Deuxième étape

Devenir franchiseur : les outils à développer

2009-08-17T15:21:00+02:00

17.08.2009, 


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Avant de lancer le recrutement, le futur franchiseur doit élaborer un manuel opérationnel et rédiger les documents juridiques exigés par la loi Doubin

Outils pour réseau de franchise
Crédits photo : Getty Images
Les outils à développer par le franchiseur.

Dossier béton

Pour convaincre des partenaires financiers et de futurs franchisés de se joindre à l’aventure, c’est un véritable business plan qu’il faut monter : concept, cible, étude de marché, objectifs de développement et plan de financement. « Les franchiseurs n’ont souvent pas conscience que le pay-back de leur investissement n’interviendra pas avant 3 ou 4 ans. Le ticket d’entrée est de l’ordre de 300 000 euros, souvent en fonds propres. Pour lever des capitaux, il faut prouver que le projet est solide », recommande Pascal Lambert, fondateur de DMS franchise expert.


Bible

Deuxième point incontournable : la rédaction du manuel opérationnel. « La simple apposition d’une enseigne ne fonctionne pas si la réussite est basée sur le bagou du créateur. On peut réussir soi-même mais être incapable de transmettre », note l’avocate Valérie Meyer. La bible à laquelle se référeront tous les jours les franchisés doit être exhaustive. « Nous avons mis près d’un an à le boucler », raconte Stéphan Gora, responsable développement de La Croquetterie, magasins de nutrilogie animale. Une description précise du concept et de son application permet d’éviter que les franchisés apportent une touche personnelle contraire à l’esprit de la marque.


DIP

Stéphan Gora a choisi de s’adjoindre le concours d’un avocat pour la rédaction des documents juridiques. « Les histoires des dirigeants et des concepts sont différentes. Mais toutes les règles de réussite sont communes. Mieux vaut se faire accompagner », approuve Christine Molin, responsable du pôle franchise LCL. La loi Doubin impose aux entreprises qui développent un réseau de fournir un document d ’information pré-contractuelle aux candidats. Ces derniers disposent alors de 20 jours de réflexion avant la signature du contrat définitif. Le DIP contient l’historique de la société, le CV des dirigeants, l’état du réseau, une liste de franchisés en activité et de ceux ayant quitté le réseau depuis 12 mois ainsi qu’une présentation de l’état du marché local et national. « Ces présentations de l'état national et local du marché peuvent être faites par des consultants qui développent une grille d'analyse pour le marché local où sont notamment présentés, dans la zone de chalandise du futur franchisé, les concurrents locaux directs et indirects qui ont été identifiés et les types de population (par catégorie socio-professionnelle, par âge, taux d'activité) avec une utilisation abondante de la cartographie. Un DIP bien ficelé représente un investissement de départ d'environ 5.000 à 7.000 euros», évalue Grégoire Toulouse, avocat chez Taylor Wessing.


Stéphan Gora
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Stéphan Gora

Contrat

Respectueux des codes de déontologie, le document juridique doit aussi être conforme au droit national et européen pour éviter une annulation en cas de contentieux entre franchiseur et franchisé. En cas de désaveu par la justice, l’enseigne doit rembourser intégralement les sommes engagées dans l’affaire.
Le contrat comporte les droits et obligations des deux parties, le concept mis à disposition du franchisé, les conditions financières, la durée du contrat et ses conditions de renouvellement cession, transfert ou de résiliation. « Il faut adapter le contrat à la nature de l’activité. On ne peut pas utiliser le même document juridique pour une pizzeria et pour un salon de beauté. De même, une exclusivité territoriale peut être justifiée pour la vente de marchandise avec un fond de commerce mais pas pour une activité de service », souligne Valérie Meyer. Par ailleurs, les conditions financières doivent être profitables pour les deux parties. « Le droit d ’entrée et la redevance sont propres à chaque enseigne. Il faut bien les paramétrer pour ne pas pénaliser le développement du franchiseur ni mettre en péril celui du franchisé », rappelle le consultant Pascal Lambert. Bref, le contrat doit être équilibré et respecter l’indépendance du partenaire. En cas d’abus de contraintes et de normes, le franchisé peut demander la requalification du contrat en contrat de travail.
 

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