Avis d'expert

E. Labi (Autobiz) : « Le marché du véhicule d’occasion présente quelques opportunités »

2011-02-15T17:50:00+02:00

15.02.2011, 


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La distribution automobile se concentre autour des distributeurs et des réparateurs. Analyse du marché avec Emmanuel Labi, responsable des études chez Autobiz, spécialiste de l’information sur ce secteur.


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Emmanuel Labi, responsable des études chez Autobiz.

Comment est structuré le marché de la distribution automobile ? Les constructeurs réalisent 35 % des ventes de véhicules en France, en direct ou via leurs filiales de distribution. La plupart possède en propre les points de vente des grandes villes. Les concessionnaires sont des vendeurs indépendants en contrat avec une marque. Ils font un peu plus de 55 % des ventes. En France, on compte environ 5 000 concessionnaires qui appartiennent à près de 3 000 investisseurs. Depuis les années 2000, on constate un important mouvement de concentration qui d’ailleurs commence à toucher aussi les agences. Les agents sont des garagistes qui ont signé des contrats de réparation et de services avec les marques. En général, pour vendre des véhicules neufs, ils passent un accord avec le concessionnaire le plus proche. On compte un peu plus de 9 000 agents en France dont 95 % pour les trois grandes marques françaises. Ensuite, on dénombre aussi 200 mandataires. Ce sont des vendeurs multimarques. Enfin, il faut ajouter quelque 3 000 marchands de véhicules d’occasion.


Existe-t-il des opportunités pour des créateurs ou des investisseurs ? Dans les concessions, clairement non. La barrière financière à l’entrée est forte, du fait d’un besoin en fonds de roulement important et d’une faible rentabilité, de l’ordre de 1 % du chiffre d’affaires. Quand une concession est à vendre, elle est reprise par un autre concessionnaire, et plus rarement par un professionnel de l’automobile, un ancien directeur ou un chef de ventes. Au cours des cinq dernières années, je ne connais qu’une seule personne qui, sans venir de l’automobile, a repris une concession. Même lorsqu’une marque cherche à s’implanter, comme les asiatiques il y a quelques années, elle privilégie les acteurs existants. Pour leurs agences, les marques sont à la recherche de sang neuf. Les départs à la retraite seront nombreux dans les années qui viennent et les constructeurs tiennent à garder la capillarité de leur réseau sur l’ensemble du territoire. Mais, là aussi, elles favorisent la reprise par des professionnels de l’automobile.


Pourtant on voit se développer des réseaux de garagistes ou de marchands de véhicules d’occasion comme le réseau Distinxion… Le marché du véhicule d’occasion présente en effet quelques opportunités pour des investisseurs et des créateurs. On voit quelques créations d’affaires dans ce domaine. Techniquement, c’est moins compliqué que de gérer une concession, et on peut commencer petit, avec environ 300 000 euros. Il faut quand même quelques connaissances mécaniques pour bien vendre et acheter des véhicules.


Comment voyez-vous l’évolution de la distribution automobile ? Internet et l’arrivée du véhicule électrique changeront-ils la donne ? Plusieurs choses révolutionnent la distribution. La réglementation européenne d’abord, qui pourrait être modifiée d'ici 2013 même si, aujourd'hui, rien n'est sûr à ce sujet. Internet change aussi la manière de vendre des véhicules. Les clients qui entrent dans les concessions sont de mieux en mieux informés. Ils ont souvent fait le tour des offres sur le web et connaissent les meilleurs prix. On constate d’ailleurs que les acheteurs sont prêts à se déplacer plus loin qu’autrefois pour acheter un véhicule, si l’économie en vaut la chandelle. Dans ce contexte, la part des indépendants et des vendeurs multimarques devrait augmenter. Enfin, le véhicule électrique pourrait transformer ce métier. De la vente, on passera peut-être à la location longue durée. Le prix sera alors un loyer mensuel.

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