Commerce spécialisé

Du neuf sur le marché de l’occasion

2011-01-31T14:00:00+02:00

31.01.2011, 


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Boosté par un double effet crise et développement durable, l’achat-vente s’est imposé dans les modes de consommation des Français. Les enseignes spécialisées sur ce créneau se développent à un rythme soutenu.


Crédits photo : Shutterstock.com

Le pouvoir d’achat des ménages est en berne ? Les Français ont trouvé la parade. Voitures, biens culturels, vêtements… Ils n’hésitent plus à vendre et acheter des produits d’occasion. « Avant, on acquérait des meubles pour la vie. Désormais, on veut réaménager son intérieur régulièrement, se faire plaisir à moindre prix », décrypte Jean-Michel Illien, fondateur du cabinet Franchise Management. Autre motivation de taille, le développement durable. D’après une étude Ipsos, 6 Français sur 10 estiment que l’amélioration de la qualité de vie passe par une réduction de la consommation. Le marché de l’occasion, évalué à 5 milliards d’euros en 2008, flirterait aujourd’hui avec les 6 milliards. Après l’explosion des sites de ventes en ligne comme eBay et Price Minister, les magasins proposant des biens de seconde main fleurissent. A l’exception de l’enseigne Troc.com, le dépôt-vente a cependant enregistré une stagnation en 2009. En revanche, les enseignes spécialisées dans l’achat-vente, qui rémunèrent immédiatement le vendeur, connaissent une forte progression. « Les consommateurs veulent tout, tout de suite. Ils privilégient le cash au dépôt », analyse Jean-Michel Illien. Cash Converters (78 unités), Easy Cash (54) et Cash Express (68) étendent leur réseau d’une dizaine d’unités par an. Après avoir investi la périphérie des agglomérations, elles s’attaquent aux centres-villes avec des points de vente de quelque 100 m² contre 400 pour les magasins classiques. Les enseignes apprécient les candidats issus de la grande distribution ou du commerce indépendant. Ils doivent aussi « être négociateurs, persuasifs et avoir le sens du service client », estime Patrick Crochemore, conseiller en développement de franchises. L’investissement initial oscille entre 50 000 et 180 000 euros, en fonction du format. « Attention, prévient Jean-Michel Illien. Il faut disposer d’une grosse trésorerie pour commencer. Les premiers mois, le franchisé doit constituer son stock en achetant les biens qui lui sont déposés, avant de pouvoir les revendre. »


Christian Amiard, co-dirigeant de Cash Converters : « Objectif 100 points de vente à la fin 2011 »

« Cash Converters est le premier réseau mondial d’achat-vente aux particuliers en termes de points de vente. Les consommateurs peuvent céder leurs biens d’occasion au magasin contre paiement immédiat ; une fois contrôlés par nos soins, ces produits de seconde main sont proposés à la vente. Notre concept se décline en deux formats. Les grandes surfaces implantées en zone commerciale et les magasins « city » situés en centre-ville. Notre réseau compte actuellement 80 unités. Depuis mi-2008, les points de vente enregistrent une croissance de 12 % et plus. Pour atteindre notre objectif de 100 magasins fin 2011, nous recherchons des profils de tous horizons. Les entrepreneurs à la tête du format classique développent une activité apparentée à la grande distribution et doivent savoir gérer une équipe d’une dizaine de personnes. Pour les « city », qui emploient généralement deux salariés, nous privilégions les candidats à l’âme de commerçant. Les jeunes indépendants peuvent se lancer à partir de 50 000 euros d’apport. »

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