Intégrer un groupement

Le commerce associé : être indépendant autant qu'interdépendant

2013-09-26T16:00:00+02:00

15.03.2010 mis à jour le 26.09.2013, 


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Contrairement à la franchise, un groupement du commerce associé n'est pas dirigé par une seule personne mais par l'ensemble des membres du réseau.

Le fonctionnement du groupement
Crédits photo : Shutterstock.com
Au sein d'un groupement, tous les chefs d'entreprise détiennent ensemble le capital de la tête de réseau et s'impliquent dans des décisions prises de manière collégiale.

Super U, Intersport, JouéClub, Julien d'Orcel, Krys, Selectour-Afat, Best Western, Orpi... Toutes ces enseignes nationales, fédérées en groupements, sont nées de la volonté d'entrepreneurs indépendants de mettre en commun leurs moyens et leur savoir-faire pour devenir plus compétitifs sur le marché. Elles ne sont pas dirigées par une seule personne (comme en franchise), mais par l'ensemble des membres du réseau. Ils sont tous propriétaires de leur point de vente et sont indépendants, aussi bien financièrement que juridiquement. Ces chefs d'entreprise détiennent ensemble le capital de la tête de réseau et s'impliquent dans des décisions prises de manière collégiale. Les associés sont maîtres de la stratégie commerciale et des éléments centralisés du réseau : achats, assortiments, communication, concepts architecturaux, etc.

Les 30 815 entrepreneurs du commerce associé réalisaient 138 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2012, ce qui représente près de 30 % du commerce de détail français. Alimentation, bricolage, jardinage, parfumerie, horlogerie, automobile, équipement de bureau, optique, pharmacie... La plupart des activités de commerce de détail et des services marchands sont représentés à travers 41 218 points de vente déployés sur le territoire français. Les groupements s'avèrent particulièrement pérennes : 83,2 % des entreprises adhérentes à un groupement sont encore en activité cinq ans après leur création ou reprise, soit un taux deux fois supérieur à la moyenne nationale des défaillances d'entreprises (source FCA).

Contrat à durée indéterminée

Les groupements obéissent à un mode de fonctionnement dont les purs investisseurs sont exclus. Pour devenir adhérent, la seule viabilité économique du projet ne suffit pas : l'entrepreneur doit non seulement démontrer sa capacité à gérer un point de vente, mais aussi manifester des qualités et valeurs humaines. En effet, ce modèle de gouvernance participative exige autonomie, implication et solidarité des associés.

Etape essentielle du parcours d'intégration, la formation permet d'enseigner au candidat le métier, les techniques et les méthodes de travail du groupement. Elle peut se dérouler sur le terrain ou dans une école de formation, durer plusieurs semaines ou plusieurs mois. Des sessions adaptées aux besoins de l'associé peuvent être mises en place en fonction de son parcours professionnel antérieur. Contrairement à la franchise, où le contrat doit être renouvelé à intervalles réguliers, la coopération entre l'adhérent et son groupement est à durée indéterminée. Certains réseaux choisissent donc de former les candidats dès que leur candidature est validée, avant même qu'ils ne soient associés. A ce stade, si l'enseigne considère qu'elle s'est trompée, elle peut encore stopper la procédure d'adhésion. Pour ces réseaux, la formation devient alors un ultime moyen de s'assurer en pratique que le candidat correspond à la culture du groupement.

Un homme = une voix

En adhérant à un groupement, chaque entrepreneur associé achète des parts sociales. Par la suite, il doit s'acquitter de cotisations mensuelles ou annuelles. A travers ces contributions forfaitaires ou proportionnelles à son chiffre d'affaires, l'entrepreneur participe aux charges d'exploitation du groupement : communication, informatique, gestion... En contrepartie, il reçoit des dividendes en tant qu'actionnaire. Une partie du bénéfice de l'enseigne peut aussi être utilisée pour financer des projets. Les groupements peuvent notamment aider des jeunes entrepreneurs ayant peu d'apport personnel à reprendre un magasin, à travers un parrainage ou une période de portage du point de vente. L'an dernier, la Socorec, société financière dont le capital est détenu par une quarantaine de groupements de commerçants, a financé 164 dossiers pour un montant moyen de 302 672 euros. L'entrepreneur « associé » dispose d'une grande autonomie dans la gestion et l'exploitation de son point de vente. Il peut également participer aux décisions de son groupement. Quelle que soit la taille de son affaire, sa participation au capital ou son ancienneté, chaque entrepreneur détient une voix qu'il peut faire valoir lors de l'assemblée générale, du conseil d'administration, voire des commissions ou des comités de pilotage. Une implication en général volontaire, qui peut prendre de quelques heures à quelques jours par semaine. Ce processus de décision démocratique est parfois long, mais les résolutions sont d'autant plus rapidement appliquées que les membres du groupement ont eux-mêmes participé à leur élaboration.


Mise en commun des idées

Engagé dans une relation à durée indéterminée, l'associé peut quitter le groupement à tout moment, en respectant un préavis qui dure en moyenne entre six mois et un an. Dans les rares cas de départ, l'entrepreneur a la possibilité de garder la clientèle attachée à son point de vente.

Les opportunités de reprise d'entreprise en groupement sont nombreuses : environ 800 points de vente chaque année. Face à cet enjeu stratégique, 9 groupements sur 10 interviennent dans le processus de transmission. Du montage du dossier (étude de marché, conseils juridiques ou fiscaux...) à l'accompagnement financier en passant par l'identification des repreneurs puis leur formation, les moyens mis en place restent variables.

Sur ce sujet : Transmission d’entreprises : les coopératives s’arment d’outils financiers

La mise en commun des idées, des expériences et du vécu de tous les entrepreneurs est probablement la clef de voûte de la réussite des groupements. Dans le commerce associé, on n'impose pas son point de vue, on explique et on démontre le bien-fondé de ses positions. Il faut convaincre sans contraindre. Pour choisir et réussir dans ce mode de création d'entreprise, il faut savoir être tout autant indépendant qu'interdépendant.

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