pas un problème. « Il y a parfois des tensions, mais nous faisons la part des choses : le boulot, c'est le boulot, mais la maison, c'est la maison !»

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