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Commerce en réseau : les différentes formes d’implication locale

2010-07-29T14:56:00+02:00

29.07.2010, 


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Sponsoring, participation aux associations de commerçants ou aux instances de sa ville, de son département, de sa région, les implications locales sont variées et permettent à chaque entrepreneur sous enseigne de participer à son rythme à la vie de la cité.


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S’intégrer localement est une stratégie de long terme qui permet d’être connu et reconnu par les pouvoirs publics et par les clients.

Un commerçant avant tout

Impliqué, par définition

Quel que soit son statut, l’entrepreneur sous enseigne est un commerçant avant tout. Or, « l’implication locale fait partie intrinsèque du métier de commerçant. Elle permet d’être connu et reconnu par tous et augmente la notoriété », lance Lionel Champey, directeur du pôle TPE Commerce à la CCI de Marseille Provence. Et Chantal Zimmer, présidente de la Fédération française de la franchise, d’ajouter : « Le franchisé est un commerçant, là pour réaliser du chiffre d’affaires. Pour ce faire, il doit participer à la vie de son centre-ville. »


Les risques

Mais quels risques de ne pas s’intégrer à la vie de la cité ? « Passer à côté de l’évolution de son quartier, de sa ville, de son département », répond tout d’abord Guy Leclerc, président de la Fédération des enseignes du commerce associé. Le risque, c’est aussi une détérioration de la relation avec les pouvoirs publics. Pas facile en effet d’obtenir de l’aide pour un commerçant qui aura toujours répondu non aux sollicitations. « Surtout, le produit ne suffit pas à faire la différence », précise Lionel Champey. « S’impliquer permet de connaître ses clients, leurs habitudes, leurs besoins… Or, c’est la personnalisation de la relation avec les clients qui les fait revenir. »


Les niveaux d’intégration

 La règle d’or

La nécessité de s’impliquer localement ne doit pourtant pas faire oublier la règle d’or : « oui à l’implication quelle que soit sa forme, en prenant garde à ne pas nuire à l’entreprise », affirme Guy Leclerc. Le point de vente reste l’enjeu numéro un. Les entrepreneurs sous enseigne doivent donc choisir leur niveau d’implication en fonction de leur situation personnelle : temps disponible, possibilité de s’absenter…


Laurent Garcia, franchisé Laforêt
Crédits photo : Droits réservés
Laurent Garcia, franchisé Laforêt.

Financement et appui matériel

C’est certainement la participation la moins chronophage que celle choisie par Laurent Garcia, franchisé Laforêt. Fêtes de quartier, associations sportives, Rotary club, manifestations culturelles, ce patron de trois agences dans le Tarn-et-Garonne, bien qu’enfant du pays, multiplie les subventions et renforce ainsi le concept de proximité de son métier et de son réseau. Outre le financement direct, certains, comme Jean Leroyer, assurent un appui matériel. « Chaque année par exemple, je mets à disposition mon parking de 300 places pour la brocante de l’association de commerçants et artisans du boulevard d’Albi, dont je suis adhérent », explique le patron du Super U de Nantes.


Participation aux associations et instances représentatives

De la participation à l’union commerciale locale, jusqu’à l’implication au sein de la Chambre de commerce et d’industrie ou même la politique pour certains entrepreneurs devenus maire ou député, les possibilités sont nombreuses mais nécessitent du temps. Géraud Spire, président de Spire Matériaux à Charleville-Mézières (Gedex), a toujours participé aux instances de sa ville et de son département (unions commerciales, tribunal de commerce…). Depuis 2004, il est même président de la CCI des Ardennes. « Mes journées commencent tôt et finissent tard mais j’estime qu’il y a tant à développer et à faire bouger, que les chefs d’entreprises ont leur rôle à jouer. »

Bruno Fermier, consultant
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Bruno Fermier, fondateur d'un cabinet de conseil en conduite de réseaux d'indépendants.

Grande ville versus petite ville

Le degré d’intégration varie également en fonction de la taille de la ville. Bruno Fermier, qui dirige le cabinet de conseil en conduite de réseaux d'indépendants, Bruno Fermier consulting, constate qu’il est généralement plus difficile de s’implanter dans les plus grandes villes. « La concurrence entre les différents commerces est accrue, donc le droit d’entrée pour subventionner telle ou telle action est plus important. » Dans les communes de taille importante, il est donc préférable, au moins dans un premier temps, de viser une intégration au niveau de son quartier plutôt qu’au niveau de la ville entière.


Ce que les entrepreneurs sous enseigne en retirent

 Etre connu et reconnu

S’intégrer localement est une stratégie de long terme qui permet d’être connu et reconnu par les pouvoirs publics et par les clients. Côté pouvoirs publics, développer un carnet d’adresses permet de savoir où et à qui s’adresser en cas de projet de développement ou de difficulté. Un gain de temps ! Surtout, les démarches ne seront pas forcément facilitées, mais le renvoi d’ascenseur a ici tout son sens. Côté clients, là encore, l’impact est positif, même s’il n’est pas toujours immédiat. En participant à certaines actions du Rotary Club, Laurent Garcia rencontre régulièrement des personnes ayant du patrimoine immobilier. Un atout non négligeable pour lui qui fait aussi de la gestion locative au sein de ses trois agences !


Guy Leclerc, président de la FCA
Crédits photo : Droits Réservés, FCA
Guy Leclerc, président de la Fédération des enseignes du Commerce Associé.

Anticiper

Tisser sa toile localement donne accès à de nombreuses informations. En participant au conseil municipal de sa ville ou à des tables rondes organisées par la CCI, les entrepreneurs sous enseigne auront connaissance de l’activité de leur ville, de leur département et de leur région. « Or, si on sait par exemple que la natalité augmente, on peut prévoir des agrandissements », conclut Guy Leclerc.


Rompre avec l’isolement du chef d’entreprise

Sylvie Bonamicci, franchisée Jeff de Bruges à Marseille, l’avoue simplement : « Nous sommes toute la journée dans notre point de vente. A part le magasin à côté du nôtre, nous ne connaissions personne. Discuter au sein d’une association de commerçants avec d’autres, de ce dont ils ont envie, de ce qu’ils aimeraient voir changer dans le village est un plaisir. » Et Géraud Spire de conclure : « Ça m’apporte la satisfaction de confronter mes idées et de m’occuper d’autre chose que de mon seul intérêt privé. »


 

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