Grande distribution

La saga Leclerc, une aventure familiale

2018-07-13T06:00:00+02:00

13.07.2018, 


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Né à Landerneau en 1949, le réseau Leclerc est aujourd’hui l’un des poids lourds français de la grande distribution. Depuis ses débuts, il s’agit d’une histoire de famille, aujourd’hui perpétuée par son président-directeur général, le truculent Michel-Edouard Leclerc.

Saga Leclerc
Crédits photo : Walenrod / Shutterstock.com

Il y a bientôt soixante-dix ans une nouvelle épicerie ouvrait dans la petite rue des Capucines de Landerneau, dans le Finistère. Jusque-là, rien de bien étonnant. Mais il s’agissait du tout premier commerce ouvert par Edouard Leclerc, le début d’une longue série qui l’amènera à fonder le premier réseau de grande distribution de France (21 % de parts de marché au dernier trimestre 2017, devant Carrefour, Intermarché et Casino).


La guerre des prix en fil rouge

Dès le début, Edouard Leclerc a l’idée de créer un commerce nouveau, capable de garantir des prix bas à la clientèle. Il part simplement du postulat qu’il est possible d’atteindre un tel objectif en proposant aux consommateurs des prix de gros sur des produits du quotidien. Il commence par des galettes de Pontivy, puis s’attaque à l’huile, à la farine, au sucre et au savon. Au volant de sa camionnette, il part à la rencontre des producteurs pour leur acheter directement les produits qui seront ensuite vendus dans son magasin, alors tenu par son épouse Hélène. Son objectif : supprimer les intermédiaires et, par la même occasion, leurs marges, pour faire bénéficier au consommateur final des prix défiant toute concurrence, de 25 à 30 % moins chers qu’ailleurs en moyenne. Au fil des ans, Leclerc enrichit sa gamme et multiplie les ouvertures de magasins en délaissant de plus en plus les centres urbains pour ouvrir sur de plus grandes surfaces en périphérie. Et pour s’assurer que ce positionnement est bien appliqué par l’ensemble du réseau, les adhérents qui rejoignent Leclerc doivent tous « signer une charte et s’engager à vendre aux tarifs les moins chers du marché, au minimum 2,5 % en dessous de la moyenne nationale », écrivent nos confrères de L’Obs en 2011. Depuis que Michel-Edouard Leclerc a repris le flambeau, en 2003, cette tradition se perpétue : tous les mois, les magasins de l’enseigne qui proposent les prix les plus bas figurent au tableau d’honneur. De quoi rappeler à ceux qui n’y figurent pas qu’il leur reste du travail à faire.


La multiplication des offres et services

En plus de pratiquer une politique de prix bas, Edouard Leclerc a très tôt l’idée de se démarquer en créant des espaces spécialisés au sein même de ses magasins. Et cela commence par la librairie et les Espaces culturels Leclerc en 1981. Ce seront ensuite les agences de voyages, les centres d’optique, puis les manèges à bijoux ou encore les parapharmacies, etc. Autant de combats livrés par le fondateur, puis par son fils Michel-Edouard, pour laisser libre cours à la concurrence. Ce qui leur a valu nombre de tourments avec diverses professions comme les pharmaciens lorsque Leclerc décide de se lancer dans les médicaments sans prescription et la parapharmacie, mais aussi avec l’industrie du luxe (parfums, cosmétiques et bijoux) et les pouvoirs publics, notamment lorsque, en 1985, Leclerc gagne son combat contre l’Etat français au sujet de la libéralisation du prix des carburants. Une décision tranchée par la Cour de Justice européenne. Mais depuis ses débuts, Leclerc s’est familiarisé avec les combats juridiques.


Un réseau coopératif

Comme certains de ses concurrents tels Super U et Intermarché, Leclerc a choisi le modèle coopératif pour se développer. Cela signifie que, à la différence de la franchise, les commerçants indépendants qui le rejoignent pour piloter leur propre magasin ne paient pas une redevance de marque à un franchiseur, seul propriétaire du concept et de l’enseigne. En revanche, tous sont des membres actifs du « Mouvement Leclerc », comme on dit chez Leclerc. Posséder son point de vente était aussi l’une des premières conditions pour faire partie du réseau. Un point non négociable qui aurait causé le départ de 92 adhérents en 1969. Menés par Jean-Pierre Le Roch, ils ont fondé ensemble EX Offices de distribution, l’ancêtre d’Intermarché.

Les dates clés de Leclerc

- 1949 : Edouard Leclerc ouvre son premier magasin à Landerneau en Bretagne.
- 1959 : Ouverture du soixantième centre Leclerc à Issy-les-Moulineaux.
- 1962 : Les centres Leclerc s’organisent en association et en groupement d’achat.
- 1963 : Leclerc ouvre une boucherie dans le centre de Paris.
- 1964 : Le premier magasin de Landerneau devient le premier hypermarché du groupe.
- 1969 : 92 adhérents se désengagent pour former le futur Intermarché.
- 1970 : Création à Ivry-sur-Seine de la centrale Groupements d'achats des Centres E. Leclerc (Galec).
- 1981 : Création des Espaces culturels Leclerc.
- 1983 : Edouard Leclerc se lance dans la course aux prix bas.
- 1987 : Lancement des agences de voyages Leclerc.
- 1988 : Les magasins Leclerc lancent « Nos régions ont du talent », une opération qui se transformera en marque de distributeur.
- 1992 : Première implantation à l’étranger avec l’ouverture d’un Leclerc à Pampelune, en Espagne.
- 1999 : Le réseau lance son premier site marchand.
- 2003 : Michel-Edouard, fils d’Edouard, devient PDG du groupe.
- 2006 : L’enseigne lance un comparateur de prix en ligne.
- 2007 : Leclerc s’attaque au marché de la téléphonie mobile avec des cartes « libre-service ».
- 2008 : Lancement de l’opération « J’économise ma planète » avec le bilan CO2 des produits affichés pour la première fois sur leur étiquette.
- 2009 : Ouverture du premier drive.
- 2012 : Décès d’Edouard Leclerc.
- 2016 : Le groupe réalise 43,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
- 2017 : Nouveau record avec 44,83 milliards d’euros de recettes.
- 2018 : Leclerc regroupe 541 adhérents pour 681 points de vente. Le réseau emploie 127 000 personnes.

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