Témoignage franchiseur

P. Royer (TheraCh’i) : « La participation financière du franchiseur est un atout auprès des banques »

2011-03-02T17:06:00+02:00

02.03.2011, 


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Réseau low cost de centres de bien-être lancé en 2009, TheraCh’i pratique la franchise participative pour aider les jeunes candidats à démarrer leur affaire. Témoignage de Pascal Royer, fondateur de l’enseigne.


Crédits photo : Droits Réservés
Pascal Royer, fondateur de TheraCh’i.

Vous pratiquez la franchise participative. Pouvez-vous expliquer les raisons qui vous ont poussé à faire ce choix ?
C’est un peu le hasard. Fin décembre 2009, un jeune homme de 29 ans est venu me voir pour m’expliquer qu’il voulait devenir franchisé TheraCh’i. Le concept lui plaisait et il avait en tête de lancer un centre de bien-être accessible à tous depuis qu’il en avait fait son sujet de thèse. Mais il n’en avait pas les moyens financiers, car il travaillait à l’époque dans un centre de thalassothérapie et avait peu d’apports personnels. J’ai décidé de l’aider et de lui mettre le pied à l’étrier en rentrant dans le capital de sa société et en lui louant le matériel. Il a ainsi pu ouvrir son centre à Nantes en septembre 2010.


Pour vous, la franchise participative n’est donc pas une stratégie, mais plutôt une motivation personnelle ?
C’est vrai. Il y a 20 ans, quand je suis entré sur le marché du travail, on m’a donné ma chance. En une semaine, j’ai été embauché chez Auchan avec mon seul diplôme de l’IFG (Institut français de gestion) et rapidement, j’ai pris des responsabilités. Aujourd’hui, je pense que les jeunes ont beaucoup moins d’opportunités et qu’il est plus difficile de gravir les échelons. Ils sont pourtant tout aussi compétents. Avec la franchise participative, j’ai l’impression de rembourser la dette de ma génération et de donner leur chance à des jeunes. Je vois cette formule comme un ascenseur social. Elle n’est d’ailleurs pas systématique au sein du réseau et pratiquée uniquement au cas par cas. Sur les huit centres actuellement en activité, seuls deux sont en franchise participative.


Quelles sont les modalités des prises de participation dans le capital de vos franchisés ?
Je reste toujours minoritaire en entrant à hauteur de 25 à 40 % selon les cas, avec l’objectif de sortir au bout de trois ans afin que le franchisé repasse ensuite dans un système de franchise classique. C’est moi qui achète le matériel et qui ensuite le loue au franchisé, à raison d’un loyer de 800 euros par mois. Au final, le franchisé s’acquitte juste du droit d'entrée de 10 000 euros, de la location du matériel et de la redevance forfaitaire mensuelle de 400 euros. Le contrat de franchise est identique à n’importe quel autre partenaire, mais un pacte d’actionnaires est inclus. Il précise les modalités de sortie et de rachat des parts.


La franchise participative est souvent critiquée. Vous sentez-vous concerné ?
Absolument pas ! Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à ce que des enseignes de la grande distribution ou de la restauration rapide, qui investissent sur des emplacements N°1, sécurisent leur réseau. Si en plus, cela permet à des candidats de se lancer, je ne vois pas où est le problème. Tout le monde n’a pas 30 000 ou 50 000 euros dans sa poche. En plus, la participation financière du franchiseur est un atout non négligeable auprès des banques. Le franchisé de Nantes a pu le constater, puisque le Crédit Agricole a immédiatement accepté d’apporter les financements nécessaires au projet.


Ne craignez-vous pas de perdre de l’argent ?
Je prends bien évidemment un risque financier et c’est aussi pour cela que mes prises de participation restent minoritaires. Je n’irai jamais au-delà de 40 %. Mais je vois aussi cette formule comme un investissement pour l’avenir, car il permet de développer mon réseau.

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