Catherine, franchisée Norauto

« Je suis parfois prise pour l’hôtesse d’accueil »

2014-03-07T06:01:00+02:0007.03.2014, 


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Catherine Delorme-Soler a longtemps cherché sa voie avant de s'engager dans le secteur automobile, un univers qu'elle ne connaissait pas. L'ancienne commerciale relève le défi. Aujourd'hui, tous les chiffres de son centre Norauto sont au vert.

Catherine Delorme, franchisée Norauto
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Catherine Delorme, franchisée Norauto.

A 50 ans, rien ne destinait Catherine Delorme-Soler à s’orienter dans le secteur automobile. Et pour cause ! Après avoir exercé des fonctions commerciales, été responsable de développement puis directrice régionale d’un groupe de résidence hôtelière, cette titulaire d’un Master II en commerce international décide de changer de carrière, et s’oriente dans … la restauration. Elle achète un restaurant dans le 6ème arrondissement de Lyon (69) qu’elle gère pendant trois ans.

Puis, lorsque son époux lui soumet l’idée de tenter une nouvelle expérience et de racheter une franchise Norauto, l’ancienne commerciale se lance dans l’aventure. Ouvrir un centre de réparation automobile ne l’impressionne pas : « Les secteurs typiquement masculins ne me font pas peur, j’ai presque toujours évolué dans des milieux comptant très peu de femmes. C’était d’abord l’occasion pour moi de sortir de la routine, et aussi de découvrir un autre univers. Je l’ai pris comme un défi à relever. »
Lorsque les Soler ouvrent leur centre Norauto en mars 2013 en Haute-Savoie (74), la nouvelle franchisée suscite quelque peu l’étonnement et fait l’objet de certaines railleries. Comme la plupart des femmes dans ce type de secteurs, elle se sent victime d’un manque de crédibilité, situation qui n’est pas nouvelle pour l’entrepreneuse : « J’ai occupé des postes à fortes responsabilités et ai souvent été confrontée aux préjugés qui pèsent sur nous dans ces milieux. Parce que je suis une femme, j’ai souvent le sentiment de devoir faire mes preuves pour être crédible vis-à-vis des clients, comme s’il fallait démontrer davantage qu’un homme que l’on mérite la place que l’on a. » Et la chef d’entreprise de poursuivre : « Je suis parfois prise pour l’hôtesse d’accueil, certains clients sont ironiques, rigolent ou préfèrent s’adresser à mon mari et mes collègues hommes plutôt qu’à moi. »

Des clients parfois sceptiques

Les réticences à son égard ne s’arrêtent pas là. La dirigeante confie qu’en raison de sa condition de femme, certains clients sont sceptiques quant à sa capacité à proposer des diagnostiques pertinents au sein de son centre Norauto : « Lorsqu’ils me demandent un détail technique, ils sont assez surpris de me voir leur répondre, ils semblent même parfois irrités qu’une femme soit en mesure de leur apporter la solution. » Catherine Delorme-Soler nuance son propos et explique que ce type d’attitude n’est pas spécifique au secteur automobile : « Quand j’étais directrice régionale, parce que ce type de poste est généralement aux mains des hommes, c’était pareil, j’étais prise pour la secrétaire », rapporte-t-elle.

 

La perspective d'une femme: une valeur ajoutée

Cependant pour la concessionnaire, être une femme dans l’automobile constitue en réalité une valeur ajoutée, car elle l’affirme, la perspective d’une femme, c’est précisément ce qui manque au milieu : « Quand j’ai intégré le réseau Norauto, je ne connaissais rien du secteur et du métier. J’ai beaucoup observé en essayant de comprendre les rouages de la profession à travers mes yeux de femme. Puisque 50 % de ma clientèle est féminine, je lui apporte une réponse ciblée, ce qui est très apprécié. Au départ, je savais à peine soulever un capot, je comprends parfaitement leurs interrogations et leur apporte un traitement adapté tout en les respectant en tant que clients, cela nous a permis de fidéliser cette clientèle. »

Après un an d’activité, les Soler ont réalisé une progression de 40 % par rapport à leur prédécesseur, une victoire pour l’ancienne commerciale qui embrasse pleinement ce nouveau virage professionnel et se dit très optimiste pour l’avenir.

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