Contraintes

Anciens commerçants isolés : apprendre à respecter le concept de la franchise

2010-06-04T11:52:00+02:00

04.06.2010, 


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Méthodes imposées, autonomie amoindrie, liberté entravée à la sortie… La franchise implique des contraintes parfois difficiles à supporter pour un indépendant.

Standardisation des concepts
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Selon les enseignes, les concepts sont plus ou moins standardisés.

Le revers de la médaille

Faire partie d’un réseau apporte des bénéfices incontestables. Mais cela implique aussi des devoirs. « Il est très difficile pour un indépendant de rejoindre un réseau car les règles sont fixées par un autre », pointe Gilbert Mellinger, consultant en développement et structuration de réseaux au sein du cabinet Epac International. Toute médaille a son revers : ici, il s’agit de se fondre dans un moule. « Le plus compliqué pour un indépendant, c’est cette sensation d’être dépossédé d’une partie de ses fonctions. Après 10, 15 ou 20 ans d’activité, il n’est pas facile de se plier aux méthodes de travail d’une chaîne », reconnaît Christophe Mauxion, directeur général du groupe La Boucherie.


Le strict respect du concept

Selon les enseignes, les concepts sont plus ou moins standardisés. « Jardiland, c’est d’abord un concept marchand. On vend au client une ambiance où faire ses courses (décoration, marque, logo…). Les indépendants qui nous rejoignent vont donc voir leurs magasins subir une transformation profonde. Le sens de circulation va être modifié, l’offre produit élaguée… », illustre Guilhem Porcheron, directeur général du groupe. Des experts se rendent dans les magasins pour vérifier que les standards métiers sont correctement appliqués. Mais aussi pour donner des conseils et accompagner la mutation du point de vente.
« Les contrôle hygiène et sécurité (3 fois par an), les clients mystères (une fois par trimestre), et les audits internes avec le responsable de région permettent de vérifier le bon fonctionnement des restaurants », détaille Christophe Mauxion.


Cédric Lacout, Bars&Co
Crédits photo : Droits Réservés
Cédric Lacout, directeur du groupe Bars&Co.

Une autonomie amoindrie

« Pour établir sa carte, le restaurateur franchisé est obligé de suivre un tronc commun national qui représente 50 % de l’offre », explique Cédric Lacout. Pour l’autre moitié, il bénéficie d’une liberté encadrée. « Il doit respecter les familles de produits. Par exemple, s’il est franchisé Au Bureau, il ne pourra pas créer une famille de produit sushi car cela ne correspond pas au positionnement de l’enseigne », explique Cédric Lacout, directeur de Bars & Co (bars brasseries Au bureau, Café Leffe, Belgian Beer Café, Irish Corner). Mais pour Henri Masson, conseil en franchise (cabinet Avéris), « la perte d’autonomie est très faible au regard de ce que le réseau va apporter au franchisé dans tous les domaines : marketing, commercial, communication, organisation informatique, contentieux, conseil… »


Des entraves à la sortie

Mieux vaut le savoir : la plupart des contrats de franchise comporte des clauses susceptibles d’entraver la liberté de l’entrepreneur lorsqu’il quitte le réseau. « On vous interdit, par exemple, d’exploiter votre fonds de commerce après la fin du contrat, pendant un an », explique Monique Ben Soussen, avocate au service des franchisés. « Nos contrats comportent une clause de non affiliation qui interdit de rejoindre un réseau concurrent pendant 1 an. En revanche, le restaurateur peut continuer à exploiter son établissement hors enseigne », explique Cédric Lacout. Sauf qu’il lui faudra tout refaire du sol au plafond pour gommer les signes de ralliement (enseigne, agencement, couleurs…). « Cela peut coûter très cher », pointe Monique Ben Soussen. Bien sûr, l’ex-franchisé ne pourra pas non plus monter son propre réseau dans la même activité pendant un an.
 

Des règles plus ou moins draconiennes
Troquer son statut d’indépendant pour celui de franchisé n’est pas chose aisée. Mais selon les enseignes, les règles sont plus ou moins draconiennes en matière de standards et de suivi à respecter. Les exigences du franchiseur sont parfois poussées à l’extrême. D’où l’importance de bien choisir son réseau.

 

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