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Portrait-robot du formateur de réseau idéal

2010-08-02T12:03:00+02:00

02.08.2010, 


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Goût du partage, sens de l’écoute et énergie sont les principales qualités requises pour devenir formateur de réseau. Déconseillée aux jeunes diplômés, ce métier s’adresse généralement à des professionnels aguerris. 


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Goût du partage, sens de l’écoute et énergie sont les principales qualités requises pour devenir formateur de réseau.

Qualités humaines

L’amour des autres

« La clé de ce métier, c’est l’envie de partager et de transmettre », assure Fabrice Lazare, responsable des centres de formation Schmidt et Cuisinella. Le formateur est au service des autres. Il doit être capable de s’effacer totalement pour faire briller le franchisé. Denis Audureau, gérant de Batiforma, l’organisme qui assure la formation des courtiers en travaux de l’enseigne Illico Travaux, résume en quelques mots : « cette activité, basée sur la relation humaine, exige le don de soi ».


Une écoute permanente

« Il faut être constamment à l’écoute pour cibler les besoins et les lacunes de chacun. Et adapter son comportement en fonction des individus car certains avancent plus vite que d’autres », pointe Philippe Cocud, formateur de Mister Minit, le réseau de boutiques multiservice (cordonnerie, reproduction de clés, travaux d’imprimerie, gravure sur plaques…).


Pédagogue et diplomate

« Le formateur doit être pédagogue, diplomate et psychologue pour ne pas brusquer les stagiaires ou froisser les susceptibilités », estime Philippe Cocud. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille se laisser marcher sur les pieds. « Il faut savoir se faire respecter sans jouer les pères fouettards, ni les donneurs de leçon », explique Denis Audureau. Sans oublier la capacité à argumenter. Selon Denis Audureau, « le formateur doit avoir réponse à tout ! ».


De la patience

« Il faut être amoureux de son métier car on n’enseigne bien que ce que l’on aime profondément », affirme Robin Ramousset, fondateur de Cardinal Jardin, qui forme les futurs paysagistes designers ayant intégré son réseau. La patience est aussi une vertu essentielle car le formateur répète inlassablement les mêmes choses. « Mais comme on dit chez nous : répéter n’est pas recommencer », se plaît à rappeler Fabrice Lazare.


Christophe Flous, Texageres Consulting
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Christophe Flous, fondateur de Texageres Consulting, cabinet de conseil et de formation dédié aux chaînes de magasins.

Une vision terrain

« Le formateur doit avoir une vision terrain, savoir à quoi le franchisé va être confronté pour donner une dimension opérationnelle et pratique à sa formation », insiste Christophe Flous, fondateur de Texageres Consulting, un cabinet de conseil et de formation dédié aux chaînes de magasins.


De l’énergie à revendre

« C’est un métier crevant car on donne tout », admet Fabrice Lazare. Et Denis Audureau de confirmer : « après une journée devant 8 à 10 participants, on est vidé, on n’a plus d’énergie ». Mais au bout du processus, il y a une grande satisfaction. « Quand on voit les franchisés grandir et s’épanouir dans leur activité alors qu’au départ, ils n’y connaissaient rien, c’est une vraie récompense », avoue Denis Audureau.

Voie d’accès

Pas de jeunes diplômés

« Les formateurs de réseaux sont rarement de jeunes diplômés. C’est d’ailleurs mieux ainsi ! », déclare Emmanuelle Brémond, responsable formation de Adventi Franchise, une équipe pluridisciplinaire composée de consultants spécialisés dans le conseil et l’accompagnement des réseaux. Et d’argumenter : « on ne s’improvise pas formateur. C’est un vrai métier ». La plupart sont des professionnels aguerris qui connaissent la problématique réseaux (intégrés ou franchisés) et/ou disposent d’une expertise technique.


Des experts métier

Appelés à transmettre la technique métier aux franchisés, les formateurs sont généralement recrutés sur la base de leur expérience terrain dans le domaine concerné. A titre d’exemple, le jeune réseau Cardinal Jardin, spécialisé dans l’aménagement de jardins, recherche actuellement un expert au profil bien particulier pour former ses franchisés au métier de paysagiste designer lors de leur intégration. « Je souhaite recruter une personne exerçant comme formateur dans une école d’ingénieurs paysagistes ou une personne justifiant de 20 ans d’expérience minimum dans la réalisation de jardins comme chef d’entreprise ou cadre supérieur », explique Robin Ramousset, fondateur du réseau.


Parfois d’anciens franchisés

« Parfois, le formateur se trouve être un ancien franchisé du réseau, voire un franchisé encore en place », note Emmanuelle Brémond. Trois des formateurs intervenant dans les enseignes Schmidt et Cuisinella sont ainsi d’anciens responsables de magasin ou d’anciens concessionnaires et travaillent aujourd’hui à plein temps pour les deux marques, avec un statut de free-lance. Pour Emmanuelle Brémond, « le risque, avec un ancien franchisé, est de le voir s’enfermer dans sa propre expérience ». Or, un réseau évolue. « Mieux vaut recruter à ce poste une personne extérieure et la faire tourner quelque temps dans différents magasins de l’enseigne afin qu’elle s’imprègne du terrain », estime la consultante.

La formation des formateurs
Il existe des formations qualifiantes ou diplômantes dédiées au métier de formateur professionnel d’adultes, proposées par l’AFPA (association pour la formation professionnelle des adultes), le réseau des GRETA ou encore les services formation continue de certaines universités. Mais ces cursus ne suffisent pas pour devenir formateur d’un réseau. Il faut en plus être expert dans un domaine de spécialité.
 

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