Dossier

La franchise, une idée pour la reconversion des cadres

2015-05-20T06:00:00+02:00

20.05.2015, 


imprimer

Alors que 47 % des cadres supérieurs souhaitent entreprendre, contre 25 % des Français en général, la franchise constitue une option à envisager pour son côté clé en main (dossier publié dans le supplément des Echos le 19 mars 2015).

La franchise pour se reconvertir
Crédits photo : Montage Lucky Team Studio/Shutterstock.com

Une carrière au statut quo à relancer ? La peur de perdre subitement son emploi à enrayer ou une simple envie de changer d’air ? La reconversion professionnelle tente chaque année de nombreux cadres et managers lassés de leur quotidien. Parmi les solutions envisagées, l’entrepreneuriat a de quoi séduire ces salariés habitués à assumer de lourdes responsabilités. Ainsi en 2014, près d’un cadre supérieur sur deux déclare vouloir créer son entreprise, selon un sondage de l’Institut Think pour le Salon des Entrepreneurs. C’est deux fois plus que la moyenne des Français. Et la franchise présente des atouts supplémentaires : concept clé en main, accompagnement de la part d’une enseigne, formation, mais aussi opportunité d’opérer une reconversion à 360 degrés en changeant totalement d’univers. Le tout en contrepartie du versement d’un droit d’entrée et de redevances mensuelles, calculées selon un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé. « La franchise permet non seulement de rebondir, mais aussi de changer de secteur grâce au transfert de savoir-faire qui s’opère entre le franchiseur et le franchisé, et qui constitue le socle-même du système », précise Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF). Rien n’empêche donc un chef de projet informatique de devenir fleuriste ou un analyste financier d’ouvrir sa boulangerie-pâtisserie. « En franchise, tout est possible », selon Chantal Zimmer. Avec, en sus, un cadre plus rassurant que l’entrepreneuriat en solo, le commerce indépendant en réseau fait sauter plusieurs freins à l’envie d’entreprendre, comme par exemple l’isolement du chef d’entreprise ou la crainte d’échouer.

Preuve que le fait de quitter son job les effraie peu, 70 % des franchisés étaient salariés avant de se lancer, une proportion qui monte à 81 % chez les 35-49 ans, comme le note l’enquête annuelle de la franchise, publiée en novembre 2014 par la FFF et la Banque Populaire. Le point commun de ces entrepreneurs sous enseigne ? L’envie de se mettre à leur compte, en faisant un métier qu’ils aiment. « Je mets la même énergie dans mon entreprise que dans mon précédent emploi, seulement désormais, je le fais pour moi », confie ainsi Jean-René Guillaumet, ancien DRH dans l’hôtellerie de luxe, reconverti dans le coaching commercial avec l’enseigne Booster Academy.

Des sacrifices à évaluer

Comme dans toute création d’entreprise, il convient de mûrir son projet avant de se lancer. Même si la franchise repose sur la « mise à disposition d’un modèle éprouvé », les risques d’échec demeurent. En particulier, les cadres et managers doivent avoir à l’esprit que l’entrepreneuriat, y compris en réseau, est susceptible de changer profondément leur rythme de vie et le niveau de leurs rémunérations. Toujours selon l’enquête annuelle de la franchise, 33 % des franchisés perçoivent un revenu inférieur à 20 000 euros par an. D’ailleurs, moins de la moitié des franchisés interrogés par la FFF et Banque Populaire considèrent gagner mieux leur vie qu’un salarié. « En ce qui me concerne, j’ai perdu près de 70 % de ma rémunération annuelle », reconnait le franchisé Booster Academy, qui nuance : « J’ai en revanche gagné un nouveau mode de vie, et une nouvelle forme de stress dans lesquelles je prends beaucoup de plaisir. »

Côté horaires, des changements sont également à prévoir. Même si les cadres supérieurs sont généralement soumis à des cadences déjà soutenues, les franchisés sont de véritables chefs d’entreprise qui ne comptent pas leurs heures. Il s’agit très souvent de personnes opérationnelles, qui s’impliquent sur le terrain et dans leur point de vente. Un sacrifice qui n’en est plus un, à condition de choisir le bon secteur et la bonne enseigne.

Fiches pro APCE