Découverte métier

Managers de centre-ville : les alchimistes urbains

2011-08-10T14:04:00+02:00

11.03.2009 mis à jour le 10.08.2011, 


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Leur mission ? Redonner un cœur aux villes, riches en commerce et en lien social. Focus sur un jeune métier qui cherche encore ses marques.

Managers de centre-ville
Crédits photo : Getty Images
On compte actuellement une bonne centaine de managers de centre-ville à travers l’Hexagone.

Un besoin des CCI et des mairies


A la croisée des métiers et des collectivités

Après des années de disparition des magasins de proximité et d’essor de la grande distribution en périphérie des villes, le cœur des villes retrouve la santé. Son meilleur fluidifiant ? Le manager de centre-ville. Ce métier est une réponse fondamentale aux nouveaux besoins du commerce en centre-ville, à la croisée des métiers (commerce, urbanisme, marketing, communication) et des institutions (mairies, chambre de commerce, chambre de métiers...). On compte actuellement une bonne centaine de managers de centre-ville à travers l’Hexagone, dont un bon tiers en région parisienne.


Appellation non contrôlée

« Il y a quelques années, nous n’étions qu’une petite cinquantaine, explique Christian Castriseanu. Petit à petit, les mairies ont commencé à développer ce métier, même si elles n’utilisent pas forcément l’appellation. Aujourd’hui, les chambres de commerce et les municipalités sont à l’origine de 80 % des créations de poste. Après viennent surtout des offices de commerce sous système partenarial, et enfin des directeurs de société d’économie mixte »


Manager : un métier précaire

Selon le site Centre-ville en mouvement, 31 % des managers ont un contrat en CDI, 37% en CDD de 1 à 3 ans, 32 % ont un contrat aidé. 14 % des managers ont une rémunération comprise entre 1 500 et 2 000 €, 63 % entre 2 000 et 3 000 €, 12 % au-delà de 3 000 € et 6 % au-delà de 4 000 €

 


Un métier à professionnaliser

Impossible pourtant de dresser un portrait-robot du manager de centre-ville, tant les statuts, les âges et les profils varient d’une ville à l’autre. Diplôme, formation continue, tout ou presque reste encore à faire pour qualifier ce jeune métier. Toutefois, « bon nombre des managers de centre-ville viennent de l’urbanisme, d’autres de la grande distribution. Des profils plus présents que ceux issus du marketing/communication. Avec le turnover, nous ne sommes plus qu’une quinzaine de la première génération de managers. Souvent du fait de contrats limités dans le temps, de CDD de trois ans, pour 70 % des postes », insiste Christian Castriseanu, manager de la communauté d’agglomération de la vallée de Montmorency.


Des managers, pour quoi faire ?

Analyse cartographique du commerce

Si la première génération de managers reste cantonnée au simple rôle d’animateur commercial, le métier commence à gagner ses lettres de noblesse. Il devient une interface en matière d’aménagement urbain, examinant la cartographie du commerce, et en particulier, celle des locaux vacants. « Les missions évoluent, confirme Laetitia Letamendia, à la tête de l’office de commerce de Bayonne. A Bayonne, il y a désormais très peu de locaux vacants, la ville est très attractive, et représente 25 % du poids commercial de la zone de chalandise, par rapport à Anglet ou Biarritz. Grâce notamment à des navettes gratuites vers les parkings, l’instauration de stationnements gratuits ou à un euro, et un travail sur la piétonisation des rues. »


Outil de développement nécessaire

A Montrouge, la restructuration du centre-ville est une affaire d’hommes, un binôme complémentaire entre le maire et le manager. « Je travaille avec les banques, je leur recommande des gens, je reçois pas mal d’entrepreneurs pour les éclairer sur ce que la ville peut leur apporter », explique Marcel Valin, manager du centre-ville de cette ville voisine de Paris (650 commerçants et artisans pour 45 000 habitants).


Enseignes : rapprochements à envisager

Dialogue délicat avec les enseignes ?

« C’est important de pouvoir se projeter, penser le centre-ville de demain, souligne Agnès Fievez, à la fois manager du centre-ville de Rouen et en charge, par d’autres fonctions, de la dynamique territorial d’une zone de chalandise de 800 000 habitants. Les pratiques de consommation ne sont plus les mêmes. La clientèle vient du centre-ville, de l’agglomération, voire de bien plus loin. Il faut aussi parvenir à toucher les enseignes, à les motiver. En effet, on a souvent du mal à le faire, surtout avec les succursalistes, peu impliqués dans la politique d’animation de la ville. »


Rôle de redynamisation des enseignes

Pour Sébastien Proust, manager de centre-ville à Beauvais, les enseignes ont un rôle de redynamisation à jouer : « Notre ville compte 500 commerçants et artisans en centre-ville, dont 120 franchises pour 248 000 habitants. Après le réaménagement de la place du marché en espace de vie, nous travaillons à un projet d’implantation d’un pôle commercial en centre ville. Avec 100 millions d’euros d’évasion commerciale par an, on constate que Beauvais manque d’enseignes leaders, à la mode. »

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