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Les réseaux de franchise ouverts aux commerçants installés

2010-06-04T11:42:00+02:00

04.06.2010, 


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Pour certaines enseignes ou secteurs d’activité, la connaissance métier est fondamentale. D’où une prédilection pour recruter les indépendants déjà installés, tandis que d’autres privilégient les néophytes.

Franchiseurs ouverts aux candidats
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« En matière de recrutement, la plupart des enseignes sont relativement indifférentes à l’expérience professionnelle des candidats »
 

Pas de règle absolue

« En matière de recrutement, la plupart des enseignes sont relativement indifférentes à l’expérience professionnelle des candidats », relève Henri Masson, conseil en franchise (cabinet Avéris). Globalement, les réseaux de franchise sont friands des indépendants qui possèdent un point de vente. « Ils n’ont pas besoin de chercher un local et il n’y a pas de pas-de-porte à payer », explique Gilbert Mellinger, consultant en développement et structuration de réseaux au sein du cabinet Epac International. « Mais il n’y a pas de règle absolue concernant les profils recherchés », tient à préciser Henri Masson. En d’autres termes, chaque réseau voit midi à sa porte.


La prime aux diplômes

Premier constat : les réseaux qui prospectent activement les indépendants déjà installés se situent souvent dans les secteurs d’activité où un diplôme est nécessaire pour exercer (coiffure, optique-lunetterie, immobilier ou encore pharmacie). « Pour parfaire notre maillage du territoire national, notre stratégie principale est d’intégrer des agences existantes spécialisées dans les transactions, l’administration de biens et le syndic », explique Arnauld Villard, directeur animation du réseau Orpi. Idem chez Dessange International qui pioche dans le vivier des coiffeurs indépendants pour recruter de nouveaux franchisés sous enseigne Camille Albane et Frédéric Moreno.


Guilhem Porcheron, Jardiland
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Guilhem Porcheron, directeur général du groupe Jardiland

Une connaissance métier parfois exigée

Pour certaines enseignes, la connaissance métier est fondamentale. Du coup, les indépendants constituent une cible de choix. «Outre l’emplacement, le savoir-faire métier dans les domaines végétal et animal est essentiel pour réussir. D’où notre volonté de capter des jardineries indépendantes pour les transformer en structures franchisées », explique Guilhem Porcheron, directeur général du groupe Jardiland qui a pour ambition d’intégrer 100 nouveaux magasins d’ici 2015, dont un tiers de nouveaux franchisés.


Des néophytes plus faciles à former

« Certains franchiseurs préfèrent recruter des néophytes plutôt que des professionnels du métier à leur compte », observe Monique Ben Soussen, avocate au service des franchisés. Principale raison : les personnes en reconversion sont malléables et plus faciles à former. Caroline Pietri, en charge du développement du réseau Access RH, une franchise spécialisée dans les bilans de compétences et autres prestations en ressources humaines, développe son point de vue :« Nous n’excluons pas d’office les candidatures des professionnels de notre secteur, les ressources humaines. Toutefois, il est à craindre que ces profils aient une approche un peu trop psy du métier, des habitudes de travail et une façon de réfléchir trop formatée. C’est pourquoi nous recherchons plutôt des personnes avec un regard neuf, ayant une bonne connaissance de l’entreprise assortie d’une capacité d’analyse, d’écoute, de synthèse et du sens commercial ».


Le choix de la franchise par nécessité

C’est un fait : il y a aujourd’hui des secteurs dans lesquels il est difficile de survivre en indépendant. « Dans les activités de services à la personne particulièrement auprès des personnes âgées, les prescripteurs (mairies…) répertorient les réseaux de franchise. Mieux vaut donc en être membre », estime Monique Ben Soussen.
Autre exemple : la location de voitures. « J’ai des clients franchisés qui ont quitté le réseau dont ils étaient membres. Ils ont tenu 4 mois… avant de le réintégrer. Dès le premier mois, les réservations s’étaient écroulées », raconte Monique Ben Soussen.


Cédric Lacout, Bars&Co
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Cédric Lacout, Directeur de Bars&Co, groupe qui fédère les enseignes Au Bureau, Café Leffe, Irish Corner et Belgian Beer Café.

Des ralliements dus à la crise

« Avec la crise, les restaurateurs indépendants ont pris une claque monumentale alors que nous avons continué à faire de la croissance », constate Cédric Lacout, directeur de Bars & Co (bars brasseries Au bureau, Café Leffe, Belgian Beer Café, Irish Corner). Résultat : cette société reçoit aujourd’hui en moyenne deux demandes par semaine d’exploitants souhaitant passer sous enseigne. « Au départ, les restaurateurs ne faisaient pas partie de nos cibles car ils ont un tempérament très indépendant qui les rend a priori non franchisables », avoue Cédric Lacout. Mais la situation a quelque peu évolué. Difficile en effet de résister à un commerçant jouissant d’un emplacement numéro 1...

Projet moins coûteux dans certains secteurs
Autres réseaux qui font la part belle aux indépendants en activité : ceux positionnés sur des activités gourmandes en capitaux comme l’hôtellerie, la restauration (à thème, rapide, de type fast-food ou grill) ou encore l’ameublement-décoration. Il suffit en effet de relooker le local aux couleurs de l’enseigne.

 

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