Témoignage

D. Vallar (La Boucherie) : « Chaque étape passée dans la douleur donne un peu plus confiance »

2012-04-02T11:56:00+02:00

02.04.2012, 


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Franchisé La Boucherie, Damien Vallar ouvrira cette année son troisième restaurant. Cet entrepreneur talentueux n'échappe pas aux aléas de la création d’entreprise mais a ses recettes pour mener à bien ses projets.

Entrepreneur avant l’heure

Un juriste en droit des affaires devenu patron de brasserie, voici le parcours peu commun de Damien Vallar, franchisé La Boucherie depuis 2008. Cette reconversion peu ordinaire, c’est le goût de l’entrepreneuriat qui l’a motivé. Et surtout celui de la liberté : « Je voulais avoir mon destin en mains : faire mes propres choix et les assumer en cas d’échec », explique ce quadragénaire. Un grand saut dans l’inconnu ? Pas tout à fait. Après une première carrière dans un cabinet d’avocat, il intègre un groupe de restauration où il est en charge du développement. « Je faisais de la recherche foncière, du montage de dossier pour l’ouverture de restaurants », détaille-t-il. Bref, il acquiert toutes les compétences nécessaires pour mener de A à Z d’un projet d’entrepreneuriat. Au début des années 2000, il décide de franchir le pas. Reste à choisir l’enseigne. Il se tourne vers La Boucherie, « jeune groupe à fort potentiel et dynamique au produit pérenne dans le temps », estime Damien Vallar.


Voie sans issue

En 2003, tout semble en place pour lancer la construction de son établissement, à Saran (45). Le franchiseur a donné son accord, la banque accepte de financer le projet, les autorisations administratives sont signées. Sauf que des contraintes techniques retardent le lancement du chantier. La construction du futur multiplexe ne démarre pas. Conséquence : pas de voie d’accès pour le restaurant. Damien Vallar devra attendre quatre ans pour que le premier coup de pioche soit donné ! L’entrepreneur préfère se montrer philosophe. « J’étais impatient, mais des moments difficiles, on en a tous. Cela fait partie du jeu de la création d’entreprise. »


Retards multiples

Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Ce sont bientôt les fondations du futur établissement qui demandent à être renforcées. Puis le planning du chantier qui prend du retard. Là encore, l’entrepreneur se veut positif : « L’important est de trouver des solutions. Chaque étape passée dans la douleur donne un peu plus confiance. C’est très gratifiant. Le tout est d’être capable de savoir où l’on va, prendre de la hauteur. » Parallèlement, il procède au recrutement de son équipe. Un exercice plutôt simple pour lui qui avait déjà managé des collaborateurs. Ce n’est finalement qu’en 2008 que le restaurant ouvre ses portes. L’entrepreneur s’est-il essoufflé ? Ce serait bien mal le connaître ! Damien Vallar bûche déjà sur un nouveau dossier, tout en reconnaissant que l’ouverture d’un restaurant est une véritable « galère ». Cette fois, ce sera une reprise d’entreprise, à Tours (37). Un restaurant italien qu’il veut faire passer sous enseigne La Boucherie.


Coup de poker

Tout n’est pas gagné. Il se lance dans l’aventure alors que la banque n’a pas encore accordé de financement. « On ne savait pas si cela allait fonctionner », confesse-t-il. Finalement au bout de 18 mois de négociation, il décroche son prêt et inaugure le nouvel établissement en 2010, à Tours. « Je ne suis pas plus intelligent qu’un autre, insiste Damien Vallar. J’essaie d’anticiper tous les problèmes, je les liste et cherche des solutions. Je les règle ensuite au fur et à mesure. J’évite ainsi les déceptions, même si le dossier met deux ans à aboutir. » Infatigable et opiniâtre, il travaille actuellement sur un troisième projet. Là encore avec des incertitudes sur le financement. Qu’à cela ne tienne, il a tout de même signé le bail pour la location du local. Un pari gagnant puisqu’il vient de recevoir le feu vert de la banque. Bref, pour être maître de son destin, mieux vaut ne pas hésiter à le bousculer.

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