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Formateur de réseau, un rôle clé

2010-08-02T11:42:00+02:00

02.08.2010, 


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Transmission du savoir-faire, adaptation à chaque franchisé, contrôle des acquis… De nombreuses missions sont prises en charge par le formateur de réseau. Sans compter les fonctions parallèles qu’il occupe bien souvent.

Un métier aux contours flous


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Le plus souvent, le formateur a la lourde tâche de transmettre le savoir-faire métier et le savoir-être propres à l’enseigne.

Des attributions variables

Difficile de définir clairement les contours du métier de formateur car ses attributions varient en fonction de son expertise, de son parcours professionnel et des réseaux. Comme il lui est quasiment impossible de maîtriser tous les aspects contribuant à la réussite d’un concept franchisé (savoir-faire métier, techniques de vente…), il réalise auprès des nouvelles recrues les modules de formation relevant de ses domaines de compétences. Les autres thèmes sont pris en charge par des intervenants internes ou externes au réseau.


Transmettre le savoir-faire

Le plus souvent, le formateur a la lourde tâche de transmettre le savoir-faire métier et le savoir-être propres à l’enseigne. « Du boulanger à l’ancien comptable, je dois permettre aux nouveaux franchisés d’acquérir rapidement la technique », explique Dominique Vichy, responsable de la formation chez Basic System, une enseigne spécialiste de la rénovation, de l’entretien et du nettoyage des sols, murs et plafonds. Michel Colleuil, le fondateur du réseau, forme les franchisés sur les parties marketing et commerciales. Tandis que le PDG Eric Bonnot les initie à la gestion.


Mettre en confiance

Conduire coûte que coûte les nouveaux franchisés à la réussite : c’est aussi ça le rôle du formateur. Pour y parvenir et les rendre autonomes, il va alterner cours théoriques et mises en situation professionnelle. « Reproduction de clés et de télécommandes domotiques, changement de piles sur une montre, travaux de cordonnerie… Les franchisés et les salariés apprennent les bases du métier dans notre centre de formation qui est équipé, comme nos boutiques, d’un atelier avec machines et d’un espace accueil pour les simulations de vente », détaille Philippe Cocud, formateur du réseau Mister Minit, leader du multiservice avec 230 boutiques. Une étape qui nécessite en permanence de rassurer et mettre en confiance les « apprentis ».


Evaluer les acquis

« Depuis la loi du 24 novembre 2009, à l’issue de la formation, le formateur est tenu de remettre à chaque stagiaire une attestation mentionnant les objectifs, la nature et la durée de l’action ainsi que les résultats de l’évaluation des acquis de la formation », souligne Emmanuelle Brémond, responsable formation de Adventi Franchise, une équipe pluridisciplinaire composée de consultants spécialisés dans le conseil et l’accompagnement des réseaux. Mais aucun texte ne précise avec quels outils ou selon quelle méthodologie les acquis doivent êtres mesurés. « Je vérifie que les connaissances ont été correctement assimilées à l’aide d’un quiz », précise Denis Audureau, gérant de Batiforma, l’organisme qui assure la formation des courtiers en travaux de l’enseigne Illico Travaux.


Adapter le programme

« Tout comme le manuel opérationnel sur lequel il est basé, le programme de formation initiale doit être régulièrement remis à jour », déclare Christophe Flous, fondateur de Texageres Consulting, un cabinet de conseil et de formation dédié aux chaînes de magasins. Objectif : s’adapter aux évolutions du concept et du profil des franchisés. « En 2010, au salon de la franchise, les cadres de grands groupes licenciés en raison de la crise étaient beaucoup plus nombreux que les années précédentes », constate Christophe Flous. « Le contenu de la formation doit donc en tenir en compte, poursuit-il. Face à une ancienne directrice commerciale, on va par exemple davantage insister sur ce qu’est un commerce et ce qui l’attend au quotidien. »

Denis Audureau, Batiforma
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Denis Audureau, gérant de Batiforma, organisme qui assure la formation des courtiers d'Illico Travaux.

Effectuer un contrôle qualité

Tout bon formateur se doit d’effectuer un contrôle qualité visant à vérifier la mise en pratique des acquis. « Je vais sur le terrain auditer les franchisés un an après leur intégration pour m’assurer que le savoir-faire est bien appliqué et identifier des points d’amélioration en terme de développement », explique Denis Audureau, gérant de Batiforma, l’organisme qui assure la formation des courtiers en travaux de l’enseigne Illico Travaux. « J’observe et j’écoute. Ce qui me permet ensuite de formuler des propositions au franchiseur pour affiner les pratiques de formation et rendre le métier plus accessibles aux novices », poursuit-il.


