Recrutement

Master-franchisé : un bon partenaire pour un bon contrat

2010-06-15T12:24:00+02:00

15.06.2010, 


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Les candidats à la master-franchise se bousculent. Les enseignes doivent prendre leur temps et se montrer exigeantes sur les profils. Reste ensuite à rédiger un contrat équitable pensé dans les moindres détails pour éviter tout litige.

Approuver un franchisé
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Il faut trouver un franchisé prêt à accepter les contraintes d’une vie en réseau et un franchiseur adroit pour mailler un territoire vierge.

Délicate sélection

Elaborer un bon produit ou un service porteur et mettre en place une stratégie pour pénétrer le marché ne suffisent pas à réussir son implantation dans un pays. L’enseigne doit trouver un partenaire qui sera à la fois un franchisé prêt à accepter les contraintes d’une vie en réseau et un franchiseur suffisamment adroit pour mailler un territoire vierge. Les enseignes à forte notoriété sont fréquemment démarchées et peuvent alors se montrer très regardantes sur le pedigree des postulants. Les réseaux plus modestes devront se rendre aux salons internationaux de la franchise pour rencontrer des candidats.


Investisseurs ou entrepreneurs ?

« Notre politique est de recruter des partenaires étrangers qui connaissent bien notre culture. Ils doivent avoir travaillé au moins cinq ans en France. Et nous devons également avoir un « bon feeling » avec eux car la franchise est avant tout une histoire d’hommes », explique Nicolas Daumont, PDG de la franchise de courtage en travaux Illico Travaux. De son côté, Eléphant Bleu, implanté dans 11 pays d’Europe et au Maghreb, se montre plus pragmatique. « Le candidat doit avoir une solide connaissance de l’immobilier propre au lavage, des relations dans le domaine de l’obtention de terrain, de permis de construire. Et une bonne capacité financière car l’investissement initial est important, souligne Yves Brouchet, directeur général d’Hypromat, propriétaire de l’enseigne de nettoyage automobile. Au Maroc, le développement de la classe moyenne nous offre de belles perspectives. »

Yves Brouchet, Hypromat
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Yves Brouchet, directeur général d’Hypromat

 


Rester vigilant

Dans certaines régions, comme le Proche-Orient, recourir à de grands groupes gérant tout un portefeuille d’enseignes est incontournable. Avantages : accéder rapidement à des emplacements porteurs dans les centres commerciaux. Mais « il faut s’assurer que l’investisseur mette en œuvre tous les moyens nécessaires à l’implantation de l’enseigne, met en garde l’avocat François Dauba. Et vérifier qu’il n’exploite pas de réseaux concurrents, pour ne pas risquer de voir le savoir-faire divulgué. »


Un contrat carré

Mieux vaut s’adjoindre les services d’un expert juridique pour négocier les clauses du contrat. Premier point, « il doit être de droit français et prendre en compte les dispositions locales d’ordre public, c’est-à-dire applicable de plein droit, souligne François Dauba, avocat au sein du Cabinet Baker & McKenzie. En Belgique, par exemple, la loi prévoit des indemnités de fin de contrat au bénéfice du franchisé en cas de résiliation à l’initiative du franchiseur. » Deuxième point, il faut s’assurer que le tribunal compétent sera français pour faciliter les démarches en cas de litiges entre les deux parties. Troisième point, le franchiseur doit veiller aux clauses de non-concurrence, de protection des droits de propriété intellectuelle et de confidentialité.


Jean-Paul Zeitline, l Progressium
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Jean-Paul Zeitline, fondateur du cabinet de conseil Progressium

Les relations à trois

Plus anodin mais à ne pas oublier, définir les obligations de chacun en terme de transport de marchandises pour les franchises de distribution : qui sera responsable en cas d’avaries ou de retard. « Le contrat doit aussi donner au franchiseur un libre accès aux points de vente, sans fixer d’échéances, afin de ne pas lui lier les mains », recommande Jean-Paul Zeitline, fondateur du cabinet de conseil Progressium. Enfin, « il est indispensable de penser en amont les relations à trois. Le contrat entre le franchiseur et le master-franchisé doit s’accompagner d’un contrat type pour les futurs franchisés qui pourra, le cas échéant, être aménagé sous le contrôle du franchiseur. Cette démarche permet de garantir l’homogénéité du réseau et d’organiser le sort du réseau local à l’échéance du contrat de master-franchise », rappelle l’avocat François Dauba.

 

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