Implantation

Un pays favorable aux affaires

2014-11-03T06:01:00+02:00

03.11.2014, 


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La Suisse romande compte à peine deux millions de consommateurs. Mais la proximité avec la France et le cadre législatif rendent le pays attractif pour les entreprises et les réseaux de franchise.

La Suisse, pays favorable aux affaires
Crédits photo : Shutterstock
Vue de Genève, l'un des principaux pôles économiques de la Suisse.

Jeune marché

La franchise est relativement peu développée outre-Sarine. Il y a aurait, à en croire la Fédération suisse de la franchise, entre 250 à 360 réseaux sur le territoire helvétique contre plus de 1 600 dans l’Hexagone ! Les secteurs ? Le commerce et les services aux particuliers, essentiellement : équipement de la personne, restauration, alimentaire, beauté, immobilier… Peu d’enseignes ont été lancées par des Suisses car les entrepreneurs locaux ont préféré se développer par le biais de succursales. Parmi les réseaux helvètes, citons Remicom, spécialisé dans l’immobilier commercial ou encore Satellite Denner et Migrolino, réseaux de distribution alimentaire.


Influence linguistique

Ce pays prospère n’a pas manqué d’attirer des enseignes internationales. En toute bonne logique, les réseaux allemands ont investi la Suisse alémanique, les Italiens la Suisse italienne et les réseaux français, telles qu’Optic 2000, Franck Provost, Yves Rocher, Alain Afflelou, ont préféré la Suisse romande. Si certaines enseignes comme Ecolave viennent tout juste d’ici ouvrir une unité, d’autres sont présentes depuis 20 ans, comme Jean-Louis David. Dès lors, un des principaux obstacles pour une enseigne française qui voudrait étendre son réseau à l’ensemble de la confédération helvétique sera la question linguistique. La traduction des manuels opératoires, des documents commerciaux, des étiquettes représenteront un coût non négligeable.


Francophone mais pas Français

Si la franchise n’est pas un modèle largement déployé en Suisse, le commerce de détail n’en est pas moins un marché mature. Il faudra donc arriver avec une offre différenciante, innovante. « Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas un consommateur mais une multitude de consommateurs suisses. On compte 27 "ethnies" à Genève avec une forte proportion d’étrangers qui s’établissent quelques années puis repartent. Une caractéristique très intéressante pour l’achat-vente. Le chiffre d’affaires d’un magasin suisse est deux fois supérieur à celui d’un magasin français », explique Christian Amiard, président de Cash Converters, enseigne qui compte 5 unités dans le pays, dont trois aux environs de Genève. Le caractère cosmopolite ne doit pas pour autant faire oublier les Nationaux, comme le souligne Michel Glorieux, master-franchisé Ecolave, enseigne de lavage écologique des véhicules. « Il serait mal venu de se présenter aux Suisses comme étant une enseigne française. Il faut au minimum créer une extension .ch pour le site Internet », recommande cet entrepreneur originaire de Savoie et fin connaisseur du marché helvétique.

Côté réglementation, la Suisse offre un cadre juridique très souple. Le droit suisse est plus libéral que le droit français. « Il n’y a pas d’équivalent à la loi Doubin, donc pas d’obligation précontractuelle comme la remise d’un DIP, souligne Anne-Virgine La Spada, avocate au sein du cabinet BMG Avocat. Notez aussi qu’il est, de manière générale, compliqué de dénoncer un contrat. Par exemple, un franchisé pourra difficilement attaquer un franchiseur parce qu’il n’a pas atteint le chiffre d’affaires escompté. Il a signé le contrat et est considéré comme "adulte". Sauf, évidemment, si tous les franchisés sont dans la même situation parce que le franchiseur les a sciemment trompés. » Un dernier conseil ? « Attention, avant de vous implanter, de bien avoir enregistré votre marque en Suisse, insite Anne-Virgine La Spada. Il ne suffit pas de l’avoir fait à l’OMPI (organisation mondiale de la propriété intellectuelle) ».

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