Développer les compétences

Afin d’entretenir et de développer les compétences des franchisés en place, le formateur doit également concevoir et organiser des actions de formation continue. « Cela suppose une veille prospective sur les besoins en matière de compétences nouvelles, laquelle dépend d’une bonne coordination entre les membres de la tête de réseau (animateurs, franchiseur…) pour faire remonter l’information du terrain », explique Emmanuelle Brémond. Chez Cardinal Jardin, une jeune enseigne qui fédère des paysagistes designers, la formation permanente est au cœur des préoccupations. « Nous serons bientôt en mesure de proposer à nos franchisés des formations tous les deux mois au minimum axées sur la technique ou la qualité de service », indique Robin Ramousset, le créateur du réseau.


Former les formateurs

Dans certains réseaux, il arrive qu’un formateur chevronné serve de « maître d’apprentissage » à un formateur débutant. C’est le cas, par exemple, chez Basic System, où Dominique Vichy, le responsable formation, s’occupe actuellement d’inculquer les ficelles du métier à une personne fraîchement recrutée : « il s’agit d’un ancien dentiste passionné par la rénovation. Son ancienne activité n’est pas très éloignée de la nôtre. Toutes deux requièrent le sens de l’esthétisme et de la finition. Et il y un vocabulaire commun (diamants, ponçage…). »


D’autres fonctions associées

Une activité à temps partielle

Seule une poignée de formateurs employés dans les réseaux de franchise consacrent 100 % de leur temps à cette tâche. « Il faut atteindre un minimum de formations à l’année et une taille critique pour rentabiliser le poste », explique Franck Berthouloux, conseil en création et développement de réseaux de l’agence Adventi Franchise. Résultat : en pratique, cette fonction est souvent associée à d’autres.


Les franchiseur-formateurs

Généralement, dans les réseaux naissants, le franchiseur assure lui-même la formation. Yacine Mazzouj, fondateur du réseau Pasta Pizza qui compte actuellement 4 unités, fait partie de ceux là : « je forme les nouveaux arrivants dans mon unité pilote pendant 1 à 2 mois selon leur profil ». Si Yacine s’occupe de tous les volets de la formation, d’autres franchiseurs font appel à des collaborateurs pour certains modules.


Les formateurs-animateurs

Dans de nombreux réseaux, la fonction de formateur est associée à celle d’animateur. Ainsi, Samuel Buteau fait-il office à la fois d’animateur et de formateur au sein du réseau des boutiques Cavavin. « La formation représente environ un tiers de mes activités », précise-t-il. Autre exemple chez Basic System, où Dominique Vichy a une triple casquette : « je suis formateur un tiers du temps, mais aussi animateur et en charge de la logistique (achats, relations avec les fournisseurs, recherche de nouveaux produits…) ».

Les formateurs-formateurs

Seuls quelques gros réseaux disposent de formateurs à plein temps à l’instar de Schmidt, Cuisinella, Illico Travaux ou encore Mister Minit. « Nous avons 4 formateurs salariés qui sont mobilisés à plein temps sur la formation des franchisés et du personnel employé dans les points de vente », explique Fabrice Lalzace, responsable des centres de formation de Schmidt et Cuisinella. Produit, logiciel de conception, architecture & décoration, logiciel d’organisation des magasins : à chacun sa partie. « Pour les modules vente, recrutement, management et gestion financière, nous faisons appel à une vingtaine d’intervenants extérieurs », complète-t-il.


Emmanuelle Brémond, Adventi Franchise
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Emmanuelle Brémond, responsable formation de Adventi Franchise.

Les formateurs extérieurs

En matière de formation, la « sous-traitance » est une pratique courante à la fois dans les jeunes réseaux et dans les chaînes matures. Parfois, le recours à des experts (avocats, experts-comptables, assureurs…) concerne simplement quelques modules. Parfois, c’est la totalité de la formation qui est réalisée par un cabinet extérieur. « Traduction du manuel opérationnel en ingénierie de formation, animation de formations, formation de formateurs, montage administratif et financier d’une école de formation pour un réseau… sont autant de prestations que l’on propose », détaille Emmanuelle Brémond, responsable formation de Adventi Franchise.


Rémunération

La fourchette de rémunération varie en fonction de la taille du réseau, des fonctions exercées par le formateur et de son expérience. Un débutant touchera en moyenne 26 500 € brut par an, soit 2 200 € brut mensuel environ. Pour un formateur confirmé, le salaire se situe aux alentours de 48 000 € brut par an, soit 4 000 € brut mensuel. Certains réseaux versent un 13ème mois et/ou une prime de gratification liée à l’implication du formateur.
Un formateur free-lance peut gagner bien plus : 55 000 à 65 000 € brut par an, voire davantage !


Perspectives d’évolution

Après plusieurs années, dans les réseaux de taille conséquente dotés d’une école interne, un formateur peut devenir responsable du centre de formation et être amené à superviser un ou plusieurs formateurs. Mais les exemples ne sont pas légion. Certains accèdent parfois à des postes de direction au sein de la tête de réseau.
 

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