Interview commerçant affilié

J-D. Remy (Bonobo, etc.) : « Si j’étais resté indépendant, je n’aurais peut-être plus qu’un seul magasin aujourd’hui »

2010-06-04T11:54:00+02:00

04.06.2010, 


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Lorsque l’on est membre d’un réseau, les soucis sont les mêmes qu’un commerçant indépendant… mais la tête de réseau en assume une grande partie. Interview de Jean-Dominique Remy, commerçant affilié dans le prêt-à-porter, à la tête de 11 magasins sous 6 enseignes différentes.

Pourquoi être passé sous enseigne ?

A une époque, je possédais quatre boutiques de prêt-à-porter indépendantes. Mais j’avais des difficultés à gérer les quatre en même temps. D’où le choix de rejoindre un réseau. Je possède aujourd’hui 12 magasins répartis dans 5 départements de l’Est de la France, dont 11 sous enseignes (Julie Guerlande, Cache-Cache, Patrice Bréal, Scottage, Bonobo et Celio). En revanche, celui que j’ai hérité de mon arrière-grand-père baptisé Remy Vêtements est resté indépendant.


Le fait d’être en commission-affiliation est-il un choix ?

Oui. J’ai choisi la commission-affiliation plutôt que la franchise pure en raison du système de gestion du stock. Ce dernier appartient, en effet, à la tête de réseau (NDLR : appelé commettant) et son coût est supporté par lui. Certes, je ne choisis pas les produits et je ne fixe pas les prix mais les invendus sont intégralement repris, ce qui constitue un réel atout. Et puis, je dispose encore d’un point de vente indépendant dans lequel je peux librement m’exprimer !


Regrettez-vous votre indépendance ?

Si j’étais resté indépendant, je n’aurais peut-être plus qu’un seul magasin aujourd’hui. Faire partie d’un réseau permet de profiter d’une dynamique sans commune mesure. La commercialisation des produits se fait grâce à l’image de l’enseigne et à la communication nationale déployée autour de la marque. La gestion du stock et le réassort sont pris en charge par le commettant. Quant à moi, je m’occupe de la gestion du personnel. Je dirais pour résumer que lorsque l’on est membre d’une chaîne, on a les mêmes soucis qu’un commerçant indépendant… mais la tête de réseau en assume 60 à 70 %.
 

Beaumanoir, l’un des premiers franchiseurs de France
Cache-Cache, Patrice Bréal, Scottage, Bonobo : ces quatre enseignes appartiennent au groupe Beaumanoir qui possède également la marque Morgan. Depuis 1985, 1 100 magasins ont été ouverts en France dont la moitié par environ 180 commerçants affiliés.
Les marques Celio et Julie Guerlande, qui appartiennent à deux sociétés distinctes, fonctionnent également en commission-affiliation, un système très répandu dans le prêt-à-porter.
 

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