Distribution

Les supérettes à la conquête des centres-villes

31.01.2011, 


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Les consommateurs plébiscitent de plus en plus le commerce de proximité, au détriment des grandes surfaces en périphérie d’agglomération. Les enseignes misent donc sur les petits formats de centre-ville pour maintenir leur rentabilité.


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La grande distribution n’aura pas tardé à réagir face à la désaffection des Français pour les hypermarchés. Profitant de la loi de modernisation de l’économie de 2008 qui permet d’ouvrir des magasins de moins de 1 000 m² sans autorisation préalable, les enseignes de distribution ont multiplié les supérettes en centre-ville. Ces épiceries nouvelle génération ont adapté leur concept à l’évolution des modes de vie : snacking et grand rayon frais à l’entrée du magasin, reléguant produits du quotidien alimentaire et non alimentaire à l’arrière. « Elles ont également adopté une grande amplitude horaire pour être en phase avec le rythme de vie décalé des citadins », précise Valérie Meyer, avocate du cabinet Saje. Monoprix, qui a initié le mouvement dès 2005 avec son enseigne Monop’ (46 unités), a rapidement été suivi par tous les poids lourds du secteur. Sa maison mère, Casino, développe tous azimuts ses enseignes de proximité à la ville comme à la campagne. Le citadin Petit Casino aligne ainsi près de 2 000 points de vente tandis que le rural Vival atteint les 1 850 magasins. Son grand rival sur les petits formats, Carrefour, n’est pas en reste avec la multiplication des Carrefour City et Carrefour Contact (308 unités). Il devrait, par ailleurs, poursuivre son expansion avec le lancement de Carrefour City Café et Carrefour Express. Ces deux groupes s’arrogent ainsi à eux seuls la moitié du marché et ne comptent pas s’arrêter là. Plus modestes, les autres acteurs du secteur suivent la tendance avec U Express, Leclerc Express, Intermarché Contact et Intermarché Express. Bref, les opportunités sont nombreuses pour les candidats à l’entrepreneuriat. A condition d’être taillés pour le secteur, prévient Florent Lamoureux, directeur du marché de professionnels de la Caisse d’Epargne : « Gestionnaire de stocks, homme de communication, de marketing et manager d’équipe, l’entrepreneur doit développer une vision à 360 degrés pour détecter tout ce qui peut mettre en péril son activité. » Le montant de l’apport personnel est très variable selon l’emplacement et la surface du magasin. 15 000 euros suffisent pour une supérette en zone rurale.


Jean-Pierre Lanzetti, directeur général de Casino Proximité : « Incarner le lieu de vie du village »


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Jean-Pierre Lanzetti, directeur général de Casino Proximité

« L’enseigne Vival, qui appartient au groupe Casino Proximité, se décline en magasins essentiellement ruraux de 300 m² maximum. Points de vente multiservices (alimentation, presse, relais poste), ils incarnent les lieux de vie du village. Le réseau comporte aujourd’hui 2 000 unités. Après 174 ouvertures en 2010, nous comptons créer 340 magasins supplémentaires cette année. Nous cherchons des entrepreneurs disponibles et empathiques, qui maîtrisent toutes les règles de bon sens du commerce. Les anciens salariés de la grande distribution sont des candidats parfaits, mais l’enseigne est aussi ouverte aux indépendants, comme le boulanger local. Un apport personnel de 25 000 euros suffit pour se lancer. Nous avons créé un "contrat de confiance" pour aider nos futurs franchisés à démarrer. Ils commencent par diriger un point de vente en tant que gérant-mandataire pour apprendre le métier. En fonction de leurs performances, ils cumulent des points qui seront transformés en euros pour contribuer à leur apport. Nous leur apportons ainsi une formation et une participation au financement. »

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