Interview

Regards croisés sur l’implication locale des entrepreneurs en réseau

2010-07-29T15:16:00+02:00

29.07.2010, 


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Clients, commerçants isolés et parfois pouvoirs publics ont une mauvaise opinion des franchisés et commerçants associés, accusés de ne pas vouloir s’intégrer au niveau local. Interview croisée d’experts.

Interview croisée de Lionel Champey, directeur du pôle TPE Commerce à la CCI de Marseille Provence, Chantal Zimmer, présidente de la Fédération française de la franchise et Hervé Lemainque, président du groupement des artisans, commerçants et industriels de Colombes et créateur de la journée nationale du commerce de proximité et de centre-ville.

Chantal Zimmer, déléguée générale de la FFF
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Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise.

Pour quelles raisons les entrepreneurs en réseau véhiculent-ils l'image de commerçants qui ne s'impliquent pas localement ?


Lionel Champey
: Le grand public, qu'il s'agisse des clients mais aussi des collectivités locales, ne fait aucune distinction entre un commerçant franchisé, un indépendant qui travaille dans le cadre d'un groupement et un salarié d'un réseau type succursale. Pour le grand public, les commerçants sont soit totalement indépendants, soit membres d'une enseigne. C'est méconnaître les différents statuts de ces commerçants et leur mode de décision.

Chantal Zimmer : Les critiques faites à la franchise ne sont pas légitimes. Il y a une confusion entre franchise et succursalisme. Les gens croient à tort qu'un franchisé fonctionne comme un directeur de magasin salarié. Ils s'imaginent qu'il n'est installé dans leur ville que pour trois ans et qu'il prend tous ses ordres de Paris. Or, le franchisé est avant tout un entrepreneur indépendant, libre de ses décisions et investi dans sa ville. Ainsi, d'après l'enquête CSA-Banque Populaire-Fédération française de la franchise de 2009, 40 % des franchisés s'impliquent au niveau local. C'est même un taux supérieur à celui des magasins isolés.


Hervé Lemainque, Colombes
Crédits photo : Droits réservés
Hervé Lemainque, président du groupement des artisans, commerçants et industriels de Colombes et créateur de la journée nationale du commerce de proximité et de centre ville.

Les entrepreneurs en réseau ont-ils une part de responsabilité ?

 

Hervé Lemainque : Quand nous rencontrons des entrepreneurs en réseau pour leur proposer de participer à une action ponctuelle ou à notre journée nationale du commerce de proximité et du centre ville, il arrive que certains nous répondent « Mon franchiseur ne m'autorise pas à participer à des événements locaux », d'autres nous demandent parfois de contacter leur franchiseur. Or, ce dernier renvoie toujours vers le franchisé, qui est libre de ses décisions.


Comment les entrepreneurs en réseau peuvent-ils changer cette image ?

 

Chantal Zimmer : En faisant connaître leur position d'indépendants libres de leurs décisions. Un franchisé qui ne souhaite pas participer à une action ou un événement local, parce qu'il n'y croit pas, doit le dire franchement et non se cacher derrière : « mon franchiseur m'interdit de le faire. »

Lionel Champey : Un commerçant franchisé ou associé est un chef d'entreprise. A ce titre, il a un pouvoir de sélection sur les investissements qu'il réalise. S'il ne souhaite pas s'impliquer dans une action locale, il doit expliquer pourquoi il estime qu'il n'y aura pas un retour sur investissement tout en faisant sentir sa volonté de s'impliquer. A long terme, tact et vérité valent mieux que fausse excuse.

 

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