Redressement judiciaire

Reprendre un réseau en difficulté : expérience de la franchise et financement exigés

2010-07-01T11:42:00+02:00

01.07.2010, 


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Rééchelonner la dette, regagner des clients et répondre aux obligations d’un franchiseur : la reprise d’une franchise nécessite des moyens financiers et la connaissance impérative du secteur.

Remettre un réseau à flot
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« Même si le prix d’achat est dérisoire, le repreneur devra injecter des fonds importants pour renforcer l’entreprise financièrement. »

1 réseau sur 10 en délicatesse

« Il y a 10 à 15 % des réseaux qui sont par nature en situation de fragilité, voire en grand péril », indique Gilles Menguy, avocat spécialiste de la franchise, associé du Cabinet Gast & Associés. Soit ils cherchent un repreneur, soit ils se tournent vers le tribunal de commerce pour exposer leurs difficultés. Si le juge estime que le retour à l’équilibre s’avère impossible, il prononce la liquidation judiciaire. En revanche, s’il considère que l’entreprise a des chances sérieuses d’être sauvée, il la place en redressement judiciaire. Après une période d’observation, il va arrêter soit un plan de continuation, soit un plan de cession à un tiers.


Les rachats entre concurrents sont fréquents

« Lorsqu’un réseau est à vendre à la barre du tribunal, le juge examine les dossiers présentés par les entreprises et les personnes physiques intéressées par le rachat », explique Gilles Menguy. Son rôle : choisir le meilleur candidat pour remettre le réseau à flot. Autant dire que dans cette compétition, les réseaux concurrents disposent de solides atouts. « Ils ont une parfaite connaissance du secteur d’activité mais aussi de la franchise », argumente Gilles Menguy. « Comparés à un quidam qui ne connaît ni le marché concerné, ni l’industrie de la franchise, ils sont mieux armés », poursuit-il.


Gilles Menguy, Gast & Associés
Crédits photo : Droits Réservés
Gilles Menguy, avocat spécialiste de la franchise associé du Cabinet Gast & Associés.

Expérience de la franchise exigée

« Si le candidat au rachat justifie d’une expérience dans la franchise, comme par exemple directeur général d’un réseau ou directeur du développement, et qu’il a démontré ses capacités, il bénéficie alors d’une crédibilité aux yeux du juge », explique Gilles Menguy. C’est ce qui a permis à Jean-Claude Bourrelier, PDG de Bricorama, de mettre la main en décembre 2004 sur l’enseigne Points Cadres après son dépôt de bilan. Mais au-delà du profil, il y a un élément qui peut faire défaut : l’argent. « Même si le prix d’achat est dérisoire, le repreneur devra injecter des fonds importants pour renforcer l’entreprise financièrement », rappelle Gilles Menguy.


Un sport de haute voltige

« La reprise de la barre est un exercice périlleux, très stressant », prévient Gilles Menguy. Il faut rééchelonner l’ensemble de la dette, regagner des clients… « Le risque majeur, pour celui qui reprend les rênes d’un réseau, est de voir partir des franchisés », pointe Gilles Menguy. Le franchiseur a en effet des obligations vis-à-vis de ses franchisés parmi lesquelles la transmission du savoir-faire et des signes distinctifs du réseau (enseigne, nom commercial, logos…), l’assistance et la réitération de la réussite du concept. « Or, s’il en est arrivé à ce stade, c’est qu’il a, a priori, manqué à l’une de ses obligations. C’est un argument dont les franchisés peuvent user pour organiser leur départ », explique Gilles Menguy.


 

Rachat franchise : pas forcément dans la douleur !
En septembre 2008, le groupe Monceau Fleurs a acquis le réseau Rapid’Flore. Grâce à cette opération, il détenait alors 7% du marché de la fleur coupée en France, à travers plus de 400 points de vente. Avec des enseignes positionnées sur des créneaux complémentaires et se développant de manière autonome : Happy sur les centres-villes, Monceau Fleurs sur les axes passants citadins et Rapid’Flore en périphérie de ville. Fait notable : une grande partie du comité de direction Rapid’Flore a alors choisi de rester au sein du groupe Monceau Fleurs. Son cofondateur et ancien président, Patrick Hautot, est même devenu le deuxième actionnaire privé du groupe.

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