Compte-rendu

Retours d’expérience de Franchise Expo Paris 2010

2010-03-25T10:49:00+02:00

25.03.2010, 


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Critères de sélection d’une enseigne, création ou reprise, master-franchise… Que vous soyez candidat, franchisé ou franchiseur, les conférences de Franchise Expo Paris 2010 ont apporté de nombreuses pistes de réflexion.

Franchise Expo Paris 2010
Crédits photo : DR
Franchise Expo Paris 2010 s'est tenu du 14 au 17 mars à Paris Expo, Porte de Versailles.

Futur franchisé : les questions à se poser

Quel type de franchisé êtes-vous ?

Si la franchise est prisée par de nombreux prétendants à la création d’entreprise, elle peut ne pas correspondre à tous les profils. Des qualités s’imposent. Pour Marie-Christine Bordes, responsable développement franchise pour la Croissanterie, le candidat doit « bien entendu avoir un profil commercial mais surtout, être conscient des sacrifices familiaux et financiers à venir ». Avant de se lancer dans cette aventure, il convient de se préparer psychologiquement au changement de vie.
Par ailleurs, les responsables de franchise insistent, à l’unisson, sur la nécessité d’appliquer le concept à la lettre et de ne pas faire selon sa volonté. Le modèle est éprouvé, si bien que « l’entrepreneur bénéficie de l’expérience de l’enseigne, explique René Prévost, directeur général de la franchise chez Speedy. Dans un cas comme le nôtre, cela représente 30 ans de réussites, mais aussi d’erreurs qui servent de leçons. »


Les clés pour choisir son enseigne

Qu’ils soient dans la fleur, le commerce alimentaire, les services ou l’immobilier, les candidats hésitent et établissent des critères de sélection avant de se lancer. Si l’originalité du concept prime dans un premier temps, d’autres facteurs entrent en compte. Bruno Grasset, franchisé chez Axeo Services, cherchait « une enseigne avec une forte notoriété et qui présentait une large couverture du territoire permettant d’établir des partenariats ». De son côté, Laurent Bezouard, multi-franchisé Rapid’flore, a donné la primauté au « suivi accordé par le réseau. J’ai fait attention à la présence du franchiseur avant l’ouverture. Mais aussi à son aide dans la recherche du local, le financement du dossier et la formation apportée. »
Pour Julie Prinet, 25 ans et franchisée Guy Hoquet L’Immobilier, la relation entre les deux partenaires est primordiale. Ancienne salariée du réseau, elle met en avant « la grande part de liberté laissée par l’enseigne. On ne se sent pas fliqué. Les éléments imposés constituent la clé de la réussite, alors autant les utiliser !»
Pour aller plus loin, voir la rubrique Choisir une enseigne


Créer ou reprendre une franchise ?

« Un créateur doit être capable d’enfoncer une porte bien fermée, tandis que le repreneur sait la maintenir ouverte », analyse Catherine Intartaglia qui a repris la franchise Mikit de son mari, après avoir été cadre dans une entreprise. Entre la création et la reprise, les avis sont partagés chez les franchisés. Pour Fernando Georges Mota, multi-franchisé Les Déménageurs bretons et déménagerseul.com, « la création permet de choisir son emplacement, son personnel et d’instaurer son propre mode de fonctionnement, ce qui est plus difficile lors d’une reprise ». Mais Catherine Intartaglia souligne « la notoriété déjà acquise, permettant de gagner en temps et en argent ». En effet, « la reprise est généralement plus chère qu’une création, mais elle est aussi moins risquée car il existe déjà un historique, notamment vis-à-vis des banques », rappelle Yves Portrat, responsable de la transmission en réseau au CRA (Cédants et repreneurs d’affaires). Créer ou reprendre dépend également des aptitudes de chacun. Comme l’affirme Bruno Grasset, franchisé Axeo Services, « en franchise, le plus important c’est de se connaître ».
Pour aller plus loin, voir la rubrique Cession/Reprise


Aide à la création : pensez à Pôle Emploi

Un tiers des créateurs d’entreprise sont des demandeurs d’emploi. D’où l’intérêt de proposer un service d’aide qui leur est spécialement dédié. David Goubet, spécialiste en création d’entreprise chez Pôle Emploi Ile-de-France, reconnaît que « le parcours n’est pas toujours simple ». Mais grâce à de bons conseils, les demandeurs d’emploi peuvent bénéficier d’un gain de temps et d’argent important. Selon le projet, il est possible, par exemple, de mettre en place différentes « formules », comme le maintien partiel des allocations chômage pendant la phase de démarrage de l’entreprise, ou de profiter d’un prêt à taux zéro allant jusqu’à 10 000 euros. Les TPE, quant à elles, peuvent obtenir une exonération de charges patronales pendant un an pour l’embauche d’un salarié au SMIC. Et pour ceux et celles qui souhaitent discuter de leur projet, il est proposé une demi-journée d’information afin de « clarifier les idées, d’évaluer les intérêts et les contraintes », ainsi qu’un rendez-vous personnalisé et un atelier pour organiser les démarches à effectuer.
Pour aller plus loin, voir le dossier « Comment créer sa franchise en étant chômeur »

