Immobilier

Julien Giry et Charlie Dupont, franchisés Era Immobilier à 22 et 26 ans

2014-08-29T06:00:00+02:00

29.08.2014, 


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A l’âge où certains s’interrogent encore sur leur orientation professionnelle, Charlie Dupont et Julien Giry entameront bientôt leur 3ème année en tant que directeurs d’agence au sein du réseau de franchise Era Immobilier. Malgré des résultats parmi les meilleurs du réseau, les deux associés reviennent sur leur parcours d’entrepreneurs marqué par des difficultés, des challenges et autres prises de risques.

Julien et Charlie, franchisés ERA Immobilier dans
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Julien et Charlie, franchisés ERA Immobilier dans l'Essonne.

Tous les chemins mènent à… l’immobilier

La fibre commerciale s’est révélée assez tôt chez Julien Giry. Après un Bac général, le jeune homme obtient un DUT technique de commercialisation avant de s’inscrire en licence 3 d’immobilier en alternance. Parallèlement à ses études, il crée une boite spécialisée dans l’événementiel puis une start-up de vente en ligne de pièce détachées pour automobiles, qu’il revend avant de travailler 2 ans au sein d’une agence immobilière. « Je n’avais pas d’idée arrêtée sur ce que j’allais faire. J’ai choisi l’immobilier parce que c’est ce qu’il y a de plus rentable », raconte-t-il.

Le parcours de Charlie Dupont, son associé, est tout autre. Celui qui déclare « avoir tout juste réussi à décrocher le bac » enchaine les petits rôles de figuration dans des films et séries depuis l’âge de 13 ans. D’abord désireux de suivre un BTS audiovisuel à l’INA (Institut national de l’audiovisuel), il finit par arrêter ses études pour travailler dans la musique auprès d’artistes de variété, une activité à laquelle il doit renoncer en faveur d’un emploi stable. « Mes parents sont tout deux handicapés, je devais donc quitter la maison et m’assumer », explique-t-il. Le jeune homme travaille dans les techniques audiovisuelles pour une société parisienne avant de se retrouver au chômage pendant 6 mois. Charlie décide alors de se reconvertir dans le dessin. Après deux mois passés aux Etats-Unis dans l’optique d’intégrer une école d’architecte américaine, il est finalement contacté par Pôle Emploi pour un poste dans une nouvelle agence immobilière : « Je n’avais pas spécialement prévu de m’orienter dans cette voie », confie le chef d’entreprise qui explique avoir candidaté dans tous les secteurs : « Je ne refusais rien et étais passé de la vente de surgelés chez Auchan à celle d’ordinateurs. » Pour décrocher le poste, le jeune homme n’hésite pas à miser sur le bluff : « J’ai menti un peu durant l’entretien d’embauche en prétendant avoir quelques notions dans le domaine alors que je n’y connaissais strictement rien. Quinze jours plus tard, je faisais ma première vente et me découvrais une vocation. J’y suis resté jusqu’à mes 21 ans. »


Une envie commune d’entreprendre

C’est cette entreprise que rejoint Julien Giry après ses études en alternance. Il y rencontre celui qui deviendra son associé. Malgré des parcours distincts, les deux hommes ont en commun d’être arrivés à l’immobilier de manière assez aléatoire et d’entretenir une envie marquée d’entreprendre. Tout comme Julien, Charlie a monté une société avec son beau-frère, spécialisée dans la construction et la rénovation.

L’idée d’ouvrir une agence immobilière nait en juillet 2011, à la faveur d’un conflit avec leur employeur : « A ce moment on s’est dit : pourquoi ne pas ouvrir une agence immobilière à notre compte ?», restitue Charlie. Disposant des fonds nécessaires, les deux agents immobiliers décident de se lancer. Les choses s’enchainent ensuite rapidement pour les deux porteurs de projet. Ils démissionnent en décembre et janvier de la même année et ouvrent leur société le 2 février suivant avec Era Immobilier. L’agence est ensuite ouverte au public le 2 avril 2012. « En tout juste un an, notre unité est devenue l’une des meilleures du réseau en France alors que nous étions les plus jeunes entrepreneurs de l’enseigne », se félicite Charlie Dupont.

Avant de connaitre ce succès, les deux associés ont d’abord dû effectuer les différentes démarches juridiques et financières propres à l’entreprenariat. « Nous avons initié les demandes de financement dès le mois de décembre 2011, juste après ma démission, poursuit Charlie Dupont. Mais pour un prêt de 100 000 euros, la banque, méfiante, exigeait un apport de 80 000 euros ! On a essuyé trois refus alors qu’on avait presque la moitié de la somme. » Une situation qui, selon lui, s’explique par 3 facteurs : leur jeune âge, le contexte de la crise immobilière, ainsi qu’une politique de quotas annuels de financements dans certaines banques pénalisant les entrepreneurs se présentant une fois les objectifs de ces dernières atteints. Finalement, leur expérience de négociateurs finit par convaincre les établissements financiers.

