De J- 100 à J-50

Ouvrir en franchise : s’assurer des investissements, du contrat et de la formation

2010-07-12T16:11:00+02:00

12.07.2010, 


imprimer

Moins de deux mois avant l’inauguration de votre activité, votre projet d’entreprise n’en est plus un. Ses principaux contours sont déjà dessinés précisément et les choix stratégiques majeurs ont été effectués, avec l’aide de votre franchiseur.


Crédits photo : Shutterstock.com
50 jours avant l’ouverture, le franchisé doit être sur le point de valider son contrat.

Contrat parfois en cours de validation

Initié environ sur une année, votre projet de création d’entreprise va bientôt passer sous la barre fatidique des 50 jours avant son inauguration. Vous savez déjà quelle activité précise vous allez pratiquer et sous quelle enseigne. Vos multiples contacts avec les dirigeants du réseau sélectionné et autres franchisés de l’enseigne vous ont convaincu de la justesse de votre choix. Le rythme de vos démarches s’est d’ailleurs accéléré depuis plusieurs semaines. « Tous les cas de figures existent, mais généralement, 50 jours avant l’ouverture, le contrat a été validé ou, au pire, est en cours de validation, assure Thierry Jover, directeur du réseau ACE Prêts Immobiliers. Il est possible que l’étude de marché et le business plan soient également encore à affiner avec le Besoin en Fonds de roulement (BFR), car le local n’est pas encore trouvé. Mais ce n’est normalement pas la règle à ce stade du projet. »


Tisser des liens étroits avec son franchiseur

 

Hélène Helwaser,  Fédération française de la franc
Crédits photo : Shutterstock.com
Hélène Helwaser , Membre du collège des experts de la Fédération française de la franchise

Pour Laurent Sauvage, PDG d’Inform, société spécialisée en gestion de franchises, « si financement il doit y avoir, le business plan doit déjà être entre les mains du banquier. Le détail des investissements corporels et incorporels connus et les statuts de l’entreprise prêts à être déposés. Ces 50 derniers jours sont générateurs d’anxiété. Le lien doit donc être très proche entre un franchiseur, qui rassure grâce à son expérience des ouvertures, et un franchisé qui multiplie questions et doutes. » Avocate à la cour et membre du collège des experts de la Fédération française de la franchise, Hélène Helwaser rappelle que cette période est « celle où le franchisé a le plus besoin de son franchiseur, notamment pour le conseiller et agréer son local autant que son emplacement. Il est là pour lui donner l’information mais aussi la formation. »


Des financements acquis

L’heure n’est donc plus à la négociation. Ni au contrat, « qui ne peut intervenir qu’avant sa signature », souligne Hélène Helwaser, ni celle des emprunts nécessaires. « Deux mois avant l’ouverture, le dossier financier est quasiment bouclé, voire même bouclé », prévient Frédérique Souny, adjointe au Directeur du Marché des Professionnels du Crédit Agricole. « Demander une rallonge aussi tardivement est souvent un mauvais signe. Cela induit que le prévisionnel et le montage du dossier ont été mal préparés et lactivité mal anticipée. Seul le Besoin en fonds de roulement (BFR) peut être amendé notamment pour un impondérable que personne n’aurait pu anticiper, comme des travaux impromptus dans le quartier qui vont empêcher les clients d’entrer. »

Passage de témoin entre les services du franchiseur

Un avis largement partagé par Catherine Garot et Karine Giraud, respectivement responsable de l’animation des réseaux et chargée de la coordination des projets d’ouverture chez Beauty Success. « Un mois et demi avant l’ouverture, le projet doit être très avancé. C’est d’ailleurs l’occasion du passage de relais entre notre service développement (juridique, étude de marché, prévisionnel…) et le service animation de réseau au travers des responsables de zone en charge du point de vente. Ils se chargeront du côté opérationnel du projet, avec des visées commerciales, de formation et de communication. A ce stade, les relations avec le franchisé sont pratiquement quotidiennes pour certains. » Et ces relations vont s’intensifier avec le temps qui passe.


Pré-ouverture en franchise : 50 missions à réaliser en 50 jours

Directeur expansion des réseaux Schmidt et Cuisinella, Toni Familiari demande à ses partenaires d’avoir leur local six mois avant l’ouverture, sous la forme d’une franchise de loyer. « Cela permet de ne pas payer de loyer jusqu’à la signature du bail qui n’intervient que pour le début des travaux. » Cet empressement s’explique par « les 50 missions qui restent à mener avant l’ouverture des portes, qui vont du recrutement des vendeurs à leur formation, en passant par l’aménagement des locaux, la constitution du stock ou la campagne d’ouverture. Un vaste programme réalisé avec le développeur ou l’animateur mais toujours en présence du candidat. L’enseigne n’est là qu’en tant que conseil. »
Une réalité d’actions relativisée par Laurent Sauvage (Inform) qui nuance : « Les entreprises de service, contrairement aux commerces, s’affranchissent de toutes les formalités liées au local, agencement, travaux, formalités, ce qui représente un gain de temps non négligeable. » Mais à 50 jours, il faut que tout soit quasiment prêt, avec un rétro-planning précis et détaillé qui liste l’ensemble des actions qui restent à mener.

 

Sommaire
Fiches pro APCE