Inconvénients

Les contraintes de la franchise par rapport au salariat

2010-06-09T10:50:00+02:00

09.06.2010, 


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Tout n’est pas rose dans la franchise. Adieu salaire fixe, voiture de fonction et week-end reposant au bord de la mer. La franchise est exigeante et le succès n’est pas toujours au bout de la route.

Contrainte franchise
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Créer, même en franchise, n’est pas une assurance tout risque.

Le risque de l’entrepreneuriat

Créer, même en franchise, n’est pas une assurance tout risque. Et les échecs existent. Après cinq ans d’existence, une franchise sur cinq met la clé sous la porte (contre une sur deux en création pure). En cause : le choix d’un mauvais emplacement, une gestion hésitante du franchisé, le retournement de la conjoncture, un réseau défaillant, un concept n’ayant pas su évolué, l’usure face à la somme de travail…
Car devenir patron nécessite du travail, beaucoup de travail. Les anciens salariés ne sont pas forcément prêts à se retrouver seul du jour au lendemain, à gérer des petites mains et pour certains à travailler le soir et le week-end. « Je me souviens d’un ancien directeur administratif et financier qui s’est lancé en franchise. Il avait des réflexes de grandes entreprises. Il peaufinait tout. Il avait beaucoup de difficultés à se projeter seul dans un projet », raconte Marie-Hélène Boyer-Dubergat, coach chez Leroy Dirigeants.


Un changement radical de statut

Quitter le costume cravate pour endosser un tablier de boulanger ou un bleu de garagiste n’est pas non plus si aisé. « Le changement de statut peut être déstabilisant. Le franchisé ne sera plus vu comme auparavant : il ne sera plus salarié, avec un poste fixe, une bonne rémunération et la reconnaissance sociale qui l’accompagne. Le regard de sa famille et de son entourage va changer. Il pourra être jalousé, ou pire dénigré. Il faut se préparer à ce virage et renoncer à un certain standing », poursuit Philippe Guittet du cabinet PG Conseil.
En effet, fini la voiture de fonction, les primes ou les bonus, et les avantages sociaux comme le comité d’entreprise, les tickets restaurants ou les mutuelles. Quant à la rémunération, autant dire qu’elle en prend un coup. Avec une rémunération moyenne de 2 400 euros par mois, on est loin des packages de certains cadres qui peuvent atteindre jusqu’à 70 000 euros par an.


M-H Boyer-Dubergat, Leroy Dirigeants
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Marie-Hélène Boyer-Dubergat, coach chez Leroy Dirigeants.

Une liberté d’action limitée

Le franchisé a beau être indépendant, il n’en est pas moins soumis au respect de certaines règles. En effet, il n’est pas décisionnaire sur la stratégie de l’enseigne et doit appliquer les consignes que lui impose le franchiseur en termes de communication, de marketing ou de logistique. Il ne peut pas changer l’aménagement ni la signalétique de son magasin comme il l’entend, il ne peut pas non plus choisir de nouveaux fournisseurs et aller à l’encontre de la politique d’achat du groupe. Il doit respecter la ligne de conduite du réseau et rendre des comptes au franchiseur. « Il est important d’assimiler ces contraintes dès le départ sinon, cela génère des frustrations. Le futur candidat doit bien analyser ses motivations et prendre en compte tous les aspects de la franchise», souligne Marie-Hélène Boyer-Dubergat.


La compétition entre franchisés

Pour un franchisé, le développement passe essentiellement par la création de nouveaux points de vente. Or, les bonnes zones géographiques encore disponibles peuvent entraîner des compétitions au sein du réseau.
 

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