Un entourage sceptique

Si les deux vingtenaires sont enthousiastes, ce n’est pas le cas de leur entourage.  « Personne ne croyait en notre projet, témoigne Julien. Tous nous disaient que c’était une mauvaise idée, qu’on misait gros pour ne peut-être rien gagner à la clef. »

La formule de la franchise rassure pourtant les deux entrepreneurs. « On ne concevait pas de se lancer en indépendants et de se retrouver seuls face la concurrence, raconte Julien. Nous avons été accompagnés et avons reçu une formation juridique, composante que nous ne maitrisions pas du tout. Charlie et moi voulions aussi ouvrir une grande agence. Aujourd’hui, c’est chose faite. » Les deux chefs d’entreprise sont à la tête d’une unité de 170 m² située à Evry (91) dans l’Essonne.


La franchise, un investissement rentable

Le choix d’Era Immobilier se fait naturellement, expliquent les franchisés, familiers du concept et trouvant l’enseigne « jeune et dynamique ». Par ailleurs, leur jeune âge, Julien et Charlie le considèrent comme un avantage. « On n’a pas encore de famille ni de charges fixes en dehors de nos appartements respectifs. On peut donc se permettre de prendre plus de risques », confient-ils. « Nous sommes des jeunes avec des problèmes d’adultes », ironisent-ils.

Pour autant, les deux associés l’admettent, la franchise a un coût, notamment en termes de redevances, de royalties et de droits d’entrée. Un investissement qu’ils estiment rentable. « Si j’ai une question juridique par exemple, poursuit Julien, il me suffit de passer un coup de fil pour obtenir une réponse. Il y a aussi des soirées et des conventions réunissant tous les membres du réseau. On recrute par ailleurs plus aisément avec une notoriété installée et les gens poussent plus facilement la porte de votre agence. » Les jeunes franchisés apprécient également le stage d’intégration par le biais duquel ils ont appris à maitriser les ficelles du métier de chef d’entreprise, faire un prévisionnel, manager une équipe, obtenir des résultats rapidement, et eu une vision d’ensemble du terrain. « Oui tout cela a un prix, concluent-t-ils, mais nous sommes convaincus que si on enlevait la plus-value apportée par la franchise, on perdrait 40 % de notre chiffre d’affaires. »

Les deux premières années, un casse-tête financier

« Lorsque l’on a ouvert notre enseigne, il y avait déjà 30 agences immobilières bien installées dans la ville. Tout le monde nous avait dans le viseur », rapporte Julien Giry. Ce à quoi s’ajoute l’apprentissage au quotidien de la gestion comptable. Au bout de 6 mois, les deux franchisés constatent des décalages de trésorerie en accord avec leur prévisionnel : « Les deux premières années sont vraiment difficiles. On était très serrés financièrement », se souvient Charlie. La difficulté principale pour les deux jeunes hommes : l’anticipation des dépenses en amont. « On s’engueulait pour des choix de couleurs, s’amuse Julien Giry. Il fallait faire des économies sur tout. On prenait parfois la voiture pour ne pas avoir à dépenser les 300 euros de livraison et on a compté l’ensemble des boîtes aux lettres de la ville pour ne pas faire une seule impression en trop », ajoute-t-il. Une rigueur et un travail acharné donc, qui permettent aux deux directeurs d’agence d’enregistrer 60 mandats en deux mois.

Cependant, pendant plus d’un an, les associés vivent exclusivement des allocations chômage et ne peuvent se verser de salaire. « C’est dur de devoir payer tout le monde et de ne pas même pouvoir toucher 100 euros alors que l’on endosse une charge de travail énorme », confesse Charlie. Au bout de la 2ème année, les deux agents immobiliers commencent à se payer, même si leur rémunération reste inférieure à celle qu’ils touchaient en tant que négociateurs. Une expérience qui modifie la manière dont ils perçoivent le patronat. « Cela nous a permis de changer d’idée sur la rémunération de certains patrons de PME, confie Julien. Avant de pouvoir parler bénéfices, il faut d’abord s’acquitter de tout un ensemble de charges, Urssaf etc. » Les deux franchisés ont débuté leur activité en employant 1, 2, puis 3 personnes et comptent désormais 14 salariés.


Etre son patron, un choix à assumer

Tous deux issus de familles modestes, les deux chefs d’entreprise soulignent le rôle essentiel que doit jouer l’entourage. Pour eux, l’encadrement s’est fait via la franchise car ils l’assurent : « A notre âge, il suffit d’être mal influencé pour que le projet se casse la figure. » Ils expliquent avoir été méticuleux et n’avoir rien laissé au hasard. Une épreuve tout aussi stratégique que mentale : « Il est compliqué de se dire que l’on ne peut pas s’amuser et enchainer les sacrifices », partage Charlie.


L’union comme une force

Les challenges, les deux associés disent les avoir relevés plus facilement à deux. « Seuls, on se serait plantés, poursuit Charlie. Il est important de pouvoir confronter ses idées. Si je n’avais pas eu les suggestions de Julien sur certains achats, j’aurais pris de mauvaises décisions. Il y a des idées pour lesquelles il était essentiel d’avoir un autre avis. » Etre deux permet également, selon les franchisés, de résister à la pression : « Il y a des requins tout autour qui guettent le moindre faux pas. Alors que les patrons ont en moyenne 40 ans, on s’est lancés à 22 et 26 ans et avons attiré les regards. La concurrence ne nous donnait pas 6 mois avant de fermer, ça va pourtant bientôt faire 3 ans », se réjouit Charlie.

Les associés visent encore plus haut et prévoient l’ouverture prochaine de deux nouvelles agences.

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