Interview banque

C. Molin (LCL) : « Les dossiers de franchisés en couple sont souvent plus réalistes »

2009-05-14T15:05:00+02:00

14.05.2009, 


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Contrairement aux idées reçues, les banques ne sont pas réticentes aux projets de franchise en couple. Explications de Christine Molin, responsable du pôle franchise et commerce associé de LCL.

Christine Molin
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Christine Molin, responsable du pôle franchise et commerce associé de LCL

Que demandez-vous aux couples qui souhaitent entreprendre ensemble ? Toute discussion avec un candidat commence par un échange général sur sa vie, ses motivations, son environnement familial. Même lorsque le porteur de projet est seul, nous nous assurons qu’il est soutenu par ses proches : l’entourage est toujours concerné. Les contraintes matérielles et financières d’une création d’entreprise sont telles que toute la famille doit en être consciente !
Si les deux conjoints se lancent ensemble, nous sommes simplement plus vigilants sur le choix de l’enseigne. Avec l’assurance d’un revenu complémentaire stable, un porteur de projet seul peut se permettre un coup de cœur pour un nouveau concept. Mais à deux, il faut jouer la sécurité : vérifier si le réseau compte déjà des couples parmi ses franchisés, les contacter, demander l’avis du franchiseur…


Etes-vous plus prudents sur ce type de projet ? Statistiquement, nous voyons moins de projets en couple que de projets solo. Mais depuis la création de notre pôle franchise et commerce associé, le fait qu'un projet soit porté par un couple n'a jamais constitué un critère discriminant dans l'étude d'un dossier. Quand ils choisissent des concepts matures, avec une bonne visibilité et un référentiel sérieux, il n’y a généralement aucun problème.
Nous analysons très attentivement le DIP, notamment les sorties de réseau, et regardons si les franchisés gagnent suffisamment bien leur vie pour assurer deux salaires. Il faut aussi s’assurer que les deux conjoints adhèrent au même projet, y compris à moyen et long terme : un contrat de franchise durant 5 ans en moyenne, ils doivent avoir réfléchi à « l’après ».


Quelles sont les chances de succès de ces projets ? Face à un couple, nous nous interrogeons plus particulièrement sur son antériorité, sa solidité. Mais on constate qu’en général, les projets en couple provoquent moins de divorces que les projets en solo. Car dès le départ, les deux conjoints ont conscience qu’il faut communiquer. En effet, être à deux permet d’échanger, de préparer davantage le projet que si on le mène seul. Leurs dossiers sont souvent plus réalistes que les candidats en solo, car ils prennent en compte tous les aspects du projet : patrimoine, ressources, cadre de vie…


Quels conseils leur donneriez-vous ? Je conseille aux candidats en couple de s’intéresser aux enseignes qui proposent des stages découverte. Les conjoints vont se retrouver dans les conditions réelles d’exploitation, ce qui permet de vérifier si le quotidien résistera au coup de cœur initial pour l’enseigne. Financièrement, il faut bien établir les besoins de la famille et vérifier si le projet permettra de les couvrir. Il faut aussi que les rôles de chacun soient bien définis dès le départ – si c’est fait plus tard, cela peut être une cause d’échec. Enfin, il est important de décider ce qui se passerait en cas de décès de l’un des deux conjoints.

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