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Etape 4 : Evaluer l’entreprise cédée

2011-06-30T10:00:00+02:00

16.04.2010 mis à jour le 30.06.2011, 


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L’évaluation d’une entreprise passe aussi bien par l’analyse de ses chiffres que par la rencontre avec ses salariés. Découvrez les différentes méthodes d’évaluation et les techniques pour dialoguer avec le cédant.

Evaluation du prix d'une entreprise
Crédits photo : Getty Images
Selon les différentes méthodes utilisées, l'évaluation de l'entreprise cédée peut beaucoup varier.

Rencontrer et s'appuyer sur les hommes

L'évaluation de l'entreprise passe également par l'humain. A ce stade, il est primordial que le futur repreneur rencontre les salariés et les clients de l'entreprise. En instaurant un dialogue individuel sans la présence du cédant, le potentiel repreneur aura un nouvel éclairage et pourra recueillir des informations précieuses. Le but des ces entretiens est également d'identifier les hommes-clés sur lesquels il devra s'appuyer une fois qu'il sera à la tête de l'entreprise.


Pour aller plus loin : Accord cédant-repreneur : savoir dresser la cartographie des relations d’une entreprise


Evaluer l'entreprise : 4 méthodes à confronter

Les experts doivent intervenir le plus tard possible, afin de ne pas parasiter la relation humaine qui doit s'instaurer. Une fois que le repreneur a mené sa propre enquête, il peut s'adresser à un expert-comptable. Il est primordial que ces 2 experts connaissent parfaitement la transmission d'entreprise et que l'entrepreneur se sente parfaitement à l'aise avec eux. Le travail de l'expert-comptable consiste à estimer la valeur de l'entreprise. Pour ce faire, il existe différentes techniques, dont 4 sont décrites ci-dessous. En général, chaque partie utilise une méthode différente d'évaluation et la négociation consiste à rétablir un équilibre entre les deux. Par ailleurs, l'Administration Fiscale française recommande de multiplier les méthodes.

- La méthode patrimoniale : la valeur du stock, de la clientèle et de l'achalandage à la laquelle sont soustraites les dettes de l'entreprise. Cette méthode ne considère que les résultats passés et ne prend donc pas en compte le potentiel économique de l'entreprise.

- La méthode de rentabilité : l'entreprise est valorisée selon sa capacité à dégager du chiffre d'affaires. L'évaluation prend également en compte les actifs de l'entreprise (immobilier, marques, brevets…) et est tempérée par des décotes ou surcotes. Plutôt compliquée à mettre en place, cette méthode d'évaluation est souvent utilisée par les banquiers.

- La méthode des flux de trésorerie actualisés (DCF*) : A partir des ratios du secteur d'activité de l'entreprise visée (délais de paiements, stocks, rentabilité, BFR…) et des données effectives de l'entreprise, on évalue les futurs flux d'exploitation et de trésorerie pour établir un business plan sur 5 ans. Cette méthode est controversée car elle implique des conjectures sur l'avenir de l'économie du secteur (crise potentielle, réglementations à venir…), mais elle permet de poser la question de l'avenir de l'entreprise. Cette méthode est par ailleurs reconnue par l'Administration Fiscale française.

- La méthode comparative : l'entreprise est comparée à d'autres entreprises cédées sur la même zone géographique et exerçant une activité proche. L'évaluation s'effectue sur la base du chiffre d'affaires. Egalement appelée « méthode des barèmes », cette technique est souvent utilisée par les cédants, mais aussi par les fonds d'investissement et les banques.

La clause de garantie de passif
Cette pratique courante permet de garantir l’évaluation sur la base des éléments présentés sur environ 3 à 5 ans. En cas de « vice caché », le repreneur peut se retourner contre le cédant.


Ne pas s'obstiner

Une fois l'étape des négociations franchie, il arrive souvent que le cédant se rétracte : il peut décider de vendre à quelqu'un d'autre ou simplement de ne plus vendre son affaire. Pour cette raison, la recherche d'une entreprise à reprendre est très frustrante et dans certains cas, il vaut mieux ne pas s'obstiner et abandonner.


En savoir plus : F. Bouis (FBcoach) : « Le cédant se rétracte souvent à la dernière minute »
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* DCF : Discounted Cash-Flows

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