Développement

De l’unité-pilote au déploiement du réseau par le master-franchisé

2010-06-15T12:27:00+02:00

15.06.2010, 


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Le master-franchisé a les mains libres pour valider sur le terrain les études de marché et, le cas échéant, ajuster le concept. Certaines enseignes privilégient la co-entreprise, dite joint-venture, pour encadrer les premiers pas du partenaire local.

Encadrer les franchisés
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Certaines enseignes privilégient la co-entreprise, dite joint-venture, pour encadrer les premiers pas du partenaire local

Faire tourner la boutique

Contrat signé, plan de développement détaillé, tout est parfait sur le papier. Le premier pas est l’ouverture d’une unité pilote qui permettra de valider les études de marché. « Notre partenaire béninois a suivi l’automne dernier la formation de cinq semaines que nous dispensons au siège à nos franchisés français, raconte le responsable du développement d'Augias Propreté, Jean-Christophe Champeil. Nous lui laissons 1 à 3 ans pour faire de l’unité pilote une vitrine pour les futurs franchisés. Il doit adapter les tarifs au contexte local tout en préservant nos valeurs : développement durable, qualité de prestation et respect du personnel. Nous nous déplacerons tous les 3 ou 4 mois pour vérifier que nos fondamentaux ne soient pas dévoyés. »


Jean-Christophe Champeil, Augias Propreté
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Jean-Christophe Champeil, Responsable du développement d'Augias Propreté

Garder un œil sur le pilote

Pour garder un peu plus la main encore, les enseignes peuvent créer une co-entreprise dite joint-venture. Illico Travaux entre ainsi au capital de ses master franchisés à hauteur de 5 % mais laisse une grande autonomie à ses partenaires. L’enseigne de courtage en travaux doit en effet se montrer particulièrement adaptable car les législations et les attentes des clients sont totalement différentes d’un pays à l’autre. « Au Portugal, par exemple, il n’y a pas de garantie décennale, de carte d’artisan ou de surveillance juridique des entreprises. Notre raison d’être est finalement très différente d’un pays à l’autre. En France, nous sommes garants de la sécurité des consommateurs, en Belgique accélérateur de devis et au Portugal, pour ainsi dire, apporteur de travail pour les artisans ! » s’amuse Nicolas Daumont, PDG du réseau. Une démarche approuvée par Jean-Paul Zeitline, fondateur du cabinet de conseil Progressium. « Créer une joint-venture rassure les deux parties. Elles peuvent très bien prévoir des clauses pour que le master-franchisé rachète les parts une fois le réseau lancé ».


Déployer le réseau

18 à 24 mois suffisent, généralement, pour valider la pertinence du concept et s’assurer que le master-franchisé a les épaules assez larges pour déployer le réseau. De franchisé, il devient alors franchiseur et jouit d’une grande marge de manœuvre. Les enseignes touchent alors une partie des droits d’entrée des nouveaux franchisés et des redevances. L’investissement de départ, qui se chiffre souvent en dizaines, voire centaines de milliers d’euros, peut être rapidement amorti comme l’espère Pano Boutique au Maroc. « Outre les points de vente déjà ouverts, quatre sont en cours de création. Nous avons fixé avec notre partenaire un plan de développement en trois temps : finir la couverture du pays cette année en s’implantant dans trois nouvelles villes ; les deux années suivantes, compléter le maillage du territoire puis, à partir de 2012, doubler, voire tripler le nombre d’implantations par ville », énumère Frédéric Morlier, fondateur de l’enseigne de signalétique. Un optimisme démesuré ? L’avenir le dira, mais les grandes enseignes françaises de la restauration, la distribution ou encore la coiffure ont montré l’excellent relais de croissance que constitue la master-franchise.
 

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