Dossier

La Suisse, un marché de niche

2014-11-03T06:00:00+02:00

03.11.2014, 


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La confédération helvétique compte peu ou prou 250 réseaux, dont une faible proportion d’enseignes nationales. Le caractère libéral du droit des affaires facilite l’implantation de franchises, mais le multilinguisme et la petite taille du pays brident les perspectives de développement.

La Suisse, un marché de niche
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Un pays prospère au sein d’une Europe minée par la crise

Petit Etat par la superficie et la population, la Suisse tire les fruits de sa politique de neutralité et d’une gestion rigoureuse des affaires publiques. La confédération doit cependant faire face à plusieurs défis : un risque de ralentissement économique et des tensions liées à la politique migratoire.


Cosmopolitisme

Nichée au cœur de l’Europe, riveraine de l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Autriche, la Suisse compte 8,04 millions d’habitants et quatre langues maternelles – allemand, italien, français et romanche. Près d’un quart de la population est composée d’étrangers, majoritairement européens. Une proportion qui atteint même 45 % dans les cinq plus grandes villes du pays, qui concentrent à elle seule un tiers des habitants du territoire. Face à cette évolution démographique, une partie des Suisses plaide pour une limitation drastique de l’immigration tandis qu’une autre fait valoir que les flux migratoires permettent de contrebalancer le vieillissement de la population.


Economie robuste

Havre de paix, la confédération helvétique semble aussi à bien des égards un havre de prospérité. Tandis que ses voisins européens sombraient dans la crise, en 2008, elle gardait la tête hors de l’eau avec une croissance de 2,16 %, selon la Banque mondiale. Après un trou d’air en 2009, elle réussit à maintenir la progression de son PIB au delà de 2 %. Mais le ciel helvète pourrait s’assombrir avec l’accumulation de mauvaises nouvelles : crises en Ukraine et au Proche-Orient, baisse des exportations due à la mauvaise santé des économies de l’Europe du Sud et tassement de la consommation intérieure, principal moteur de l’économie. Le gouvernement reste cependant serein car les fondamentaux demeurent solides : une dette publique limitée à 35 % du PIB et un taux de chômage de 3 %, selon les chiffres d’août 2014.


Matière grise développée

Sa prospérité est assise sur un secteur tertiaire largement développé, notamment dans la banque et l’assurance, et sur un secteur industriel à haute valeur ajoutée avec une main d’œuvre qualifiée en microtechnique, biotechnologie et industrie pharmaceutique. Une matière grise qu’elle doit à un système éducatif de qualité et à son attractivité. La Suisse abrite entre autre le CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire, qui accueille des scientifiques du monde entier.

Tissu économique dense

Son tissu économique est dominé par les PME : 99 % des entreprises non-agricoles comptent moins de 500 salariés. Mais le pays compte aussi des entreprises d’envergure internationale. Selon le classement "Global 500" établi par le magazine américain Fortune, pour l’année 2010, quinze sociétés helvétiques figurent, en terme de capitalisation boursière, parmi les 500 plus grandes compagnies mondiales.


Riche mais cher

Les Suisses travaillent en moyenne 42,4 heures par semaine et les salariés à temps plein n’ont droit qu’à 20 jours ouvrables de congés annuels. Des vacances plus courtes que dans la plupart des pays européens. En contrepartie, ils bénéficient de fortes rémunérations. Un sondage mené par la banque UBS en 2003 dans 70 métropoles du monde entier plaçait Zurich et Genève en tête des villes avec le plus haut niveau de salaire net. Mais les Suisses n’ont pas pour autant un pouvoir d’achat bien supérieur à celui des autres pays d’Europe car le niveau de prix, en particulier de l’alimentaire, est très élevé. Selon une étude de l’Union Européenne, menée en 2002, la Suisse est le 3e pays le plus cher d’Europe, derrière la Norvège et l’Islande.

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