Spécificités

Exporter sa franchise au Japon : les clés culturelles de l’intégration

2009-07-31T09:30:00+02:00

31.07.2009, 


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Souvent perçu comme fermé, le marché japonais s’ouvre aux étrangers à partir du moment où les codes propres à la société nippone sont respectés.

Maîtriser les codes locaux pour s'implanter au Jap
Crédits photo : Getty Images
Maîtriser les codes locaux pour s'implanter au Japon

Différence philosophique : prise de décision commune

A défaut de connaître la langue, il est conseillé de bien connaitre la philosophie japonaise avant d’entreprendre dans le pays. Par exemple, le système de décision appliqué dans les entreprises japonaises diffère du modèle décisionnaire français. En effet, la parole de chaque membre d’une entreprise est prise en considération. Le manager doit prendre en compte l’avis de ses subordonnés avec grand intérêt et les directives n’émanent pas nécessairement d’en haut. C’est pourquoi le processus de prise de décision au Japon est souvent long. L’écoute active est très importante et témoigne du sérieux d’un entrepreneur. Le créateur d’entreprise Français doit donc se montrer persévérant et patient.
D’autre part, la notion de consensus est très importante et largement appliquée, non seulement dans les entreprises de l’archipel mais également au niveau de l’Etat. Par exemple, le Japon n’a connu que très peu de grèves grâce à la grande écoute des partenaires sociaux de la part des entreprises.


Formalités administratives
Il n'existe pas, à proprement parler, de visa de travail pour le Japon. La réglementation japonaise définit en effet 27 titres de séjour différents, dits « statuts de résidence », correspondant soit à un ensemble d'activités spécifiquement autorisés (cadre ou dirigeant d'entreprise, journaliste,...), soit à un statut personnel particulier donnant droit à séjourner au Japon (ex : conjoint ou enfant de ressortissant japonais). Chaque statut de résidence est délivré pour une durée déterminée (le plus souvent 6 mois, 1 an ou 3 ans) qui définit l'échéance du séjour de l'intéressé, et donc la période de validité du visa.
 

Différence culturelle : le client est Dieu

Un des premiers critères à prendre en compte est la qualité et la précision dans le travail. La mentalité japonaise accepte une plus faible marge d’erreur qu’en France, tant au niveau des produits qu’au niveau des services : les trains sont ponctuels, les délais de livraison sont respectés, la réactivité face aux incidents est impressionnante, la disponibilité du Service Après-Vente est de grande qualité, etc. Respecter ses engagements et les délais impartis est un gage de crédibilité dans le monde du travail japonais. « L’entrepreneur doit être très attentif à cet aspect car le marché japonais est soumis à une concurrence très rude » souligne Masateru Nakagawa, président de la Maison de la Culture du Japon. « Si bien qu’une société qui ferait fi de la notion de service serait rapidement contrainte de déposer le bilan. » ajoute-t-il. Les Japonais ont pour habitude de dire que le client n’est pas roi, le client est Dieu. Face à cette exigence, les entreprises sont très à l’écoute de leurs clients.
On notera que les consommateurs japonais adoptent rapidement les nouveaux produits et se tiennent à la pointe des dernières technologies. Une grande partie des produits d’usage courant dans le monde viennent du Japon1.


Attitudes professionnelles : humilité et modestie

La politesse est une qualité fondamentale au Japon. Les familiarités professionnelles ne sont pas d’usage. Il faut savoir rester humble et modeste : une personne qui jouit d’un bon sens relationnel mais qui se montre trop exubérante sur le lieu de travail, perdra en crédibilité.
De plus, la forme tient une place importante dans la culture japonaise, c’est pourquoi il faut soigner la présentation des produits, de l’image et de l’offre de sa société2.


1Source : investir au Japon : 10 avantages, Jetro.
2Source : Travailler avec le Japon, CCIFJ, Avril 2009
 


Cadre de vie : attention au sentiment d’impersonnalité !
Pour éviter les mauvaises surprises, il est important que les entrepreneurs sachent que le rythme de vie est très différent au Japon. En effet le climat très instable (volcans, typhons, tempêtes tropicales, tremblements de terre, pluies diluviennes, chaleurs estivales, etc.) peut s’avérer stressant si l’on ne s’y prépare pas. De plus, le Japon est un petit territoire avec peu d’espaces habitables pour une forte population (densité de 337 habitant/km²), ce qui peut donner la sensation d’étouffement et un sentiment d’impersonnalité.

Différence socio-économique : temps de travail important et précarité

Les Japonais consacrent plus de temps à leur entreprise que les Français. Ils bénéficient de moins de vacances (3 semaines plus les jours fériés). Au Japon, la loi ne fixe aucun plafond d'heures supplémentaires. Cependant, des directives du ministère du travail limitent le nombre d'heures supplémentaires hebdomadaire, mensuel et annuel respectivement à 15, 45 et 360. Bien que ces directives n'aient pas force de loi, la majorité des entreprises s'y conforme3.
Aujourd’hui, le Japon est confronté à un taux de chômage important de l’ordre de 4-5 %.
La précarisation de l’emploi est en hausse avec un accroissement de la part des travailleurs non réguliers (34 % en 2007, soit 1/3 de la population active), aux salaires bas et à la protection sociale faible. Les femmes comptent pour 2/3 de ces travailleurs non réguliers (41 % sont employées à temps partiel). Ce genre nouveau d’employé travaille dans des« arubaito »(de l’allemand « arbeit »), travail, jobs temporaires rémunérés à l’heure, qui n’assurent ni couverture sociale ni visa de travail (il s’agit en principe d’un CDD). Ce type de contrat est très largement utilisé par les entreprises nipponnes, avec plus de 3,4 millions d’employés en arubaito. Ils constituent une main-d’œuvre flexible tant en termes de missions que de temps4.


La sensibilité avant tout

Pour toutes ces raisons, l’entreprenariat français au Japon est possible du moment où l’on a une sensibilité sur la culture japonaise. Il faut avant tout savoir trouver les gens capables de faire le bon embrayage entre la culture française et la culture japonaise.


3Source : Site du Sénat (lien actif)
4Source : document « Travailler au Japon » CCIFJ, juin 2009

 

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