Ecole de la Franchise, Franchise Expo
Crédits photo : Stéphane Laure
Franchise Expo Paris 2010 a accueilli 80 conférences, dont l'Ecole de la Franchise, animée par la FFF.

Franchiseur, mode d’emploi

Devenir franchiseur : les pré-requis

S’il n’est jamais trop tard pour développer son concept en franchise, attention à ne pas se précipiter. « Le chef d’entreprise doit valider les fondamentaux. A savoir : la mise à disposition de l’enseigne (marque et signes distinctifs) ; disposer d’une collection de produits et/ou de services ; avoir un savoir-faire ; être capable d’apporter une assistance », prévient Alain Cohen, avocat spécialisé. Pour le savoir-faire, il convient de ne pas tout dévoiler : « il faut faire une distinction entre ce que l’on va communiquer et ce que l’on va garder pour soi », nuance l’expert. L’assistance se révèle aussi fondatrice car « un franchiseur ne vend pas un concept mais une relation pérenne et des solutions ». Ces conseils valent également pour les franchisés, afin qu’ils évaluent le sérieux d’une enseigne.
Pour aller plus loin, voir le dossier « Comment devenir franchiseur : les étapes-clés d'un succès »


Pérenniser et internationaliser son réseau

Pour André Barreteau, fondateur de la Mie Câline, « un réseau connaît trois phases : la période pionnière, puis la vitesse de croisière, jusqu’à un risque de déclin. C’est à ce moment-là que nous avons ouvert notre capital, pour pouvoir continuer à nous développer. » Le choix des franchisés est également un facteur décisif pour la pérennité d’un réseau. « Nous les sélectionnons avant tout sur leurs valeurs et leur motivation, plus que sur leurs compétences, révèle Guy Hoquet, fondateur du réseau éponyme. Car nous cherchons des franchisés qui partagent notre déontologie. Nous déléguons d’ailleurs de nombreuses fonctions à notre association de franchisés, à travers des commissions sur le savoir-faire, les méthodes, etc. »
Une fois leurs bases établies, de nombreuses enseignes peuvent se lancer à l’étranger. « D’après notre enquête, 29 % des réseaux se développement à l’international et le chiffre est stable d’une année sur l’autre, rappelle Jean-Christophe Sozza, responsable du pôle franchise et commerce associé à la Banque Populaire. Cela fait partie du process normal de développement d’une enseigne qui a bien réussi en France. » Mais attention : « il s’agit d’une décision lourde de conséquences humaines et financières, rappelle Gilbert Bieri, directeur international de 5 à Sec. Chez nous, la procédure de sélection d’un master-franchisé prend 8 à 12 mois !»
Pour aller plus loin, voir le dossier « Franchises, groupements : comment se lancer à l’international »


Comment développer une master-franchise ?

« Avant de s’engager dans l’aventure d’une master-franchise, il est primordial de s’assurer que le concept est à un stade de maturité suffisant dans son cycle de vie », préconise Gilbert Mellinger, président du cabinet de consultants Epac International. Le franchiseur doit notamment bénéficier d’une position établie dans son pays d’origine, disposer de ressources humaines et financières dédiées au projet en question et avoir de bonnes connaissances en langues étrangères : « l’anglais est un minimum, mais il est rarement suffisant pour étendre une marque internationale », juge Gilbert Mellinger.
De son côté, le candidat à la master-franchise doit se renseigner sur la place de la franchise dans le pays visé, vérifier si le modèle économique de l’enseigne est réellement adapté à la culture locale, contrôler les aspects légaux (protection de la marque et contrats) et s’assurer de l’existence d’une animation internationale (suivi, conventions, etc.). Enfin, il faut se méfier des partenaires qui ne définissent aucune règle dans l’adaptation du concept, sur le principe du « tout est négociable » : cela dénote une absence de stratégie et un fort risque d’échec pour l’exportation de l’enseigne.


Lire aussi « Franchise Expo 2010 : touchée par la crise, la franchise réagit en s’appuyant sur ses fondamentaux »

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