Analyse conjoncturelle

Franchise et commerce associé : les réseaux anticipent la reprise

31.01.2011, 


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5 à sec, Foncia, Brioche Dorée, Intermarché, Sport 2000, Selectour… Présents dans de nombreux secteurs d’activité, les réseaux de franchise et de commerce associé prospèrent grâce au dynamisme des entrepreneurs indépendants qui les composent.


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« Après une année 2009 en crise, nous avons noté des signes encourageants de reprise en 2010, estime Elizabeth Vinay, responsable des fiches professionnelles de l’APCE (Agence pour la création d’entreprise). Cette année charnière marque une amélioration, et les perspectives pour 2011 sont meilleures. » Ce contexte économique a été largement favorable à la création d’entreprises. En effet, avec la crise, de nombreuses personnes ont perdu leur emploi et ont cherché dans l’entrepreneuriat une planche de salut. « Avec environ 600 000 entreprises créées en France en 2010, nous avons battu de nouveaux records : c’est une progression de 8 à 9 % par rapport à 2009, s’enthousiasme Elisabeth Vinay. Mais ces chiffres sont à manier avec précaution car ils incluent le régime d’auto-entrepreneur, qui représente plus de la moitié des créations. »


L’entrepreneuriat en réseau, notamment la franchise et le commerce associé, a particulièrement le vent en poupe. Au 31 décembre 2010, on dénombrait ainsi 1 472 réseaux de franchise en France, qui regroupaient 55 871 unités franchisées et réalisaient plus de 47 milliards d'euros de chiffre d'affaires. « En termes de performance économique et de développement de points de vente, les réseaux de franchise ont continué à bien se porter pendant la crise », confirme Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise. En effet, 47 % des franchisés* se disent peu ou pas atteints par la crise. De leur côté, les 75 groupementsdu commerce associé représentaient en 2009 un chiffre d'affaires de 118,5 milliards d'euros, à travers 29 748 entrepreneurs indépendants associés. « Nous sommes confiants : la crise a révélé que les partages d’expériences et de savoir-faire permettaient d’être plus performants et que collectivement, les entrepreneurs indépendants étaient plus efficaces qu’en restant isolés », analyse Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la Fédération des enseignes du commerce associé.


Savoir s’adapter aux attentes des consommateurs

Mais s’il facilite l’accès à l’entrepreneuriat, le commerce indépendant organisé n’est toutefois pas un gage systématique de réussite. En tant que futur chef d’entreprise responsable, le candidat qui souhaite intégrer un réseau doit notamment veiller à choisir un secteur d’activité qui se porte bien. Ces dernières années, plusieurs marchés se sont développés à grande vitesse et ont attiré de nombreux entrepreneurs, en particulier les services à la personne et aux entreprises, ainsi que les énergies renouvelables et le « bio ». La restauration rapide reste également une activité dynamique. « On constate un véritable engouement des porteurs de projet pour ce secteur, qui est en tête de vente des fiches sectorielles APCE », témoigne Elizabeth Vinay. Des secteurs plus traditionnels, comme le chocolat ou les fleurs, tirent aussi leur épingle du jeu en période économique tendue. « Mais en franchise, tout repose sur la force du concept, insiste Chantal Zimmer. Si un réseau possède un concept et un savoir-faire performants, il s’en sort en toute circonstance. » Ainsi, même sur un marché considéré comme « peu porteur », une enseigne bien positionnée et qui sait s’adapter aux changements des modes de consommation peut parfaitement réussir.


D’après une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) publiée en novembre 2010, le commerce de détail est promis à d’importantes évolutions dans les années à venir : développement du e-commerce, montée de l’individualisme nécessitant un ciblage plus personnalisé des clients, renforcement des petites surfaces de proximité « Les consommateurs réclament aujourd’hui une prestation de service : une meilleure écoute et une adaptation à leurs besoins, allant pratiquement jusqu’au sur-mesure, ajoute Alexandra Bouthelier. Le développement multi-enseigne devrait se généraliser car il permet d’installer des marques dédiées à un positionnement spécifique, de sorte que le consommateur puisse mieux les identifier. »


* Rapport universitaire sur la « capacité de réactivité des réseaux de franchise en contexte de crise » publié en octobre 2010.

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