Portrait d’une chef d’entreprise

La triple vie d’Anna : mère de famille, prof de math et franchisée

2011-09-09T15:05:00+02:00

09.09.2011, 


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Anna Bernardelli a fait le pari de la franchise Anacours pour conjuguer entrepreneuriat et enseignement. Après une première année difficile, elle développe son entreprise tout en parvenant à dégager du temps pour sa famille.


Crédits photo : DR
Anna Bernardelli

Le choix de l’indépendance 

Anna Bernardelli aurait voulu être enseignante. Elle est devenue acheteur dans l’industrie. « Après avoir décroché mon diplôme d’ingénieur en 1999, j’ai voulu passer mon CAPES (concours d’aptitude au professorat) mais j’ai tout de suite trouvé un poste en entreprise, raconte la jeune femme de 36 ans. Je l’ai accepté et, de fil en aiguille, je suis devenue acheteur chez un équipementier automobile. » Sans passion. Pour couronner le tout, l’entreprise bat de l’aile. Anna Bernardelli négocie son départ en 2009. Doit-elle chercher un nouveau poste en salariat ou se lancer à son compte ? Elle tranche rapidement : ce sera l’entrepreneuriat. « J’avais envie de vivre la création d’entreprise depuis longtemps pour être réellement autonome. Dans les grosses structures, la prise de décision nous échappe. »


Parcours d’obstacles 

Reste alors à déterminer un projet. Dans un premier temps, elle met à profit sa période d’inactivité pour donner des cours de math et de physique chez Anacours. Une expérience qui confirme sa vocation. « J’aime le relationnel avec les jeunes et la transmission de connaissances. » Signe du destin, l’enseigne cherche à recruter des franchisés. Sa décision est vite prise. Et pourtant, « c’est dur de se lancer, reconnaît-elle. Le risque est important. » Elle se heurte très vite à une difficulté qu’elle n’a pas imaginé : la frilosité des banquiers. « Je ne demandais pourtant qu’un crédit de 45 000 euros ! Mais j’ai deux enfants et je ne suis pas mariée…  » Pour les banquiers, le raisonnement est simple : si son conjoint la quitte, elle ne pourra pas honorer ses engagements. Elle doit alors se tourner vers Oseo. Puis vient le rendez-vous avec le bailleur pour la location de l’agence. « Il est toujours difficile, quand on est une femme, de convaincre son interlocuteur de la viabilité du projet », note Anna Bernardelli. Elle finit par lancer sa société en juin 2009.


Traversée du désert 

En septembre, elle ouvre son agence à Chatou (Yvelines) en fanfare : « J’ai eu immédiatement énormément de commandes ». Puis, l’activité s’effondre. Sans raison objective. « Je ne comprenais pas ce qui se passait. Je me disais que je m’étais fait une fausse joie. » La période est d’autant plus difficile qu’elle travaille seule dans son agence. « C’est une activité où les clients sont peu nombreux. Parfois, on ne reçoit qu’un appel dans la journée ! » Pas question de rater ce coup de fil. Un client représente à lui seul 1 000 à 2 000 euros. Alors elle assure la permanence de 9 heures à 19 heures et enchaîne parfois sur des cours. Et comme tout entrepreneur en période de lancement, elle ne gagne pas d’argent. Au détriment de sa vie privée ? « Mon conjoint me soutient. Nous avons fait un choix de couple en étant parfaitement conscients des risques financiers. » Et les enfants ? Elle en a deux, âgés de cinq et sept ans. Elle a mis sur pied une organisation bien huilée. Une nounou en garde partagée avec une autre famille pour la journée et un maximum de temps avec eux le soir. « Nous préparons le repas ensemble. Et je suis toujours présente pour le bain et le coucher. » Au final, elle se sent plus disponible pour sa famille. « Lorsque j’étais cadre, je voyageais beaucoup. C’était très contraignant », juge Anna Bernardelli. Alors qu’aujourd’hui, il ne lui faut qu’un quart d’heure pour se rendre au travail. « J’échappe aux bouchons, se réjouit-elle. Je peux même rentrer déjeuner chez moi, à la mi-journée. »


Montée en puissance 

Certes, la vie d’entrepreneur n’est pas dénuée de stress, loin de là. Mais pour elle, c’est une pression positive, motivante. Contrairement à sa vie de cadre où les changements d’orientation, l’incohérence de la direction lui généraient un stress négatif. « J’éprouve aujourd’hui beaucoup de plaisir dans mon travail, notamment lors des cours. » Les contacts avec les élèves, elle n’en manque pas. Après une première année atone, l’agence commence à acquérir une véritable notoriété à Chatou. Anna Bernardelli ne cache pas sa satisfaction : « La société monte… »

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