Organisation interne

S’intégrer localement : un engagement contraignant mais bénéfique

2010-07-29T15:01:00+02:00

29.07.2010, 


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Nécessaire et utile aux entrepreneurs sous enseigne, l’intégration locale reste pourtant souvent coûteuse et chronophage. De l’organisation dans son point de vente et un minimum de volonté sont les conditions sine qua non.


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Souvent chronophage, l'implication locale nécessite une bonne organisation dans son point de vente.

S’organiser pour pouvoir s’impliquer

Le temps

Sylvie Bonamicci, franchisée Jeff de Bruges à Marseille, est trésorière de l’association des commerçants de Mazargues depuis deux ans. Organisation de lotos, d’événements culturels locaux, de décorations de rue à Noël… L’union est très active. « En temps normal, je consacre une journée par semaine à l’association. Lorsqu’il y a une animation, cela peut me prendre deux ou trois jours d’affilée », précise Sylvie. Jusqu’à présent, son mari gérait le magasin avec elle. Désormais, elle est seule et a donc été contrainte d’arrêter.


De nécessaires relais

Qu’il s’agisse de s’intégrer au réseau ou dans sa ville, les entrepreneurs sous enseigne isolés auront des difficultés à s’extraire de leur magasin pour donner de leur temps. Géraud Spire, président de Spire Matériaux à Charleville-Mézières (Gedex), le reconnaît lui-même : « Mon implication locale nécessite que mon entourage s’adapte et compense mes absences. » Lorsqu’il n’est pas là, cinq à sept collaborateurs principaux gèrent ses six points de vente. « Mais je reste le seul à avoir le pouvoir de signature ! »


Une implication minimum est toujours possible

Selon le temps disponible et le nombre de salariés, le niveau d’intégration ne sera donc pas le même. Mais un minimum est toujours possible. « Un entrepreneur sous enseigne peut afficher la communication d’un événement local ou tout simplement modifier ses horaires d’ouverture pour y participer », précise Lionel Champey, directeur du pôle TPE Commerce à la CCI de Marseille Provence. « Ça ne demande pas de temps, simplement de s’adapter et une volonté de s’impliquer. »


Se motiver soi-même

La volonté reste la clé. « Bien sûr, l’implication locale prend du temps », explique Chantal Zimmer, présidente de la Fédération française de la franchise. « Mais s’ils veulent un centre-ville dynamique et donc des clients, les franchisés doivent se prendre en main et être motivés pour donner du temps pour l’intérêt général. »


Jean Leroyer, Super U de Nantes
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Jean Leroyer, patron du Super U de Nantes.

Un engagement qui peut être coûteux

Un budget supplémentaire

Subventions aux associations sportives ou culturelles, cotisations des unions commerciales, mise à disposition de lots pour des kermesses d’école… L’implication locale a un coût. Jean Leroyer, patron du Super U de Nantes, multiplie les engagements. Chaque année, il consacre en moyenne 45 000 euros à ces démarches, soit 0,15 % de son chiffre d’affaires.


Un retour sur investissement

Mais les sommes investies sont souvent plus modestes. Laurent Garcia dépense entre 1000 et 1500 euros par an et par point de vente dans ses actions de sponsoring local, soit environ 3000 à 4500 euros au total. « Pour moi, c’est un investissement, comme un budget communication supplémentaire », détaille ce franchisé Laforêt. « Il suffit qu’un vendeur vienne nous voir grâce à nos actions locales pour que ça rentabilise cinq à six ans de participation. »

 

Implication locale versus implication dans le réseau

Des entrepreneurs très sollicités

Les entrepreneurs sous enseigne ont la chance d’avoir une organisation verticale forte par le biais de leur réseau. Mais ils doivent aussi apprendre à développer une organisation horizontale. « Comme ils sont très sollicités par leur franchiseur ou leur groupement, nous passons au second plan », affirme Hervé Lemainque, président du groupement des artisans, commerçants et industriels de Colombes et créateur de la journée nationale du commerce de proximité et de centre ville. « Mais ils ont tort car le commerce de proximité n’existe que si tous ses acteurs s’impliquent. »


Ne pas oublier le réseau local

L’enseigne permet de disposer d’une notoriété nationale mais l’implication locale est fondamentale, car comme l’explique Lionel Champey, « la relation client se fait avant tout au niveau de sa ville, et non au niveau national ». Ancienne commerçante isolée, Florence Peros est aujourd’hui franchisée Yves Thiries à Istres et Aix-en-Provence. Mais sa philosophie demeure la même : « Je reste commerçante avant tout. Certes, je représente un nom. Mais ce n’est pas parce que je suis franchisée que je ne m’implique plus ou que je reste dans mon coin. »


 

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