Dossier

Les Emirats Arabes Unis, oasis de croissance et de stabilité du Proche-Orient

2014-07-15T06:00:00+02:00

07.04.2014 mis à jour le 15.07.2014, 


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Assise sur des réserves de pétrole considérables, la fédération des Emirats Arabes Unis enregistre depuis plus d’une décennie une forte croissance. Abu Dhabi et Dubaï, les deux émirats phares, préparent néanmoins l’après-pétrole en investissant massivement dans l’immobilier, les nouvelles technologies et le tourisme. Une aubaine pour certains réseaux de franchise.

Abu Dhabi
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Abu Dhabi, Emirats Arabes Unis.

Situés au cœur d’un Proche-Orient politiquement explosif, les Emirats Arabes Unis sont une oasis de stabilité favorable au climat des affaires. Ils fédèrent sept émirats mitoyens dont deux se taillent la part du lion du point de vue politique et économique. D’abord la pétromonarchie Abu Dhabi. Capitale politique de la fédération, elle représente 86 % du territoire, détient 95 % des réserves d’hydrocarbures et possède une force de frappe financière considérable à travers Adia (Abu Dhabi Investment Authority), premier fonds souverain au monde en termes d’actifs sous gestion. Ensuite, Dubaï, célèbre pour le faste et la démesure de ses infrastructures immobilières. Les cinq autres, Sharjah, Ajman, Umm-Al Quwain, Ras Al Khaimah, Fujairah restent dans l’ombre.

Une économie diversifiée

Quatrième producteur pétrolier de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et seizième producteur mondial de gaz, le pays est assis sur un tas d’or. Mais les dirigeants sont conscients du caractère éphémère de la  rente pétrolière. « Le projet des Emirats Arabes Unis est de diversifier leurs sources de revenus pour palier à terme la carence de l'or noir, confirme  Olivier Mignot, consultant chez Franchise Management. Cette stratégie est particulièrement marquée à Dubaï qui ne possède que très peu de réserves pétrolifères, en comparaison avec Abu Dhabi. Dubaï a été le premier émirat à miser sur le tourisme, les loisirs, la banque, la finance et le commerce. » Capitalisant sur sa position stratégique, la ville s’est convertie en hub régional, doté de toutes les infrastructures portuaires et logistiques. Un développement qui lui a permis de devenir le 6e port du monde.

Emirats Arabes Unis
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Emirats Arabes Unis.

De son côté, Abu Dhabi n’est pas en reste. L’aéroport triplera en 2017 sa capacité d’accueil (30 millions de passagers actuellement) grâce à la construction d’un nouveau terminal. Un nouveau mall (centre commercial), le deuxième plus grand du Moyen-Orient, est aussi en train de sortir de terre. Paradoxalement, ce producteur de pétrole se fait héraut du développement durable, notamment  en accueillant l’agence internationale des énergies renouvelables. Et pour marquer plus encore son ouverture au monde et à la modernité, la capitale mène deux projets d’envergure : l’ouverture du Guggenheim Dhabi et du Louvre Abu Dhabi. Cette diversification de l’économie émirienne amorcée depuis une dizaine d’années porte ses fruits : le secteur pétrolier ne représente plus qu’un tiers du PIB. Et le pays compte 88,5 % d’étrangers dans sa population de 8,2 millions d’habitants.


Le rebond après la crise

Après avoir enregistré une croissance discontinue de 2003 à 2008, la fédération a subi de plein fouet la crise, qui s’est traduite par une raréfaction du crédit bancaire et un éclatement de la bulle immobilière à Dubaï. Mais le stock d’épargne, la filière hydrocarbure et la diversification de l’économie ont permis aux Emirats Arabes Unis de rapidement renouer avec la croissance. En 2012, cette dernière a atteint 3,8 %. L’an dernier, elle a franchi la barre des 4 %.

Parallèlement, les projets immobiliers sont repartis de plus belle. L’arrivée massive de saoudiens en villégiature et de ressortissants arabes fuyant les révolutions dans leur pays d’origine ont entraîné la multiplication de lots de villas aux portes du désert. L’afflux de touristes - 10 millions par an - a également suscité une reprise de  la construction de complexes hôteliers. Un chantier colossal d’une centaine d’établissements ainsi que d’un centre commercial monumental devrait s’achever cette année, confirmant le statut de « Mecque du shopping de luxe » de Dubaï. Le gouvernement table sur un doublement du nombre de touristes dans les années à venir. La croissance 2014, qui sera portée par la construction, l’investissement et la consommation, devrait rester aussi vigoureuse que les années précédentes.

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