Enjeux

La franchise participative, système avantageux pour les franchiseurs

2011-03-02T16:25:00+02:00

02.03.2011, 


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Si certains franchiseurs voient dans la franchise participative un moyen ponctuel d’aider leurs franchisés peu fortunés, d’autres l’utilisent comme stratégie pour pérenniser leur réseau.

Franchise participative
Crédits photo : Shutterstock

Certains réseaux pratiquent la franchise participative de façon systématique.

Monceau Fleurs, Buffalo Grill, El Rancho, Carrefour, Casino, Wall Street Institute… Ces enseignes ont un point commun : elles pratiquent la franchise participative. Cette formule qui consiste à entrer dans le capital des franchisés présente de nombreux avantages pour les franchiseurs. « C’est un moyen de retenir les bons candidats qui n’ont pas suffisamment d’apports financiers au démarrage. Nous préférons les aider plutôt que de les voir partir à la concurrence », explique Alain Nicolas, directeur du développement d’El Rancho. L’enseigne (26 restaurants) pratique cependant la franchise participative avec parcimonie et ne l’a utilisée que deux fois. « Nous n’envisageons pas cette formule comme une stratégie mais plutôt comme un coup de pouce ponctuel. »


Pérenniser le réseau

Si le cas reste exceptionnel chez El Rancho, certains réseaux pratiquent la franchise participative de façon systématique. « Dans la distribution alimentaire, elle se rencontre dans toutes les enseignes. C’est une manière pour la tête de réseau de garder le contrôle sur les franchisés », constate Monique Ben Soussen, avocate. En étant associés, les franchiseurs ont en effet un droit de regard concernant la vie de la société : ils participent aux grandes orientations et peuvent dans certains cas s’opposer à certaines décisions, comme la revente d’un point de vente, car ils possèdent une minorité de blocage. Nombre de franchiseurs voient également dans la franchise participative un moyen de pérenniser le réseau en se réservant les meilleurs emplacements. Le groupe Monceau Fleurs (Happy, Rapid’Flore, Monceau Fleurs) a ainsi décidé d’entrer au capital de certains magasins particulièrement bien placés. « Nous avons 20 franchisés dans ce cas. L’opération n’est pas systématique mais réservée aux emplacements stratégiques. Notre objectif est de les pérenniser en nous assurant qu’ils resteront dans notre giron, même après la fin du contrat », affirme Dominique Munier, directeur général du groupe Monceau Fleurs.
Chez Wall Street Institute, la démarche est quasi similaire. Le groupe s’est lancé dans une stratégie de développement et prévoit d’ouvrir une centaine d’écoles de taille plus petite dans les villes de 100 000 à 200 000 habitants. « L’activité en termes de chiffre d’affaires sera moins prospère que nos centres actuels. Pour rassurer et convaincre les franchisés, nous avons décidé d’investir systématiquement à leurs côtés en entrant à hauteur de 20 % dans le capital de leur société. Le but est clairement de signifier aux franchisés que nous croyons en leur projet et que nous sommes prêts à partager le risque. A la fin du contrat, nous leur garantissons de racheter le point de vente. Nous sommes ainsi sûrs de garder les emplacements », explique Natanaël Wright, président de Wall Street Institute France.


Prise de risques calculée

Si la franchise participative présente de nombreux avantages pour les franchiseurs, elle n’en demeure pas moins risquée. Même si la formule n’a rien d’illégal, un contrôle trop important de la part du franchiseur peut dénaturer la relation avec le franchisé et remettre en question leur contrat. Pour éviter les litiges, il est donc nécessaire de bien border les contrats et d’établir un pacte d’actionnaires qui prévoit les conditions de rachat des parts par les franchisés, les obligations et droits de chacun. Tout doit être clair dès le départ afin que les franchisés sachent à quoi s’en tenir. Chez Monceau, le contrat, sans équivoque, prévoit que le groupe sera prioritaire pour racheter les parts du franchisé lorsque celui-ci souhaitera revendre. Chez El Rancho, une promesse de vente est attenante au contrat avec la volonté de racheter les parts au franchisé le plus tôt possible. Selon les stratégies mises en place par les réseaux, les choix sont très différents mais il est impératif que tout soit notifié noir sur blanc. Enfin, en prenant une participation financière dans le capital de leurs franchisés, les franchiseurs prennent également des risques financiers. Rien, après tout, ne leur assure que leur partenaire sera solvable et qu’ils s’y retrouveront. Il est donc conseillé de limiter les prises de participation et de ne pas dépasser les 40 %.

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