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Lancement en franchise : anticipez les obstacles pour les franchir sans dommages

2012-04-02T11:39:00+02:00

02.04.2012, 


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Les démarches à remplir pour mener à bien votre ouverture sont innombrables. Le secret pour rester serein : bien s’organiser.


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Marathon

Contrat sous le bras, vous êtes désormais patron. L’enthousiasme est à son comble… mais votre entreprise est encore virtuelle. « Les franchisés sont souvent perdus car ils ne savent pas par où commencer », constate Sylvain de Munter, directeur de l’animation agences chez Era Immobilier.  La liste des tâches à accomplir semble infinie. Comment s’en sortir ? Le secret de l’efficacité est de prioriser les tâches. « L’outil le plus adapté est le retro-planning, indique Bernard Tardy, fondateur de RBC Conseil. Il permet de rien oublier et d’avoir l’impression de progresser. » Bref, de maîtriser le cours des évènements. Pour élaborer cette check-list géante, n’hésitez pas à demander de l’aide à votre franchiseur. L’accompagnement des créateurs d’entreprise fait partie des engagements qu’il a pris envers vous. In&Fi, réseau d’agences de courtage en crédit, fournit un document à ses nouveaux membres. « Il s’agit d’un énorme "pense-bête" qui recense tout, de l’affichage des honoraires à l’insertion de publicité dans les pages jaunes », explique Patrice Matagne, directeur associé de l’enseigne. Il faut anticiper également le sentiment d’isolement en multipliant les contacts : les entrepreneurs qui s’implantent dans une nouvelle ville se sentent vite seuls.


Maquis administratif

En tête de liste se trouve la finalisation de l’emprunt bancaire. En cas d’accord oral préalable, tout se passe généralement bien. Cependant, des accrocs peuvent se produire. « Depuis quelques mois, on constate un changement d’attitude des banquiers, constate Bernard Tardy, fondateur de RBC Conseil. Ils donnent leur accord de principe mais mettent parfois trois à quatre mois avant de finaliser le prêt. » Dans ce cas, n’hésitez pas à demander un coup de main à la tête de réseau qui a souvent des relations privilégiées avec les pôles franchise des banques. Parallèlement, vous devrez songer à vous inscrire au registre du commerce, à contacter le centre de formalité des entreprises, l’assureur, la préfecture, le comptable. « Tous demandent des papiers et chacun se renvoie la balle, explique Sylvain de Munter. Pour le franchisé, c’est un véritable stress administratif. » Heureusement, tous les créateurs d’entreprise ne passent pas par ces affres. Géraldyne Reby, franchisée Anacours a ainsi traversé la tempête, relativement sereinement. « J’ai bénéficié d’un accompagnement de l’enseigne. J’ai eu le sentiment de faire un grand saut avec un filet de sécurité. Heureusement car on a une grande inconscience des difficultés de la création d’entreprise. » Avec comme conséquence directe, un moral qui fait du yoyo. Oscillant entre stress positif et stress négatif, le franchisé passe par des phases d’enthousiasme et de découragement, confirme la plupart des enseignes.

Sylvain de Munter
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Sylvain de Munter, directeur de l’animation agences chez Era Immobilier

Jungle urbaine

Une fois les ingrates tâches administratives achevées, la question du local reste à finaliser. Voilà une perspective réjouissante : vous allez parcourir les rues pour trouver l’emplacement idéal pour ouvrir votre point de vente. La prospection sera plus ou moins ardue en fonction de la géographie commerciale de la ville. « Les franchisés sont souvent frustrés car ils veulent le meilleur mais sont confrontés au coût », explique Sylvain de Munter. Et ne croyez pas être à l’abri de toute mauvaise surprise, une fois avoir trouvé la boutique et passé un accord avec le bailleur. Géraldyne Reby, franchisée Anacours l’a appris à ses dépens. « Le local que je m’apprêtais à occuper m’est finalement passé sous le nez. J’étais catastrophée car j’avais déjà contracté mon emprunt et je ne pouvais pas me permettre de débourser plus d’argent. » La situation est d’autant plus critique que cette nouvelle tombe au mois de juin alors que Géraldyne Reby doit ouvrir son agence en septembre, pour la rentrée. « Heureusement Anacours m’a trouvé un autre local », conclut-elle. Tous les créateurs n’ont pas cette chance. Prévoyez donc un planning large pour « absorber » les contretemps. Une précaution qui est tout aussi valable pour la phase suivante, l’aménagement du local.


Cascade d’investissements

Une fois le local sécurisé, plutôt que de vous adresser au premier artisan venu pour gagner quelques jours, prenez le temps de la réflexion : faites-vous conseiller, par exemple, par des commerçants voisins. Vous éviterez ainsi les chantiers bâclés ou les travaux interminables. Vous devez aussi régler les travaux d’intendance comme l’ouverture d’une ligne téléphonique, ou l’installation du mobilier. « C’est à ce stade de la création que nous dispensons les formations. Nous notons que les franchisés ont la tête ailleurs et du mal à éteindre leur portable », précise Sylvain de Munter. Il s’agit pourtant d’une étape fondamentale pour réussir le lancement de la société. Là encore, établissez des « to do lists » pour hiérarchiser les priorités et être pleinement disponible pour les sessions chez le franchiseur. Comment recruter une équipe performante si vous consultez votre smartphone au lieu d’écouter les conseils des formateurs ? « Les franchisés ont tendance, au départ, à embaucher des profils qui leur ressemblent. Ils veulent que les équipes soient productives dès le lancement de la société alors qu’elles ont besoin d’être formées. Ils entrent dans une nouvelle phase d’excitation car ils sont confiants, mais ils n’ont pas acquis les fondamentaux », poursuit le directeur de l’animation agences chez Era Immobilier. Une fois lancé, gardez donc la tête froide pour ne pas subir un nouveau contrecoup : il y a fort à parier que vous devrez patienter de longs mois avant de tirer les fruits de votre travail.

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