Marche à suivre

Femmes : entreprendre en franchise, mode d’emploi

2011-09-09T14:32:00+02:00

09.09.2011, 


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Dans la création d’entreprises, les porteuses de projets rencontrent plus d’obstacles que leurs homologues masculins. Petit guide pour surmonter les difficultés et savoir profiter des opportunités offertes par le statut de femme.


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Vous devez impérativement avoir des affinités avec le secteur et être suffisamment armée pour y faire votre place

Soyez opportuniste 

Etre une femme est indéniablement un atout dans de nombreux secteurs d’activité. Sans surprise, les enseignes de parfumerie, beauté, coiffure, fitness et dans une moindre mesure de prêt-à-porter, sont très favorables aux profils féminins. Certains réseaux, comme Guinot (esthétique) et Yves Rocher (cosmétiques) recherchent même exclusivement des candidates. Plus étonnant, des secteurs, considérés a priori comme masculins, peuvent se révéler d’excellents filons. En particulier l’entretien automobile… Pourquoi ? D’après un sondage BVA de 2008, 76 % des conductrices ont le sentiment d’être considérées comme nulles en mécaniques et 71 % comme faciles à arnaquer. Avoir face à elles une professionnelle les rassure. Même schéma pour les travaux dont les femmes sont prescriptrices. « C’est un atout sur certaines cibles, confirme Philippe Courtois, fondateur de l’enseigne de courtage La Maison des travaux. Au sein d’un couple, ce sont à 70% les femmes qui sont à l’initiative des travaux. » Le tapis rouge n’est cependant pas déroulé devant les candidates. « Nous sommes attentifs à la motivation et très sélectifs. Nous écartons certaines femmes qui se considèrent avant tout mères au foyer et qui ne cherchent qu’une activité complémentaire. Au final, elles ne seront jamais assez disponibles pour leur entreprise », souligne Philippe Courtois. Autre point de vigilance pour l’enseigne : l’aptitude à s’affirmer face aux artisans. « La candidate doit pouvoir rapidement intégrer les rudiments du bâtiment. » De même, pour être crédible, une franchisée en entretien automobile doit disposer des bases sur la mécanique. Bref, ne choisissez pas une enseigne par simple opportunisme. Vous devez impérativement avoir des affinités avec le secteur et être suffisamment armée pour y faire votre place.


Débarrassez-vous de vos complexes !

Voilà votre réseau choisi. Maintenant, votre premier ennemi, c’est probablement… vous-même. Les femmes sont généralement plus rétives à la prise de risques que les hommes. « Elles ont trop de pudeur, déplore Elise Moison, déléguée générale de Force Femmes. Elles manquent de confiance en elles. » Question de culture mais aussi de formation. Les cursus valorisant l’entrepreneuriat sont davantage suivis par les hommes que par les femmes. Or, un chef d’entreprise doit pouvoir jongler entre la gestion, la communication, le commercial, le management. Certes, vous pourrez compter sur des formations au sein de votre réseau. Mais elles sont diversement complètes, selon les enseignes. N’hésitez pas à acquérir un maximum de compétences avant de vous lancer.


Informez-vous 

Les modalités de création d’entreprise ne vous semblent pas claires? Plutôt que de vous noyer dans des sites internet plus ou moins fiables, rendez-vous dans les structures d’accompagnement : Action’elles, boutiques de gestion, Fédération Pionnières (incubateurs) ou encore Force Femmes (dédié aux plus de 45 ans). Vous trouverez aussi une aide efficace pour monter votre business plan, convaincre un interlocuteur, choisir des collaborateurs, etc. Les services proposés varient d’une association à l’autre. A vous de cibler celle qui vous convient le mieux. On estime qu’une créatrice accompagnée augmente ses chances de succès de 50 %. Vous pouvez aussi glaner des informations du côté des salons professionnels et des chambres de commerce et de l’industrie. A noter l’école Advancia à la CCIP qui propose une formation « femme et entrepreneuriat ».



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Maïté Debeuret, cofondatrice de la caravane des entrepreneurs

Décrochez un financement 

Seules 28 % des entrepreneures contractent un prêt. Un taux insuffisant selon Maïté Debeuret, co-fondatrice de La caravane des entrepreneurs : « Celles qui font d’emblée un petit projet pour ne pas prendre de risque financier n’iront pas loin », affirme-t-elle. En franchise, vous pourrez difficilement échapper à la case « banquiers » car les enseignes réclament généralement un droit d’entrée. Problème, les bailleurs de fonds jugent, en général, les femmes moins crédibles à cause d’interruptions de carrière engendrant une moindre expérience. La parade est de trouver un garant. Tournez-vous vers les organismes comme Oseo, France Initiative, ou les sociétés de caution mutuelle (SCM). Et en tant que porteuse de projet, vous avez également accès au Fonds de garantie pour la création, la reprise, le développement d’entreprise à l’initiative des femmes (FGIF). Il intervient sur des montants d’au moins 5 000 euros. La garantie maximale s’élève à 27 000 euros sur une durée comprise entre 2 et 5 ans.


« Réseautez »

Le grand jour est arrivé : vous avez lancé votre boîte… « Attention, met en garde Maïté Debeuret, les femmes travaillent seules et isolées. Parfois de chez elles. Il faut s’astreindre à aller sur le terrain dans les clubs et réseaux pour rencontrer d’autres entrepreneures ». Une perte de temps en début d’activité ? En aucun cas selon Eloïse Moison, déléguée générale de Force Femmes. « Les membre des réseaux sont souvent les premières clientes. Les clubs sont des lieux propices pour générer du bouche-à-oreille. » Pour développer votre relationnel, tournez-vous vers Arborus, Femmes chef d’entreprise France, Mompreneurs ou L’entreprise au féminin. A  ces réseaux nationaux s’ajoutent des clubs locaux comme, Business Women 69 (Lyon), Creactives (Yvelines) ou le Club Diane (Amiens).

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