Témoignage d’ex-franchisé

J.-F. Brassier (Les Couleurs du Temps) : « Partir était une décision difficile car le franchiseur enjolivait son discours »

2012-05-22T15:39:00+02:00

22.05.2012, 


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Jean-François Brassier a quitté le réseau de loisirs créatifs Les Couleurs du Temps avant qu'il fasse faillite. Avec 15 autres franchisés, il a créé un groupement d'intérêt économique (GIE). Une démarche réussie mais qui reste marginale.

L’état de grâce

Pas de gestion de stock

Ancien commercial, Jean-François Brassier implante à Limoges (87) un magasin sous l’enseigne Les Couleurs du Temps en 2003. Ce qui le séduit : « le concept clé en main et l’approvisionnement géré à 95 % par notre centrale d’achats, connectée aux caisses des points de vente. » Résultat: des commandes automatiques et un réassort à l’unité, livré à J+2. Pas besoin donc de personnel dédié à la gestion des stocks.


Bons débuts

Dans les premières années, « le chiffre d’affaires était au rendez-vous. Le concept permettait à un néophyte comme moi de se former au fil de l’eau », se souvient-il. Mais en 2006, le réseau connaît ses premières tensions  dans l’approvisionnement. La centrale peine à payer ses fournisseurs. Le franchiseur impute alors la faute à certains franchisés, qui, en difficulté financière, ne versent plus leurs royalties. « D’après moi, le modèle même de réassort à l’unité était trop coûteux pour être pérenne »,  reconnaît le chef d’entreprise limougeot.


Le basculement

S’approvisionner seul

En 2008, incapable d’assurer l’approvisionnement de ses franchisés, le franchiseur les autorise à le faire par eux-mêmes. « Du jour au lendemain, il a fallu repenser toute l’organisation du point de vente. J’ai réaffecté une partie de mon personnel à la gestion des stocks. J’ai passé plus de temps dans mon magasin. Comme les difficultés de notre tête de réseau commençaient à être connues, les clients ont cessé d’avoir confiance en nous. Mon chiffre d’affaires a plongé de près de 20 % en deux ans. »


Le rachat

2009 : le réseau est racheté par une famille de la grande distribution qui, «  toujours incapable de nous approvisionner, était contrainte de faire évoluer notre contrat de franchise. Je m’y suis opposé. Le contrat devenait caduc. Par chance, j’ai pu quitter le réseau sans passer par le tribunal. »


Naissance du GIE

Au total, 15 franchisés suivent ce mouvement, unissent leurs forces et créent après deux ans de travail un groupement d’intérêt économique (GIE). « Ce type de structure ne peut pas faire de bénéfice. Tout est redistribué à égalité entre les différents magasins », détaille Jean-François Brassier. Aujourd’hui, ils évoluent sous l’enseigne «  Cooleurs ». Leur ancien franchiseur a lui été placé en liquidation judiciaire en juin 2010.

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