Interview

G. Pastor (Montpellier Agglomération) : « Nous attirons les créateurs d’entreprise en quête d’une certaine qualité de vie »

2010-04-26T10:40:00+02:00

26.04.2010, 


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Vice-président de Montpellier Agglomération délégué au développement économique, Gilbert Pastor revient sur l’essor d’un territoire attractif, qui a vendu l’an dernier, malgré la crise, 21 hectares d’immobilier de bureau supplémentaires par rapport aux années précédentes.

Gilbert Pastor
Crédits photo : DR
Gilbert Pastor est Vice-président de Montpellier Agglomération délégué au développement économique.

Quels sont les atouts de Montpellier agglomération pour la création d’entreprises ?

Nous disposons et gérons 18 parcs d’activités, ainsi que deux pépinières d’entreprises : Cap Alpha et Cap Oméga. Nous proposons des solutions foncières avec des facilités pour acquérir ou disposer de bureaux, ateliers, en propriété ou en location. Cette démarche renforce l’attractivité de notre agglomération, qui bénéficie déjà d’un contexte favorable avec des avantages économiques et environnementaux. Nous avons la chance de pouvoir compter sur une forte dynamique culturelle et sportive qui attire les créateurs d’entreprise en quête d’une certaine qualité de vie. On ne vient pas à Montpellier uniquement pour bronzer !


Quel est le schéma économique de l’agglomération ?

Nous ne disposons pas de grosses industries. Pour générer de l’activité nous devons miser sur nos spécificités. Nous comptons sur l’artisanat et les commerçants qui participent au bon état de forme de la ville. Par ailleurs, afin de profiter de la richesse intellectuelle offerte par nos étudiants, nous essayons de développer un maximum d’emplois orientés dans les matières grises. C’est tout l’intérêt d’un outil comme le BIC (Business and Innovation Centre), primé en 2007 comme meilleure pépinière au monde. Dans cette optique, beaucoup d’emplois sont crées dans les Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que dans la santé.


Quelles sont les fonctionnalités du BIC ?

L’Agglomération souhaite accompagner les entreprises et met tout en place pour les retenir. Nous disposons d’outils et d’arguments afin d’éviter la fuite à l’étranger. Nous souhaitons également attirer et accueillir les firmes internationales. D’où la mise en place d’un pack d’accompagnement. Le BIC sert d’incubateur, avec l’œil d’experts qui s’impliquent à toutes les étapes. Il compte 450 entreprises et regroupe 4 000 emplois. Il est né en 1987 en parallèle de la technopole, du souhait de Georges Frêche.


Montpellier mise sur les ZAC
Près d’une dizaine de ZAC sont en cours de réalisation ou en projet. Au nord-ouest, au bord du parc Euromédecine, le quartier de Malbosc deviendra une zone résidentielle de 38 hectares, accueillant 3 000 logements et un pôle.
Dans cette même logique, Saint Roch retrouvera une seconde jeunesse, à deux pas du centre ville, autour de l’extension et la modernisation de la Gare SNCF actuelle. Les trois lignes du tramway se croiseront sur ce qui va devenir un véritable carrefour de la ville. Sur 15 hectares, près de 2 000 logements devraient sortir de terre et entre 30 000 et 50 000 m² vont être alloués à des bureaux et aux activités commerciales.
 

Quelles sont les grands projets ?

Aujourd’hui, il y a une volonté d’orienter les démarches vers le développement durable. Une aspiration tant sur l’aspect politique qu’économique. Dans cette optique, des pôles de compétitivité se déploient autour de la santé, l’agronomie et les énergies renouvelables.


Comment a-t-on vécu la crise de l’année dernière ?

En 2009, nous avons traversé une situation paradoxale. Alors que toutes les villes ont connu de grandes difficultés, Montpellier a vendu 21 hectares d’immobilier de bureau supplémentaires par rapport aux années précédentes. C’est un signe fort de l’attractivité du territoire renforcé par l’accompagnement que nous proposons.


L’autre particularité de Montpellier est d’avoir un taux de chômage plus élevé que la moyenne nationale. Comment expliquer ce phénomène ?

Montpellier a vu le nombre de créations d’entreprises augmenter en 2009, mais il est vrai que l’agglomération présente un taux de chômage très élevé. Ce facteur tient en partie aux mouvements liés par la création d’entreprise. Dans un couple, l’un vient pour un emploi créé, mais son conjoint doit prospecter afin de trouver un poste. L’effet est mathématique : pendant une certaine période, nous concevons des emplois tout en créant du chômage.


Quels sont les secteurs les plus porteurs ?

Comme un peu partout, les services prospèrent, en particulier, ceux à la personne. Un phénomène lié aussi bien lié à la création d’entreprises qu’à notre volonté. En revanche, la ville a du mal à gérer les emplois peu qualifiés. C’est pourquoi Montpellier Agglomération investit dans des emplois non délocalisables.
 

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